Page 599 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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mégarde, chargé de chaînes et conduit à Rama, il est bientôt remis en liberté par ordre de Nébuzaradan,
et préfère rester dans sa patrie que de suivre les vainqueurs à Babylone, où de grands honneurs lui sont
promis. Un parti était resté en Judée, celui de Johannan, qui projetait d'aller chercher en Égypte une patrie
nouvelle, un asile contre de nouvelles invasions; ils s'adressent à Jérémie pour faire légitimer leur
résolution par un oracle, mais le prophète cherche à les en dissuader, chapitre 42 et 43. La foule se tourne
également vers l'Égypte, on émigré en masse, et plutôt que d'abandonner ces malheureux, le prophète les
accompagne et cherche, mais en vain, à les préserver de l'idolâtrie et surtout du culte des astres. Ici
s'arrête son histoire; le lieu et l'époque de sa mort sont inconnus. Il est probable qu'il est mort à Taphnès;
d'autres montrent son tombeau au Caire; quelques-uns pensent qu'il est revenu en Judée; quelques pères
enfin, s'appuyant sur Matthieu 16:14, pensent qu'il n'est pas mort, mais qu'il a été enlevé au ciel comme
Élie.
Prophéties.
Les oracles de Jérémie sont en général écrits dans un style large et abondant, moins obscur que celui de la
plupart des autres prophètes. Les emblèmes y abondent, mais s'expliquent facilement: celui du potier qui,
d'un vase brisé, en reforme un autre, annonce aux Juifs que Dieu peut détruire leur race perverse pour se
faire un autre peuple obéissant et fidèle, 18:2; ailleurs c'est un pot de terre que le prophète met lui-même
en pièces dans la vallée de Hinnom, 19:1; ailleurs, un joug chargé de liens, qu'il porte sur son cou, 27 et 28;
ou bien, l'achat d'une propriété, 32:7; ou encore, une ceinture de lin qu'il cache dans une des cavernes de
l'Euphrate, 13:1. C'est également comme symbole qu'il fait appeler devant lui les Récabites, 35:1. Les
oracles de Jérémie ont été réunis sans égard à la chronologie, et il règne dans leur arrangement un pêle-
mêle qu'il est plus facile d'apercevoir que de débrouiller. Abarbanel a dit que c'était un livre qu'il fallait
lire sens devant derrière (priùs posteriùs et posteriùs priùs). On a fait beaucoup de travaux pour essayer
de rétablir ces oracles dans l'ordre dans lequel ils ont été prononcés; le commentaire français de Dahler
est à cet égard un des meilleurs, comme il est en général utile à consulter sur toutes les difficultés
relatives aux temps et aux prophéties de Jérémie. En anglais, un des meilleurs ouvrages est celui du
docteur Blayney. Voici comment il fixe la suite des chapitres:
1.
les prophéties qui ont été prononcées sous le règne de Josias 1-12;
2.
celles qui ont été prononcées sous Jéhojakim 13-20; 22; 23; 35; 36; 45-48; 49:1-33;
3.
sous Sédécias, 21; 24; 27-34; 37-39; 49:34-39; 50; 51;
celles qui furent prononcées pendant le gouvernement de Guédalia, depuis la prise de Jérusalem jusqu'au
départ du peuple pour l'Égypte, 40-44.
On doit remarquer comme plus particulièrement messianiques les passages 23:5-6, où Christ est appelé
l'Éternel notre Justice; et 31:31-36; 33:8, qui annoncent l'efficace de l'expiation faite par la mort de Jésus, le
caractère spirituel de la nouvelle alliance, et l'influence profonde et intérieure de l'Évangile, cf. Hébreux
8:8-13; 10:16.
— Le prophète Jérémie est cité, Matthieu 27:9, au lieu de Zacharie, 11:12, soit que Jérémie, étant l'un des
plus importants des prophètes, eût donné son nom comme titre général au recueil de toutes les
prophéties, soit qu'il y ait eu une faute ou une addition de copiste, ou un manque de mémoire chez saint
Matthieu, soit enfin par une confusion (appelée synchyse) de deux passages en un seul, cf. le passage cité
de Zacharie avec Jérémie 32, qui n'est pas sans analogie matérielle avec Matthieu 27. On peut opter entre
ces divers moyens de conciliation; il y en a encore treize autres à ma connaissance.
Lamentations. Recueil de cinq chapitres, contenant autant de chants ou élégies dans lesquels le prophète
déplore les diverses calamités qui ont affligé sa patrie; le cinquième est un épilogue ajouté aux quatre
premiers chants. Jérémie est auprès de Dieu l'interprète du peuple qui demande le pardon de ses péchés
et la restauration d'Israël. Quelques anciens auteurs pensent que c'est des Lamentations qu'il est parlé 2
Chroniques 35:25 (Flavius Josèphe, saint Jérôme, Œcolampade), mais il paraît évident que le chant
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