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§ 23. Le grec du Nouveau-Testament et des 'Septante.
- Le seizième siècle
fut témoin d'une singulière discussion. Erasme et L. Valla ayant prétendu que
le grec du Nouveau-Testament était rempli d'hébraïsmes, Henri Etienne s'éleva
contre cette assertion avec une grande véhémence; et dans sa préface au
Nouveau-Testament (1576), il entreprit de prouver que le grec des écrivains
inspirés était parfaitement pur. Une longue controverse suivit, et les parties
combattantes furent désignées sous les noms de puristes, et hellénistes ou
hébraïsants. La question, du reste, avait un côté qui pouvait paraître grave.
Elle se rattachait à une question dogmatique; car, selon quelques-uns, si les
écrivains de la Bible étaient inspirés, pouvaient-ils écrire autrement qu'en un
style pur et correct? Des hommes poussés par l'Esprit peuvent-ils faire quelque
chose d'imparfait? D'autre part, et au point de vue de l'authenticité des livres
saints, on disait que si le grec du Nouveau-Testament était mélangé
d'hébraïsmes, c'était une preuve qu'il avait été écrit par des Juifs, et
probablement en Judée. Il s'y rattachait enfin une question d'herméneutique
fort importante, c'est que, si le dialecte du Nouveau-Testament est un dialecte
particulier, l'étude de la langue grecque vulgaire, classique, ne suffit pas pour
assurer une interprétation exacte des Ecritures. On comprenait donc que des
règles et des principes spéciaux devaient présider à la grammaire et à l'exégèse
du Nouveau-Testament grec et de la version des Septante.
Mais de part et d'autre, au milieu de la chaleur de la dispute, on semblait avoir
oublié qu'il s'agissait d'une question de fait, et que des considérations
générales et à priori n'avaient aucune valeur en pareille matière. Or, le fait est
que la langue du Nouveau-Testament est un grec hellénique, Une fois prouvée,
cette vérité renferme d'importantes leçons. Il est évident d'abord que la
perfection, pour une oeuvre inspirée, n'est pas tant la pureté classique du
langage que l'appropriation au but proposé, et par conséquent la plus grande
clarté dans l'expression. - Le grec de l'Ecriture a été écrit évidemment par des
Juifs hellénisants, c'est-à-dire par des Juifs qui parlaient grec, mais dont
toutes les pensées avaient été moulées sur un type hébraïque. De là une
grande présomption en faveur de la vérité des faits qu'ils racontent. - De là