Page 620 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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— On trouve bien peu de choses dans les commentaires sur les circonstances qui ont accompagné la mort
de Jésus. L'Écriture nous dit qu'il y eut des ténèbres sur tout le pays (la Judée, ou la Palestine), depuis la
sixième heure jusqu'à la neuvième (de midi jusqu'à 3 heures), ainsi pendant toute la durée de la
crucifixion,
— et qu'à la mort du Sauveur le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'au bas, et la
terre trembla, et les rochers se fendirent, et les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui
étaient morts ressuscitèrent, et étant sortis de leurs sépulcres, après sa résurrection, ils entrèrent dans la
sainte cité, et ils apparurent à plusieurs personnes, Matthieu 27:45,51; sq..
— On a voulu expliquer par une éclipse de soleil les ténèbres qui accompagnèrent la crucifixion, et cela a
pu paraître d'autant plus naturel que saint Luc ajoute, 23:45: «Le soleil s'obscurcit.» Mais une
considération péremptoire s'y oppose, c'est que le mois de nisan commençait avec la nouvelle lune, et que
la pâque avait lieu le 15 nisan, par conséquent pendant la pleine lune. Tous les commentateurs sont
d'accord à repousser une explication naturelle tirée de cet ordre d'idées; mais ils ne le sont plus quant à ce
qui doit lui être substitué. Luc cause physique quelconque (on ne saurait la déterminer davantage) a pu
produire ce phénomène, et quand on se rappelle non seulement l'éternelle prescience de Dieu qui exclut
toute idée de hasard, mais encore l'importance immense, unique, de la mort du Sauveur pour celui qui
dispose à son gré de toutes les forces de la nature, on ne peut méconnaître que celui qui a salué la
naissance de Jésus par un concert des anges dans les cieux, a dû aussi consacrer le moment de sa mort par
un bouleversement dans les lois naturelles. D'ailleurs, ce n'est point le soleil seulement qui s'obscurcit; la
terre s'émeut, et l'économie du mont Sinaï est déchirée dans ce voile mystérieux qui fermait l'entrée du
lieu très saint; le sépulcre et la mort se reconnaissent vaincus, et les pierres même crient; les rochers
parlent, là où un impie clergé avait réussi a imposer le silence aux lâches et charnels enfants d'Abraham.
«Tous les miraculeux phénomènes ici rapportés, dit Gerlach (traduction Bonnet et Baup), sont
symboliques et renferment de profondes leçons. Dieu voulait montrer d'abord qu'il retirait de dessus ce
peuple sa lumière, sa présence protectrice et consolante, et que toutes les puissances des ténèbres
réunissaient leurs efforts contre le Sauveur du monde, comme il venait de le déclarer lui-même, Luc
22:53. Dieu voulut aussi, lors de cet événement, le plus extraordinaire de l'histoire de l'humanité, montrer,
par un miracle qui glorifiât Jésus-Christ, l'unité qui existe entre le monde invisible et le règne de la nature:
le soleil de justice s'éteint dans les douleurs du Calvaire, et le soleil de la nature se voile de ténèbres.
— Chacun de ces prodiges, outre le but général de réveiller l'attention et la crainte d'un peuple stupide et
endurci, renferme un enseignement particulier. Le voile du temple, cf. Exode 30:10; Lévitique 16:2; sq.,
indiquait que la demeure du Dieu vivant et saint était inaccessible à l'homme pécheur, et même au peuple
de l'alliance, jusqu'à l'accomplissement des temps. Ce voile, déchiré au moment où se consommait sur la
croix le vrai sacrifice d'expiation pour le péché, proclamait d'une manière frappante aux yeux de tout le
peuple assemblé dans le temple pour l'ablution du soir (trois heures), que désormais l'accès du trône de la
grâce (figuré par l'arche de l'alliance dans le lieu très saint) était ouvert, et que l'homme pécheur, banni
du ciel, pouvait tourner ses regards et ses espérances vers les demeures éternelles de la maison du Père,
cf. Hébreux 10:20.
— La terre, théâtre du péché, tremble sous le jugement de Dieu qui lui annonce à la fois sa destruction et
sa rénovation future.
— Les rochers, moins insensibles que l'homme aux souffrances du Fils de Dieu et aux coups de la justice
divine (— Voir: Sermon d'Ad. Monod), se fendent et accomplissent littéralement cette parole de Jésus à
l'égard de ses disciples maintenant dispersés: «Si ceux-ci se taisent, les pierres mêmes crieront», Luc 19:40.
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