Page 70 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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même, tandis qu'Ananias, témoin peut-être des merveilles de la Pentecôte, et dans tous les cas, témoin
des merveilles de l'amour fraternel, paraît avoir joui lui-même un certain temps de la lumière divine: il a
trompé les autres sans s'être trompé lui-même.
2.
Le mensonge d'Ananias ne fut pas un simple mensonge, ce fut une tromperie dans les choses
religieuses; il voulut servir Dieu et Mammon, jouir de la considération des chrétiens et des délices du
péché, se faire des amis avec ses richesses iniques en conservant ces richesses dont il affectait de faire
l'entier sacrifice; il feignit la piété, et si tout mensonge est un crime, celui qui ment au Saint-Esprit commet
le plus grand des crimes; les tartufes débordent la mesure, ce sont des monstres qui étalent sur le devant
de leur boutique les choses de Dieu pour gagner et pour s'enrichir; les vendeurs et les changeurs furent
chassés du temple par Jésus parce qu'ils se logeaient dans la maison de Dieu pour faire leur commerce;
mais il n'est point de fouet à cordelettes assez fort pour réprimer ceux qui vendent les choses saintes elles-
mêmes, et l'encensoir et la manne. Le Saint-Esprit voyait d'avance tous ceux qui viendraient couverts du
masque de la religion pour voiler les noirceurs de leur cœur et de leur conduite, et il a voulu les effrayer
par le sort de ce premier trompeur.
3.
Si la ruse d'Ananias eût réussi, et qu'elle eût été découverte plus tard, ce fait seul eût suffi pour
saper, et avec raison, toute l'autorité des apôtres: un infidèle se glissant dans l'Église primitive, et se
faisant honorer par ses crimes, sans que les apôtres découvrissent la supercherie, eût fait douter que
l'esprit d'en haut habitât en eux véritablement.
4.
Enfin, remarquons que si le précepte de saint Paul, Éphésiens 4:25: «Parlez en vérité chacun avec
son prochain, car nous sommes les membres les uns des autres», devait jamais avoir une actualité vivante
et forte, c'était bien à cette époque de réveil, où la multitude de ceux qui croyaient n'étaient qu'un cœur et
qu'une âme, Actes 4:32, où tous par conséquent étaient les membres les uns des autres; une même sève de
vérité jeune et vigoureuse, devait circuler de l'un à l'autre sans être altérée, et l'on pouvait regarder
comme mort et corrompu tout membre qui ne transmettait pas à ceux qui {'entouraient la droiture et la
pureté: l'Église devait le retrancher comme tel, et le Saint-Esprit a dû retrancher Ananias, parce que celui-
ci, par le fait seul de son mensonge, montrait qu'il n'appartenait pas au corps des fidèles dont Christ est le
chef.
5.
La mort subite d'Ananias et de Saphira devait servir d'exemple, comme leur péché avait été une
provocation; le châtiment devait contrebalancer les effets de la chute. Ces deux coupables furent punis en
quelque sorte pour le public, plutôt que pour eux-mêmes; et nous ne pouvons pas savoir s'ils ont trouvé
grâce devant le Seigneur, ou s'ils sont morts sous la condamnation divine. Si leur foi était réelle, ce n'est
pas parce qu'ils sont morts en état de chute qu'ils auront été condamnés; si leur foi était fausse, leur
condamnation a été prononcée dans le ciel, non à cause de leur tromperie, mais à cause de leur manque
de foi. La chute n'a été punie que d'une mort soudaine et prématurée.
2.
Disciple de Jésus-Christ, Actes 9:10-18. Peut-être l'un des soixante et dix évangélistes. Il prêchait
l'Évangile à Damas, lorsqu'une nuit il fut appelé par une vision à se rendre auprès du fameux Saul de
Tarse, trop célèbre alors par les persécutions qu'il exerçait contre les chrétiens. Ananias résista d'abord; il
savait quels projets amenaient à Damas le disciple de Gamaliel, et les indications de l'ange étaient trop
précises pour qu'il pût douter que celui qu'il devait visiter ne fût le même que l'ennemi furieux de l'Église
primitive. Mais le Seigneur le rassure et lui annonce les brillantes destinées de Saul. Ananias part donc
humble et confiant; il trouve Saul, évite de lui rappeler son égarement, lui donne le titre de frère, et a
l'honneur de consacrer le premier, par l'imposition des mains, Paul l'apôtre des gentils et le grand
missionnaire. Longtemps après, saint Paul, parlant de cette entrevue solennelle, montre qu'il en avait
conservé un souvenir bien vivant, et il appelle Ananias un homme qui craignait Dieu selon la loi, et qui
avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là, Actes 22:12.
3.
Ananias, Actes 23:2; 24:1. Souverain sacrificateur, d'un caractère altier, susceptible et remuant,
était, d'après Flavius Josèphe, fils de Nébédée. Il succéda, vers l'an 48 de Jésus-Christ, à Joseph fils de
Kamyde, dans les fonctions pontificales. Quadrants, gouverneur de Syrie, ayant réussi à étouffer les
troubles excités en Judée par les Juifs et les Samaritains, envoya cet Ananias à Rome, pour y rendre
compte de la conduite qu'il avait tenue aux milieu de ces désordres. Il parvint à se justifier entièrement, et
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