Thessaloniciens 3:17; Colossiens 4:18; d'autres fois cette précaution n'était pas nécessaire, la lettre étant
écrite par des personnes distinguées, Romains 16:1,22; la 2e aux Corinthiens, 1:1, peut avoir été écrite par
Timothée; celle aux Éphésiens, 6:21, fut envoyée par Tychique. D'autres épîtres, enfin, étaient écrites tout
entières de sa propre main, Galates 6:11; Philémon 19; il paraît qu'il en fut de même des épîtres
pastorales, d'autant plus que l'apôtre était alors retenu dans une sévère captivité.
— Il nous manque une ou deux lettres de Paul, 1 Corinthiens 5:9; Colossiens 4:16. Une correspondance de
Paul avec les Corinthiens qui n'existe qu'en araméen, a été publiée en partie dans l'Histoire critique de la
république des lettres, Amsterdam, 1714, tome X; puis en entier par W. Whiston, en appendice à son
Historia Armeniæ Mosis chronensis, Lond. 1736. 4e; enfin en 1819, le moine arménien Pascal Aucher du
couvent de Saint-Lazare, près de Venise, en a publié le texte dans sa grammaire arménienne, Venise,
1819, p. 179. Rink, en donnant une traduction allemande, a voulu défendre l'authenticité de cette
correspondance (Heidelberg, 1823), mais il n'a pas été difficile à Ullmann de montrer par le silence
complet de l'antiquité chrétienne et par des caractères intérieurs, que ces deux lettres sont supposées
(Heidelberg, Jahrb., 1823); Carpzov l'avait déjà fait avant lui (Leipsig, 1776). Il en est de même de la
correspondance latine de Paul avec Sénèque, et qui n'est citée par aucun Père plus ancien que Jérôme. La
lettre aux Laodicéens est encore plus moderne.
Quant aux treize épîtres canoniques qui portent le nom de Paul, elles ont formé une collection, et elles ont
été attribuées sans aucune contestation à Paul par l'Église universelle. L'Épître aux Hébreux est douteuse,
et nous en avons parlé en son lieu. Les treize épîtres doivent avoir été recueillies assez tôt, et
promptement, car nous voyons par les divers témoignages, qu'elles furent connues et reconnues partout
dès l'époque des Pères apostoliques. Cette collection fut jointe à celle des épîtres catholiques, mais cette
dernière ne fut pendant longtemps pas aussi complète que la première. Les ébionites, les encratites, les
manichéens n'en révoquaient pas en doute l'authenticité; Marcion, critique arbitraire et dogmatique, en
retrancha les épîtres pastorales, et garda les dix autres après les avoir mutilées. Les notices historiques qui
se trouvent à la fin de chaque épître, ne font pas partie de l'épître et ne s'appuient pas toujours sur des
autorités fort respectables; les anciens manuscrits ne les contiennent pas, les autres diffèrent pour le texte;
souvent l'épître elle-même accuse l'inexactitude de ces adjonctions, et les contredit.
Le caractère littéraire des écrits de Paul dépend en grande partie de son caractère personnel. Pectus est
quod facit oratorem; or Paul était un homme entier, et il se montre tel dans toutes ses épîtres. On peut
sans doute en dire autant de tous les apôtres, mais ce trait est plus saillant chez lui; il apporte à tout la
même ardeur de l'âme et réalise en lui-même cette parole célèbre: le style, c'est l'homme. De tous les sujets
qu'il traite, aucun ne lui paraît trop petit, aucun ne le laisse froid; il les mène tous d'une manière très
variée. Jacques l'égale quant à l'unité ou à la continuité de l'ardeur des sentiments, ou de la véhémence
oratoire; Pierre a du rapport avec lui pour la variété du langage, mais aucun des auteurs sacrés ne semble
réunir au même degré les deux qualités indiquées. Paul est plus orateur que Pierre, moins sentencieux,
moins poétique, moins lyrique que Jacques, dont le style est plus égal et plus soutenu; il n'a pas le calme
sublime et même sévère de Jean, mais par cela même il remue l'âme plus puissamment; il fait vibrer
toutes les cordes du cœur. Il paraît vouloir produire par ses épîtres les mêmes résultats qu'il produisait de
vive voix par ses exhortations, appropriées chaque fois au besoin du moment, Galates 4:20. Paul était
profond et doué d'un esprit aussi zélé que pénétrant, aussi systématique que délié et agile; il aperçoit les
rapports qui unissent deux objets en apparence très éloignés, et il les rapproche promptement; en cela il a
quelque chose de commun avec les meilleurs rabbins; mais tandis que ceux-ci sont brefs et ne donnent
que des indications souvent énigmatiques, Paul donne des expositions, des argumentations souvent
prolongées; et tandis que les rabbins, là où Ils veulent exposer ou prouver, se perdent dans les minuties
des sophistes, dans de vieux et ennuyeux développements, dans des raisonnements peu serrés, Paul ne
perd pas de vue l'idée capitale dont il est dominé, tout en semant son discours de cette foule d'idées
secondaires dont il est toujours rempli lui-même. Ce caractère du style de Paul est une des causes des
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