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puissant que Nemrod, rendait nécessaire, au moins pour quelque temps, la plus
extrême prudence. Ce fut dans ces circonstances, on ne peut en douter, que
commença ce système de Mystère, qui ayant Babylone pour centre, s'est répandu
dans le monde entier. Dans ces mystères, sous le sceau du secret et la sanction
d'un serment, et au moyen de toutes les ressources fertiles de la magie, les
hommes furent graduellement ramenés à toute l'idolâtrie qui avait été
publiquement supprimée, tandis que l'on ajoutait à cette idolâtrie de nouveaux
traits qui la rendaient encore plus blasphématoire que jamais. Nous avons des
faits abondants qui établissent que la magie et l'idolâtrie étaient soeurs jumelles
et qu'elles sont venues dans le monde en même temps. Zoroastre, dit l'historien
Justin, inventa, dit-on, les arts magiques, et étudia avec beaucoup de soin les
mouvements des corps célestes
Le Zoroastre dont parle Justin est le
Bactrien Zoroastre ; mais on croit généralement que c'est une erreur. Stanley,
dans son histoire de la philosophie orientale, conclut que cette erreur vient d'une
similitude de noms, et que pour cette raison on avait attribué cette invention au
Bactrien Zoroastre qui en réalité appartenait aux Chaldéens ; car on ne peut
imaginer que le Bactrien fût l'inventeur de ces arts dans lesquels les Chaldéens,
ses contemporains, étaient si habiles
Avant lui, Épiphane était évidemment
arrivé, en substance, à la même conclusion. Il prétend, d'après les preuves
certaines qu'il en avait alors, que ce fut Nemrod qui établit les sciences de la
magie et de l'astronomie, dont l'invention fut plus tard attribuée au Bactrien
Zoroastre
Comme nous avons vu que Nemrod et le Chaldéen Zoroastre ne font qu'une
seule personne, les conclusions de ceux qui ont fait ou qui font encore des
recherches dans l'antiquité chaldéenne sont entièrement d'accord. Or le système
secret des Mystères donnait de grandes facilités pour frapper les sens des initiés
au moyen de tours d'adresse variés et d'artifices de magie. Malgré tout le soin et
les précautions de ceux qui dirigeaient ces initiations, il en est assez venu jusqu'à
nous pour nous donner une juste idée de leur véritable caractère. Tout était si
bien combiné pour élever les esprits des novices au plus haut degré d'excitation,
qu'après s'être livrés entièrement au prêtre ils étaient préparés à recevoir
n'importe quoi. Après que les candidats à l'initiation étaient passés par le
confessionnal et qu'ils avaient juré d'après les serments ordinaires, on leur
présentait des objets étranges et effrayants. Quelquefois le lieu où ils étaient
semblait trembler autour d'eux ; quelquefois il se montrait brillant et
resplendissant de lumière, puis il se couvrait de profondes ténèbres ; quelquefois
il y avait des éclairs et du tonnerre ; quelquefois des bruits épouvantables, des