Page 460 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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péchés du monde. Bien que le sang des taureaux et des boucs n'ait pas la
puissance de laver les péchés, le sacrifice créait une expiation légale oui civile
qui libérait le coupable des peines que la loi prononçait contre lui.
Celui qui offrait un sacrifice pouvait, après s'être préalablement purifié de
toute souillure, amener lui-même la victime à l'autel; tourné vers l'autel, il lui
posait solennellement la main sur la tête, comme pour s'identifier avec elle et
lui transmettre ses péchés; puis il l'égorgeait, mais il ne touchait pas au sang.
Quelquefois aussi c'était le prêtre qui immolait la victime; il en répandait le
sang en aspersions, l'écorchait, lui ôtait la peau, et en brûlait la graisse sur
l'autel. Le prêtre, dans certaines occasions, élevait la bête, comme pour la
présenter à l'Eternel, et la faisait tournoyer 'Vers les quatre points cardinaux,
en signe de consécration (1 Sam., XVI, 5. Exode, XIX, 14. Lév., I, 5; et ailleurs.
2 Chron., XXIX, 24. Esdras, VI, 21).
Il y avait différentes sortes de sacrifices.
a. Les holocaustes.
La victime, mâle, était entièrement consumée par le feu;
l'animal était égorgé du côté nord de l'autel. La peau appartenait au prêtre
(Lév., VII, 8). L'holocauste était toujours un sacrifice expiatoire (Lév., I, 4). On
l'offrait journellement au nom du peuple (Exode, XXIX, 36-42. Nomb., VII, 15-
17; VIII, 12); il y avait aussi des holocaustes le jour des Expiations et aux trois
grandes fêtes solennelles. Des holocaustes individuels étaient offerts par des
personnes atteintes d'impuretés légales, des femmes, des lépreux, des
nazaréens, etc. (Lév., XII, 6-8; XIV, 21-31; voyez aussi XV, 1-15). Quand deux
pigeonneaux étaient présentés, l'un des deux servait d'holocauste (V, 10). On
trouve de véritables hécatombes de ce genre (Esdras, VI, 17. 1 Chron., XXIX,
21); et les peuples païens eux-mêmes, à des époques plus modernes, en offrent
des exemples; ainsi Auguste (Josèphe, Guerre des Juifs, II, 17).
b.
Les offrandes pour le péché (Lév., IV, 6, 25) et les offrandes pour le délit
(VII, 1-10), analogues par leur nature et leur objet, constituaient cependant
deux espèces de sacrifices bien distinctes l'une de l'autre dans l'esprit de la
législation mosaïque, quoiqu'il ne soit pas facile d'en déterminer la nuance
exacte. On peut dire à première vue que les délits paraissent avoir été d'une