Page 54 - LE POISON SUBTIL DE LA TOLERANCE

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Les hommes n'inventent pas leur désir, mais
sont tissés par lui: à supposer que celui-ci soit
de nature cruelle par excellence, de quelles
armes disposerait-on contre lui. Pour détruire le
dogme de la tolérance universelle, réprouver le
sadisme des actes dont seul serait responsable
le pur désir de persévérer dans son être ?
Contexte dans lequel est née la tolérance comme
problème à l'articulation du politique et du
religieux au 18e siècle, la tolérance apparaît,
dans sa seule et première occurrence, comme
l'«action de supporter patiemment des maux»,
cependant que l'adjectif «tolérant» signifie «qui
supporte courageusement les épreuves». Au
contraire, cela n'est pas de la tolérance mais de
la patience ou endurance, la tolérance n'a rien à
y voir dans cela. La tolérance n'a pas de vigueur
en elle-même comme la patience ou l'endurance
qui demande du courage et de la persévérance,
elle est une paresse intellectuelle, une mollesse
de l'esprit, une tiédeur répugnante qui sera
vomis de la bouche de Dieu (Apoc. 3:16).
L'antonyme de la tolérance est donc l'intolérance