Page 894 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

5.
Son activité consistait principalement dans la prédication de l'Évangile: il baptisait quelquefois, 1
Corinthiens 1:14, mais, en général, Il abandonnait cette fonction à ses compagnons d'œuvre, dont il avait
toujours un certain nombre avec lui, qu'il employait comme aides et émissaires apostoliques, Actes 19:22;
17:16, etc. Après qu'il se fut séparé de Barnabas et de Jean Marc, Actes 15:37, il fut surtout accompagné
jusqu'à la fin de sa vie, et tour à tour, par Silas, Timothée, Luc le médecin, Tite, Démas, Éraste, et d'autres
encore qui travaillèrent avec lui. Ce fut par Barnabas qu'il fut d'abord mis en contact avec les apôtres
immédiats de Jésus, et avec les anciens de l'église-mère de Jérusalem, 15:25, et il eut souvent, dès lors,
l'occasion de cultiver leur connaissance dans ses voyages-qui le ramenèrent fréquemment au milieu
d'eux, Actes 15:4; 21:18; Galates 2. Ses principes sur les rapports de la loi juive avec le christianisme
n'harmonisaient pas toujours avec ceux des apôtres judéo-chrétiens, et il eut même une contestation assez
vive avec l'apôtre Pierre sur ce sujet, Galates 2:11. Cette divergence de vues qui ne dura pas longtemps
entre les apôtres, mais qui dura longtemps entre leurs disciples, fut toujours, dans l'Église de Jérusalem,
une source de méfiance contre Paul, Actes 21:21, et maintint sans doute de la froideur dans leurs
rapports, ce qui n'empêcha pas l'apôtre, toutes les fois qu'il le crut nécessaire, de faire où il se trouvait des
collectes pour les pauvres de Jérusalem et de la Judée, Romains 15:25; 1 Corinthiens 16, 2 Corinthiens 8,
Galates 2:10. Son champ de travail s'étendait depuis la Syrie indéfiniment vers le nord et le nord-ouest;
car il choisissait de préférence l'évangélisation dans les lieux où d'autres n'avaient pas encore travaillé,
Romains 15:20; 2 Corinthiens 10:15; cependant là même il ne put pas rester à l'abri des intrigues des Juifs
de la Palestine, 1 Corinthiens 1:12; 3:32; Galates 2, et 3. En général, on peut dire que sa vie fut une lutte
continuelle contre des ennemis aussi malveillants qu'infatigables, non seulement contre les Juifs, ses
anciens coreligionnaires, qui le poursuivaient, pour sa conversion au christianisme, avec toute la violence
d'une haine religieuse et nationale, mais encore contre les judéo-chrétiens, dont les uns, dans le sein
même de l'Église, tantôt ouvertement, tantôt d'une manière indirecte et cachée, cherchaient à faire
dominer leurs tendances judéo-chrétiennes; dont les autres essayaient de mêler au christianisme pur des
spéculations gnostiques orientales; et, pendant qu'il devait, contre les premiers, empêcher que la liberté
de la loi morale du christianisme ne fût transformée de nouveau en un code légal de prescriptions
morales, il devait, contre les seconds, maintenir l'importance du christianisme historique, et le sens littéral
chrétien des Écritures.
— Au reste, si Paul était décidé et ferme sur la question des principes à l'égard de la fin du judaïsme, il ne
se montrait pas rigoriste dans ses rapports avec les faibles, 1 Corinthiens 9:20; non seulement il provoqua
la circoncision de Timothée, mais il consentit à faire un vœu pour ne pas scandaliser les Juifs de
Jérusalem, Actes 16:3; 21:24. Ce n'est que lorsque le parti juif se montrait audacieux, insolent et
provocateur, que Paul lui résistait en face pour l'humilier, Galates 2:4; malgré cela, ses adversaires ne
laissaient pas de déprécier son ministère, même par des calomnies, et en l'accusant d'hésitation, de
faiblesse et de versatilité, 2 Corinthiens 1:17; 10:10, et ils allèrent jusqu'à attribuera l'apôtre de fausses
lettres qu'il n'avait point écrites, 2 Thessaloniciens 2:2, et qu'ils répandirent sous son nom.
6.
En dehors du livre des Actes et de ses Épîtres, le nom de Paul ne se retrouve qu'une seule fois. 2
Pierre 3:15, dans un passage dont on a voulu tirer de singulières conséquences dogmatiques; il suffit de
remarquer,
1.
que saint Pierre ne mentionne dans les épîtres de Paul que quelques points difficiles à entendre;
2.
que la difficulté porte non sur la manière dont Paul présente ces points, mais sur la profondeur
même des sujets qu'il traite;
3.
que malgré ces points difficiles les épîtres avaient été écrites à de simples fidèles, et que saint
Pierre ne cherche pas à les détourner de les lire: il n'y a que les ignorants et les mal assurés qui puissent
en faire un mauvais usage, mais ceux-là même s'en trouveraient-ils mieux s'ils venaient à ne faire des
lettres de Paul et des autres Écritures aucune espèce d'usage? C'est là la question: l'Église romaine qui
aspire à faire autrement et mieux que les apôtres, la décide autrement qu'eux; l'Église protestante qui ne
reconnaît d'autre modèle que Christ et les apôtres inspirés, suit leur exemple, et recommande aux fidèles
de lire des épîtres écrites pour les fidèles, et non pour une caste privilégiée seule.
7.
Paul.
892