Page 59 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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rapportent. Nous nous bornons ici à indiquer les formes les plus indispensables et les plus inhérentes au
cérémonial des alliances contractées.
Ce qui figurait l'alliance comme lien et communauté, c'est-à-dire ce qui figurait l'alliance elle-même,
c'était ordinairement un repas pris en commun, Genèse 26:30; 31:46; Josué 9:14. Quand la communauté
fondée était une communauté religieuse, alors seulement le repas se faisait avec les victimes du sacrifice,
Deutéronome 27:7. Le pain et le vin, mais surtout le sel, paraissent avoir été habituellement employés. Le
sel particulièrement tirait des qualités qui lui appartiennent, un sens symbolique correspondant à l'idée
même d'alliance. Par cette puissance qu'il a d'attaquer dans un corps certaines parties, en même temps
qu'il en conserve d'autres, par cette action amie et ennemie qu'il exerce à la fois sur tout aliment, il était le
symbole le plus naturel d'un contrat dont la vertu propre est justement de vous rendre et l'ami de ceux
qui sont les amis de votre allié, et l'ennemi de ceux qui en seraient les ennemis, Genèse 12:3. Mais une
alliance faite en ces ternies: «Je bénirai ceux qui te bénissent, et je maudirai ceux qui te maudissent», étant
considérée comme l'alliance la plus sacrée et la plus indestructible que l'on pût former, le sel, dont la
propriété est de conserver, exprimait doublement le caractère de semblables alliances, de ces alliances
éternelles que, dans certains endroits, l'Écriture nomme également, à cause de cela, des alliances de sel,
Nombres 18:19; 2 Chroniques 13:5. Enfin, l'épithète d'alliance accompagne le mot sel là où il est ordonné
de le faire entrer dans la composition de tout ce que l'on devait offrir à Dieu d'après son alliance,
Lévitique 2:13.
Un autre rite non moins solennel et non moins répandu dans toute l'antiquité (il a donné son nom au mot
hébreu qui signifie alliance, Berith, de Barah, disséquer, tailler, partager), consistait à partager un ou
plusieurs animaux en des parts qui se plaçaient de manière à se correspondre, Genèse 15:10; les parties
contractantes passaient entre ces moitiés, et donnaient ainsi à entendre qu'elles entraient dans les mêmes
rapports qui avaient précédemment uni les membres de la victime. Cette interprétation sera peut-être
contestée, mais toutes les autres se fondent sur des points de vue qui semblent inconciliables avec le seul
exemple que l'Écriture nous fournisse d'une alliance faite de cette manière, l'alliance de Dieu avec
Abraham.
— Jérémie 34:18, n'est point en opposition avec ce que nous venons de dire; car rien ne prouve que les
deux parts représentassent les deux parties contractantes.
Un dernier usage que nous consignerons sur ce point, et dont il est parlé Genèse 21:28, fut de donner à
celui avec lequel on voulait contracter, une portion de son propre bien.
Les parties contractantes, leur sincérité dans les engagements qu'elles avaient pris, sont également figurés
dans le rituel des alliances par des signes matériels et visibles, destinés à servir quelquefois de
témoignages permanents, Genèse 31:46. Les symboles employés dans ce but étaient habituellement des
pierres; on les érigeait en un monceau, suivant le nombre des parties contractantes, et si l'alliance où elles
entraient était une alliance religieuse, on en faisait un autel, Exode 24:4. À l'égard de ces autels, il est
constamment ordonné de les construire de pierres non taillées, Exode 20:25; Deutéronome 27:5; Josué
8:31. Cet ordre fut donné, d'abord afin que ces autels ne fussent point une occasion de révolte contre le
commandement exprès de n'offrir des sacrifices qu'au lieu que l'Éternel aurait désigné lui-même (pour
cette même raison ils se faisaient de terre dans les autres cas), mais surtout afin qu'ils marquassent plus
expressément leur genre de destination et qu'ils représentassent par leur propre intégrité la vie, la
plénitude, la sainteté du témoignage dont ils faisaient foi, Deutéronome 27:8; 1 Pierre 2:5; 1 Rois 6:7;
Éphésiens 2:22; Jean 19:36; Exode 12:46. La consécration des alliances, en tant que ces alliances sont une
promesse à garder, trouve dans le rituel des symboles correspondants. Cette consécration consiste, avons-
nous dit, dans l'invocation d'un témoignage divin, invocation qui imposait au lien établi, et surtout à la
promesse donnée, un caractère inviolable et sacré; néanmoins elle ne les convertissait jamais en des
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