Antiquités Judaïques 17, 8, 1-14; 14, 5-17, 9, 3). Si, de cette date, nous défalquons les jours de la
purification, le temps de la visite des mages, le voyage en Égypte, le séjour dans ce pays jusqu'au moment
de la mort d'Hérode (et six mois ne seront pas un chiffre exagéré), il en résulte que le Christ est né au plus
tôt dans l'automne de l'an 749 de Rome, quatre ans avant notre ère.
— Une seconde donnée historique nous apprend, Luc 3:1-2, que Jean-Baptiste commença son ministère en
la 15e année de Tibère; Jésus au moment de son baptême avait trente ans, Luc 3:23. L'un et l'autre étaient
sans doute entrés en fonctions au même âge, conformément à l'usage lévitique, Nombres 4:3,35, sq. Si
nous reculons de trente ans en arrière, nous arriverons à connaître l'année de la naissance des deux
cousins. Auguste était mort le 29 août 767; il fut immédiatement remplacé par Tibère, qui était déjà son
associé sur le trône depuis deux ou trois ans. Ces années de corégence comptent habituellement dans la
vie des rois: Tibère serait donc monté sur le trône en 765 ou même en 764; sa 15e année tomberait sur l'an
773, d'où il suivrait que Jean, né trente ans auparavant, serait né en 748, et notre Seigneur en 749. (Si
cependant on ne date les années du règne de Tibère que depuis la mort d'Auguste, la naissance du
Seigneur tombe sur l'an 752, résultat sensiblement différent de celui que donne Matthieu).
— On trouve un troisième indice, mais également sujet à incertitude, dans Jean 2:20, «On a été quarante-
six ans à bâtir ce temple.» Flavius Josèphe dit qu'Hérode a commencé la restauration de cet édifice la 18e
année de son règne, mais ailleurs il nomme la 15e (Antiquités Judaïques 15, 11, 1. Guerre des Juifs 1, 21,
1), comme il donne aussi tantôt trente-sept, tantôt trente-quatre ans au règne de ce monarque, suivant
qu'il le fait commencer à la mort d'Antigone, ou à sa confirmation par les Romains. Ce n'est qu'en 714
qu'il fut proclamé roi; la 18e année de son règne tomberait donc sur l'an 732, et la première Pâque de
notre Sauveur, dans la 47e année du temple restauré, sur l'an 779. Jésus avait alors trente ans et quelques
mois, et sa naissance remonterait à l'automne 748. Certains donnent la date de naissance de Jésus comme
étant le 22 Septembre.
— Notons enfin une tradition conservée par les pères latins (Tertullien, Lactance, Augustin), portant que
la mort de notre Seigneur eut lieu sous le consulat de Rubellius et de Fuflus, c'est-à-dire l'an de Rome 782.
Si, comme on le suppose ordinairement, la vie de Jésus a été de trente-trois ans et demi, sa naissance
tomberait encore sur l'an 748; mais c'est une question à part.
— Quelques écrivains modernes se fondant sur Matthieu 2:16, et prolongeant le séjour d'Égypte, pensent
que Jésus avait déjà deux ou trois ans à la mort d'Hérode, et le font naître par conséquent déjà en 747
(Münter, etc.). C'est la même année que fixent également ceux qui, avec Keppler et Ideler, voient dans
l'étoile des mages la conjonction de Jupiter et de Saturne qui eut lieu cette année-là.
— Il résulte de ce qui précède que Jésus a dû naître quatre à cinq ans au moins avant l'ère vulgaire, et
qu'il a pu naître quelques années plus tôt encore. L'ère vulgaire a été fixée au vie siècle, par l'abbé Denys
(Dionysius) Exiguus qui lui a donné son nom; elle a été employée par Bède le Vénérable (première partie
du VIIIe siècle) dans ses ouvrages historiques, et bientôt après dans des actes publics, par les rois francs
Pépin et Charlemagne.
— L'époque de l'année en laquelle Jésus naquit est plus difficile encore à déterminer; ce qu'il y a de sur,
c'est que ce ne fut pas en hiver, puisque les bergers gardaient les brebis dans les champs. Selon Lardner,
ce serait entre la mi-août et la mi-novembre; selon l'archevêque Newcome qui prend la moyenne, ce serait
le 1er octobre; Winer donne une marge plus grande, et n'exclut que la saison froide. En fait, il n'y a
aucune donnée positive; le 25 décembre commença à prévaloir au IVe siècle, comme jour de la nativité, et
si l'on en croit Léon le Grand, qui mourut en 461, il y avait bon nombre de gens à Rome qui célébraient ce
jour bien moins à cause de la naissance du Sauveur qu'en l'honneur du soleil renaissant (Sermon XXI,
chapitre 6).
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