Page 600 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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funèbre prononcé sur la mort de Josias, est un autre ouvrage de Jérémie qui ne doit pas être confondu
avec les Lamentations, et Calvin appelle ce sentiment une grossière erreur (crassum; — Voir: aussi
Bullinger). Jarchi veut encore que les Lamentations soient le livre qui a été écrit par Baruc, sous la dictée
de Jérémie, après que Jéhojakim dans sa stupide fureur en eut jeté au feu le premier rouleau; mais le
contenu des Lamentations n'est pas en accord avec ce qui est dit, Jérémie 36:2, des choses renfermées dans
le livre dicté à Baruc; peut-être y a-t-il une allusion à ce livre à la fin de 36:32, mais on n'en sait rien.
L'époque de la rédaction est inconnue; les Septante et la version arabe disent que Jérémie l'écrivit pendant
la captivité et sur les ruines de Jérusalem abandonnée. Les quatre premiers chapitres sont composés de
strophes acrostiches suivant l'ordre alphabétique; au chapitre 3 les strophes sont de trois versets: ce même
genre de poésie se retrouve d'ans quelques psaumes et dans quelques chapitres des Proverbes; l'auteur
sacré, en y ayant égard, a consulté peut-être le goût de son temps, peut-être aussi la mémoire de ceux à
qui s'adressaient ses chants. Pour un autre ordre on ne saurait en chercher; le prophète s'abandonne à ses
sentiments douloureux plus qu'il ne s'attache à leur donner une forme, et ses plaintes ne sont pas un
discours; l'espérance qui le soutient au milieu de ses peines, c'est la pensée que lors même que la terre est
déserte et le temple détruit, Dieu règne encore et peut contracter avec son peuple une alliance nouvelle,
pleine de grâce, pourvu que le peuple retourne à Dieu par un repentir sincère et véritable.
2.
Le nom et les prophéties de Jérémie sont rappelés, 2 Chroniques 36:21; Esdras 1,1; Daniel 9:2; cf.
Jérémie 25:12; 29:10.
L'Écriture sainte mentionne encore d'autres hommes de ce nom: le père de Hamutal, épouse de Josias, 2
Rois 24:18; un vaillant chef de la tribu de Manassé, 1 Chroniques 5:24; enfin deux héros de l'armée de
David, 1 Chroniques 12:4,10,13.
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JÉRICO ou Jéricho,
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ville de la tribu de Benjamin sur les frontières d'Éphraïm, à 8 kilomètres du Jourdain, et à 28 de Jérusalem,
dont elle était séparée par une contrée rocheuse et déserte, Josué 16:7; 18:21. C'est peut-être à cause de
cette circonstance que Jésus a placé entre ces deux villes la scène du Samaritain miséricordieux, Luc 10:30.
Les environs de Jérico, véritable oasis au milieu des sablés de la solitude, bornés à l'ouest comme en
amphithéâtre par des montagnes calcaires, hautes et sans verdure, étaient fécondés par de riants cours
d'eau, et extrêmement fertiles. Ils produisaient surtout des palmiers, dont la ville a pris son nom,
Deutéronome 34:3; Juges 1:16; 3:13. On y trouvait également des rosiers et du baume odoriférant; (le nom
de Jérico peut se dériver à cause de cela de l'hébreu riach, sentir, en allemand riechen; d'autres le dérivent
de yérach, — Voir: Jérah; ce serait ville de la lune): le miel y abondait et le climat était délicieux; tout était
réuni pour en faire un paradis terrestre, excepté les serpents venimeux qui y foisonnaient. Jérico, déjà
construite et fortifiée lors de l'entrée des Israélites en Canaan, fut leur première conquête; ils la
détruisirent, et Josué la voua à l'interdit, défendit de la rebâtir, et annonça que celui qui braverait sur ce
point les menaces divines, y perdrait successivement l'aîné et le second de ses fils; Hiel fut assez
malheureux, 537 ans plus tard, pour oser s'exposer à cette terrible épreuve, et il y succomba, 1 Rois 16:34.
Entre ces deux époques cependant, le nom de Jérico n'est pas perdu: cette ville est nommée comme
existant, Josué 18:21. Héglon, roi de Moab, y possède un palais, Juges 3:20, et les ambassadeurs de David,
outragés par Hanun, s'y retirent pour laisser croître leur barbe, 2 Samuel 10:5; 1 Chroniques 19:5. On peut
croire que dans le premier de ces passages, il ne s'agit que du territoire de la ville; dans les autres, il s'agit
plutôt d'un hameau reconstruit non loin de l'emplacement de la précédente Jérico, hameau qu'un roi
païen aura pris comme un lieu de plaisance, où il se sera établi avec quelques sujets, et qu'on ne saurait
confondre avec la ville proprement dite, dont le rétablissement avait été défendu aux Israélites seulement.
Flavius Josèphe distingue clairement les deux villes (Guerre des Juifs, 5, 4). Depuis Hiel, l'ancienne Jérico
rentra dans le domaine public, et personne ne craignit plus d'y demeurer; Achab la fit fortifier; une école
de prophètes s'y établit, 2 Rois 2:4, et on la revoit encore après l'exil, Esdras 2:34; Néhémie 7:36. Elle fut
embellie par Hérode, qui y fit construire un magnifique palais, et l'éleva au-dessus des plus belles villes
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