44
connaissance de ces dialectes que vient surtout la supériorité des dictionnaires
modernes sur les anciens.
.
§ 22. Histoire de la langue hébraïque.
- Cette histoire peut se diviser en trois
périodes qui ont chacune leurs particularités de style et d'idiome.
La première période est celle de Moïse et du Pentateuque. On voit en effet, dans
la langue d'alors, des mots, des constructions, des tournures de phrases qui ne
se retrouvent nulle part ailleurs. Ainsi, “être recueilli vers ses pères (Nomb.,
XX, 26),” se dit habituellement pour “mourir.” - “Lève-toi, ô Eternel!” était
l'expression dont on se servait quand on levait l'arche pour continuer le voyage
(Nomb., X, 35). Le pronom démonstratif lui et le mot jeune homme s'emploient
pour les deux genres, tandis que dans les ouvrages postérieurs ils revêtent
deux formes différentes, l'une pour le masculin, l'autre pour le féminin, etc.
(voyez l'introduction de Haevernick à l'Ancien-Testament). Beaucoup de mots
sont employés, qui paraissent avoir bientôt vieilli; ou bien ils sont pris dans un
sens qui ne tarde pas à être entièrement modifié. L'étude de ces particularités
de langage sert quelquefois à déterminer et à prouver l'antiquité d'un livre ou
d'un fragment; souvent aussi elle est utile pour fixer le sens d'un passage et le
faire bien comprendre.
La seconde période est l'âge d'or de la littérature hébraïque; elle s'étend de
Moïse à l'époque de la captivité babylonienne. La langue s'enrichit de mots
nouveaux; quelques expressions vieillies disparaissent peu à peu et sont
remplacées par des formes nouvelles, transformation qui s'opère
progressivement jusqu'aux jours de David, où la langue apparaît à l'apogée de
son élégance et de sa pureté. C'est à cette période qu'appartiennent les
psaumes de David, les écrits de Salomon, les livres des Juges, de Ruth et de
Samuel. Les premiers prophètes, Jonas, Amos, Osée, écrivent avec une
simplicité et une vigueur qui ne se retrouvent plus chez leurs successeurs
immédiats, quoique leur langage soit encore pur. Esaïe, Michée, Nahum,
Habacuc et Abdias sont remarquables par la beauté du style; leur hébreu est
pur, bien que chez quelques-uns déjà, notamment chez Michée et dans