Il ne reste plus maintenant que la troisième supposition, c'est que l'arche ait été cachée. C'est la
supposition des Juifs: ils sont, à peu d'exceptions près, d'accord sur ce point. Selon eux, Josias, averti des
maux qui allaient fondre sur le peuple de Dieu, 2 Chroniques 34:24, cacha l'arche dans l'intérieur de la
montagne, au-dessous du temple, dans une retraite préparée déjà par Salomon pour cet effet. Ils allèguent
2 Chroniques 35:3, qui semblerait prouver le contraire de ce que les Juifs prétendent; mais ils l'expliquent
en disant que l'ordre même qui est donné de remettre l'arche à sa place, indique qu'elle n'y avait pas été
sous le règne de l'impie prédécesseur de Josias, et qu'elle avait été probablement mise en lieu de sûreté.
Conséquents avec eux-mêmes, ils espèrent que le temps viendra où, par une direction providentielle,
l'arche sera retrouvée, et rendue au peuple de retour dans la terre promise.
Quant à nous, ce qui nous paraît à la fois le plus probable et le plus simple, c'est que les sacrificateurs,
sachant que la captivité ne devait durer que soixante et dix ans, auront mis de côté les monuments les
plus précieux de leur culte, et que Jérémie le prophète, en réponse peut-être à une demande qui lui aura
été adressée par le sacrificateur, aura indiqué le moment précis où devait avoir lieu l'invasion: on l'aurait
ainsi prévenue en se hâtant d'enfouir quelques-uns des vases sacrés. Puis au retour de l'exil, les Juifs,
toujours entourés d'ennemis et de difficultés de tout genre, auront voulu attendre des temps meilleurs et
l'érection du second temple, avant de sortir de leur retraite ces monuments ensevelis, et à force de délais
on aura perdu la connaissance exacte des détails et de l'emplacement; il n'en sera plus resté qu'une
tradition vague et peu solide, appuyée, comme toujours, sur un fond de vérité, mais amplifiée et
défigurée par de curieuses conjectures rabbiniques, ou par l'imagination des poètes.
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ARCHÉLAUS,
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fils d'Hérode le Grand, par la samaritaine Malthace, sa cinquième femme. Ce fut le plus cruel et le plus
sanguinaire des fils d'Hérode. Celui-ci, après avoir fait mourir ses fils Alexandre, Aristobule et Antipater,
et après avoir interdit à Hérode Antipas toutes prétentions au trône, s'établit pour successeur Archélaüs,
en réservant toutefois l'agrément de l'empereur. Le peuple et l'armée parurent satisfaits du choix
d'Hérode, et prêtèrent à Archélaüs le serment de fidélité. Le nouveau monarque fit à son père de
magnifiques obsèques, solennisa un deuil de sept jours, et fit de grandes réjouissances populaires. Ayant
rassemblé la multitude dans les cours du temple, il promit de gouverner avec douceur et de ne prendre le
titre de roi qu'après qu'il en aurait obtenu de Rome la permission. Peu de temps après, la populace se
réunit tumultueusement, demandant la mort d'un homme parles conseils duquel Hérode avait, fait
exécuter un Juif zélé, qui avait arraché des portes du temple l'aigle d'or qu'on y avait placée. Le peuple
demandait en outre que Joazas fût dépouillé de la souveraine sacrificature, et il maudissait la mémoire
d'Hérode le Grand. Pour se venger de ces insultes, Archélaüs envoya ses troupes contre la multitude, et
massacra 3,000 hommes sur le lieu même du rassemblement près du temple. Tout cela se passait l'année
même de la naissance de notre Sauveur.
Cependant Archélaüs ne tarda pas à partir pour Rome, pour y solliciter la confirmation du testament de
son père, tandis que de son côté, Hérode Antipas demandait qu'un testament antérieur, qui le faisait
héritier, fût seul déclaré valide, comme ayant été écrit dans un moment où leur père jouissait mieux de
toutes ses facultés. Auguste, ayant entendu les parties, ajourna la sentence. D'autre part, la nation juive
pétitionnait auprès de l'empereur pour que les prétentions de la famille d'Hérode tout entière, fussent
écartées, et que la Judée fut annexée à la Syrie comme province romaine. Après un délai de quelques
jours, l'empereur investit Archélaüs d'une partie des domaines de son père, avec le titre d'Ethnarque ou
chef du peuple, lui promettant la couronne s'il la méritait par sa conduite. À son retour en Judée,
Archélaüs déposa Joazas de sa charge, sous prétexte qu'il avait excité des séditions parmi le peuple, et le
remplaça par Éléazar, frère de Joazas. Mais, au bout de sept ans, les Juifs et les Samaritains, fatigués de
ses violences et de sa tyrannie, le dénoncèrent à l'empereur. Contraint de comparaître, il se rendit à Rome,
fut condamné à l'exil, et finit ses jours à Vienne en Dauphiné.
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