Page 105 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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L'arche fut faite de bois de gopher (q.v.), et Noé l'enduisit de bitume. Après qu'elle eut vogué pendant
cinq mois environ, elle s'arrêta sur le mont Ararat en Arménie.
— Voir: Déluge.
— Sermons de Rochat, etc.
2.
Arche de l'alliance. Le mot hébreu que nos traductions rendent par Arche, Exode 37:1, et ailleurs,
n'est pas le même que celui qui désigne le vaisseau de Noé. L'arche de l'alliance était un coffret de bois de
sittim, d'environ 1m,62 de longueur, large de 1m,08, et profond d'autant. Il était garni de plaques d'or pur
en dehors et en dedans; il avait en dehors une corniche également d'or, et il était recouvert d'une table en
or massif appelé le couvercle ou le propitiatoire, sur lequel se tenaient deux chérubins. Ils étaient l'un vis-
à-vis de l'autre, regardant le propitiatoire qu'ils couvraient de leurs ailes; c'est du milieu d'eux que
l'Éternel rendait ses oracles, Exode 25:22; Nombres 7:89; cf. 2 Rois 19:15; Psaumes 80:1, et qu'il manifestait
visiblement sa gloire et sa présence. Dans l'arche se trouvaient la cruche d'or avec la manne, la verge
d'Aaron qui avait fleuri, et les tables de l'alliance, Hébreux 9:4. Elle était placée dans le lieu très saint, et
au grand jour des expiations, le souverain sacrificateur venait et répandait sur le propitiatoire le sang des
victimes immolées. Il est facile de voir que ce coffret mystérieux était un type de notre Seigneur Jésus-
Christ: c'est lui qui a réellement magnifié la loi de Dieu, tout en faisant propitiation pour nos péchés; il est
notre alliance avec le Saint des saints, et c'est en lui qu'a brillé toute la gloire du Père.
Maintenant qu'est-elle devenue, cette arche de l'alliance? On n'en sait rien et l'on n'a pas besoin de le
savoir, puisque la présence de notre Dieu n'est plus attachée à aucune chose périssable, mais que nous
pouvons le trouver partout où nous sommes avec un cœur pur et des mains nettes. Toutefois, voici
quelques mots sur les traditions relatives au sort final de cet ustensile sacré qui fut si longtemps, pour les
Juifs, l'objet de leur juste vénération. D'après 2 Maccabées 2:4; et sq., Jérémie aurait caché l'arche dans une
caverne de la montagne où Moïse était monté peu avant sa mort (Pisga), afin que personne ne la pût
trouver jusqu'au jour où le Seigneur rassemblerait de nouveau son peuple. Théophylacte, Épiphane et le
rabbin Joseph Ben-Gorion racontent la même histoire, mais sur la foi de ce même témoignage, de sorte
qu'il n'y a qu'une seule source pour cette tradition. Toutefois, en l'absence d'autres données, celle-là
pourrait avoir quelque poids. La Bible n'en dit plus rien. Lorsque Cyrus rendit à Esdras, Esdras 1:7, les
vases que Nébucadnetsar avait emportés, nous n'y trouvons pas un mot sur l'arche; les Juifs sont d'accord
pour dire qu'elle ne se trouvait pas dans le second temple, et lorsque Flavius Josèphe (Bell. jud.) énumère
les objets qui ont été emmenés par Titus triomphant, il nomme la table d'or, le candélabre et la loi; et sur
l'arc de Titus dont on admire encore les restes bien conservés, on no trouve parmi les dépouilles du
temple que le candélabre et la table. Tout cela prouve assez clairement qu'au retour de la captivité, l'arche
d'alliance n'existait plus pour les Juifs. Quelques rabbins s'appuyant sur 2 Chroniques 36:10, ou sur 2 Rois
20:17; et 24:13, prétendent qu'elle fut détruite et emmenée à Babylone avec les autres trésors du palais et
du temple; cependant il est peu probable qu'elle soit tombée entre les mains des Caldéens, car on ne
saurait comprendre pourquoi il n'est jamais parlé de ce monument précieux, ni dans le récit des choses
emmenées, ni dans la liste des effets rendus à Esdras.
Selon d'autres, elle aurait été détruite lors de la ruine de Babylone, ou par accident, ou à dessein; car,
d'après Ésaïe 37:19, les Assyriens avaient coutume de jeter au feu les dieux des nations vaincues. Aucun
auteur juif n'admet cette supposition; les chrétiens au contraire l'ont presque tous acceptée en se fondant
sur Jérémie 3:16: dans ce passage le prophète exprime en effet l'idée que, dans les temps à venir, l'arche ne
sera plus honorée comme le seul trône de l'Éternel; mais il parle par opposition à la vénération
superstitieuse que les Juifs de son temps, après la réformation de Josias, avaient pour les objets visibles de
leur culte, et il veut dire qu'un temps viendra où le véritable temple de l'Éternel sera dans les cœurs de
son peuple: ce passage ne peut donc pas s'entendre à la lettre.
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