Page 607 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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— Cette âme qui, elle aussi, se développe, croît en sagesse, souffre, se réjouit, s'attache, ressent la
tentation, s'abat dans la tristesse, puis se relève triomphante au milieu de toutes les faiblesses, pure de
toute souillure, et ferme, sereine, sainte, radieuse, révèle au monde l'idéal d'une grandeur humaine qui se
confond avec la grandeur même de Dieu.
— Tous ces problèmes peuvent à peine être indiqués ici. Nous ne saurions songer, nous ne disons pas à
les résoudre, la science de l'homme n'y suffirait pas, mais même à les examiner dans leurs détails. Ils sont
d'ailleurs du ressort de la dogmatique, de la psychologie et de la philosophie, et ne sauraient être abordés
dans ce travail.
Nous n'avons pas davantage la prétention d'écrire une biographie de Jésus. Par des motifs de
convenance, plusieurs auteurs ont cru bien faire que de supprimer l'article entier; une telle vie est trop
haute, disaient-ils, et trop riche, pour qu'une plume purement humaine réussisse à en tracer un tableau
satisfaisant: la main des évangélistes, guidée par l'esprit même de Christ, a pu seule se charger de ce soin.
Nous comprenons ce scrupule, mais sans le partager entièrement, et ce qui nous arrête, c'est moins cette
pensée, que la considération même de l'étendue du sujet, et les développements considérables qu'il exige
pour être traité d'une manière convenable. Tout l'Évangile, d'ailleurs, se résume en Jésus; en lui se résume
aussi l'histoire de ceux qui l'ont vu, annoncé, accompagné et prêché; sa vie se rattache à une foule
d'hommes et de faits qui trouvent déjà leur place ailleurs, et qui, se reproduisant ici, feraient
nécessairement double emploi.
Nous nous bornons donc à donner quelques explications sur les points suivants.
1.
Le nom de Jésus signifie Sauveur; le nom de Christ signifie oint: ce sont à la fois des noms
propres et des noms d'attributs. Le dernier est la traduction grecque de l'hébreu Messie ou Mashiach.
Jésus s'appelle encore Emmanuel, q.v., le dernier Adam, Scilo, David, Osée 3:5; Jérémie 30:9, germe,
Jérémie 23:5; Zacharie 3:8, Micaël, Daniel 12:1, roi, prophète, avocat, Nazarien, roi des rois, pâque,
défenseur, souverain sacrificateur, etc. La Concordance de M. Mackenzie, p. 734, sq., compte près de deux
cents noms et titres donnés à Jésus, dans l'Écriture.
2.
La venue de Jésus est supposée d'un bout à l'autre de l'Ancien Testament, depuis l'instant de la
chute, Genèse 3:15. Les cérémonies du culte lévitique, le mosaïsme tout entier, le sacerdoce et les
prophètes l'annoncent et lui rendent d'avance témoignage; Jésus a mis le sceau à leurs visions, cf. Daniel
9:24. Les types et les prophéties messianiques abondent; il faut se tenir en garde toutefois contre
l'imagination qui pourrait en faire voir partout. Girard des Bergeries a peut-être exagéré les types,
Hengstenberg, dans sa Christologie, a été préoccupé outre mesure de son sujet, et a multiplié le nombre
des oracles relatifs au Messie. Ces deux ouvrages n'en ont pas moins une grande valeur, et méritent d'être
étudiés. Les faits principaux de la vie de Jésus sont annoncés clairement: l'époque de sa naissance, Daniel
9:25; le lieu, Michée 5:2; sa naissance d'une vierge, Ésaïe 7:14; son nom, ibid.; son surnom (Nazarien,
rejeton) Ésaïe 11:1; son retour d'Égypte, Osée 11:1; le massacre des innocents, Jérémie 31:15; l'œuvre du
précurseur, Ésaïe 40:3; Malachie 3:1; 4:5; la mission de Christ, Ésaïe 53; son entrée dans Jérusalem,
Zacharie 9:9; son humiliation, ses souffrances, sa mort expiatoire, le prix auquel il serait livré, les
méchants qui seraient mis à mort avec lui, sa glorieuse sépulture, sa résurrection, Psaumes 22, Ésaïe
52:13-53:12; Zacharie 11:13; cf. Jérémie 18:1; sq.; l'Église enfin qui naîtrait de son travail, de sa doctrine, et
de son sang, Zacharie 6:12, etc. Il est beaucoup d'autres prophéties immédiatement et exclusivement
applicables à Christ; nous avons indiqué les principales. On peut voir encore Aggée 2:6-9; Zacharie 12:10;
Daniel 2:44; 7:13; Psaumes 2, 45, 102, 110, etc.
3.
L'année de la naissance de Jésus ne peut pas être déterminée d'une manière exacte; mais ce qui
paraît prouvé, et assez généralement admis, c'est qu'elle est de quelques années antérieures à l'an 1 de
l'ère chrétienne. On voit, en effet, par Matthieu 2:1-6, que Jésus est né du vivant d'Hérode le Grand, mais
peu de temps avant sa mort. Or Hérode mourut l'an 750 de Rome, un peu avant Pâque (Flavius Josèphe,
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