Page 898 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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— On pouvait encore aggraver la peine en ordonnant que les cadavres fussent brûlés ou pendus: le
premier cas est mentionné Lévitique 20:14; 21:9; Genèse 38:24; Josué 7:15,25; c'est de ce dernier passage
qu'on conclut que ce supplice n'était pas appliqué aux personnes vivantes; d'après la Mishna au contraire
(Sanh. 7, 2) on aurait serré le cou du coupable avec un linge, de manière à lui faire tenir la bouche
ouverte, dans laquelle on aurait versé du plomb fondu! C'est peu probable, et nous n'en voyons de traces
nulle part. Le second cas, celui de cadavres pendus à un arbre ou à un gibet, est mentionné Deutéronome
21:22; Nombres 25:4; cf. Josué 10:26; 2 Samuel 4:12; 1 Samuel 31:8,10; c'était la plus grave injure qu'on pût
taire à la mémoire du supplicié; celui qui était pendu était considéré comme maudit, Deutéronome 21:23;
cf. Galates 3:13. Son corps ne pouvait rester exposé la nuit, de peur que venant à se décomposer, il
n'empestât l'air et ne nuisit aux vivants, Deutéronome ibid, cf. Josué 8:29; 10:26; une exception à cette
règle est mentionnée comme un acte d'une dureté particulière, 2 Samuel 21:6,9.
— Quelquefois aussi, comme outrage fait aux corps, on se bornait à les couvrir d'un grand monceau de
pierre au lieu de les enterrer, Josué 7:26; 8:29; 2 Samuel 18:17, coutume que l'on retrouve encore dans
l'Orient moderne. La peine mentionnée Exode 31:14; Lévitique 17:4; 20:17, «être retranché du milieu de
ses peuples», et qui s'employait ordinairement pour des péchés contre la loi religieuse, est simplement
une désignation générale de la peine de mort, sans spécification d'un supplice particulier, mais il est
évident qu'il s'agit là en effet de la mort et non d'un exil ou d'une excommunication.
— Il faut observer aussi que les exécutions se faisaient très expéditivement, Josué 7:24; 1 Samuel 22:16,
parle peuple dans les premiers temps, puis sous les rois par leurs gardes du corps.
L'Écriture mentionne encore comme empruntés à des nations étrangères, et non reconnus par la loi, les
modes suivants d'exécution:
a.
La mort par la scie, q.v., 2 Samuel 12:31.
b.
La dichotomie ou mise en pièces, 1 Samuel 15:33. Elle était habituelle chez les Babyloniens, Daniel
2:5; 3:29, de même qu'en Égypte, en Perse, et plus ou moins peut-être chez les Romains, cf. Hérodote 2,
139; 3, 13; 7, 39. Horace, Sat. 1; 1, 99 sq. Matthieu 24:51; Luc 12:46; Coran 20:74; 26:49.
c.
On précipitait le condamné du haut d'un rocher, 2 Chroniques 25:12; cf. Psaumes 141:6; Luc 4:29,
etc.: on connaît la roche Tarpéienne des Romains, et les Athéniens avaient quelque chose de semblable,
d.
D'autres ont été étendus dans le tourment, dit saint Paul, Hébreux 11:35. L'original porte
proprement «ont été tympanisés», mais on ne sait pas au juste de quel supplice il s'agit: le tympan; 2
Maccabées 6:19,28, était-il le bois avec lequel on les frappait jusqu'à la mort, ou le billot auquel on les
assujettissait pour les écarteler, ou une espèce de roue sur laquelle on les étendait comme on étend la
peau sur le cadre d'un tambour? c'est ce que l'on ne saurait décider, et les diverses conjectures de la
Vulgate, d'Hésychius et d'autres, ne jettent pas de lumières sur ce sujet.
Nous voyons enfin rappelés dans l'Écriture quelques supplices exercés par les nations païennes, et que les
Israélites n'ont jamais connus.
1.
Des hommes jetés vivants dans une fournaise, Daniel 3; peut-être aussi 2 Samuel 12:31, coutume
qui, d'après Chardin et Rosenmuller, existe encore en Perse de nos jours: quelquefois les condamnés
étaient brûlés à petit feu, Jérémie 29:22; 2 Maccabées 7:5.
2.
La fosse aux lions, Daniel 6.
3.
On étouffait les victimes au moyen de cendres brûlantes, 2 Maccabées 13:5.
4.
On broyait les enfants contre des rochers, et l'on éventrait des femmes enceintes, surtout au sac
d'une ville, 2 Rois 8:12; 15:16; Ésaïe 13:16,18; Osée 10:14; 13:16; Nahum 3:10; cf. Psaumes 137:9; Amos 1:13.
5.
La crucifixion,
— Voir: Croix.
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