Page 47 - LE MANUEL DE LA BIBLE

Version HTML de base

47
encore une règle importante pour l'interprétation des textes. La première
source d'une bonne exégèse biblique étant naturellement la Bible elle-même,
c'est dans la Bible que nous devons recueillir avec le plus de soin possible, tous
les indices qui peuvent amener une détermination exacte du sens des mots
qu'elle emploie.
Ces conclusions ne sont vraies que si le fait d'où elles découlent est établi; tout
au plus peuvent-elles être invoquées incidemment et indirectement à l'appui du
fait lui-même.
La langue grecque
, du reste, est un mélange de dialectes divers. Les Hellènes,
ou Grecs, étaient dans l'origine une réunion de diverses tribus dont les
principales étaient les Doriens et les Ioniens.
Le dialecte dorique
est le premier en date comme en influence; il est rude et
grave dans ses assonances. Il compte parmi ses principaux écrivains Pindare,
Sapho, Théocrite et Bion.
Le dialecte ionien
, plus doux, plus fin, vient après. Il fut parlé d'abord dans
l'Attique, puis sur quelques côtes de l'Asie-Mineure, lorsque les Ioniens s'y
furent établis après leur grande émigration. Hérodote et Anacréon en sont dans
la littérature les représentants les plus distingués.
Le dialecte attique se forma après le départ des Ioniens; il tient le milieu entre
les deux précédents, et passe pour le grec le plus pur et le plus classique; c'est
lui qui a donné à la littérature le plus d'auteurs distingués, Thucydide, Platon,
Xénophon, Démosthènes, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, etc.
Mais après que Philippe de Macédoine eut détruit les libertés de la Grèce, tous
ses dialectes disparurent et se fondirent en une seule et même langue; un
dialecte nouveau se forma sur la base de l'attique, et devint la langue vulgaire:
ce fut l'hellénique.
À la mort d'Alexandre, le peuple de la Macédoine et celui d'Alexandrie
occupèrent soit dans la littérature, soit dans le pouvoir, les premières places;
et, sous leur influence, deux nouveaux dialectes se formèrent, le macédonien et
l'alexandrin, qui se répandirent très-rapidement dans toutes les colonies de
l'empire grec, et plus particulièrement en Egypte et en Orient.