— Comme ces ânes blancs sont plus rares et plus beaux que les autres, il n'y a que les grands et les riches
qui puissent s'en procurer, et ces animaux sont, par là même, devenus une marque de distinction pour
ceux qui les montent.
De tout temps, les ânes ont été fort estimés en Orient; et autrefois on leur donnait, surtout aux ânesses,
autant de soins que les Arabes en donnent maintenant à leurs nobles chevaux. Ils composaient en grande
partie la richesse des patriarches, Genèse 12:46; 22:3; 24:35; Exode 4:20; Nombres 22:21; Josué 9:4; Juges
5:40; 12:14; 2 Samuel 16:2; 1 Rois 13:13; Néhémie 7:69; Job 1:3, etc., etc.; et l'on comprend que les ânesses
surtout dussent être d'un grand prix pour des peuples nomades. Comme l'élève des chevaux était
presque nulle en Palestine, les Israélites se servaient d'ânes pour transporter leurs effets, tourner la meule
ou traîner la charrue, cf. Deutéronome 22:10; Exode 23:12; Ésaïe 30:24; on les montait aussi comme nous
montons les chevaux, Genèse 22:3,5; Exode 4:20, et les riches, comme on l'a vu, préféraient les ânesses, les
ânes blancs ou les ânons, coutume qui s'est conservée jusqu'à nos jours. On bride l'animal, Nombres
22:21; Juges 19:10; on lui jette une couverture ou des habits sur le dos en guise de selle, Matthieu 21:7, et le
conducteur marche à côté ou par derrière, Juges 19:3; 2 Rois 4:24.
Quand les chevaux commencèrent à être introduits en Israël, on s'en servit principalement pour la guerre
et comme montures, et les ânes cessèrent d'être un objet de luxe; en sorte que la prophétie de Zacharie 9:9,
que notre Seigneur ferait son entrée à Jérusalem monté sur un ânon, tout en étant conforme aux idées
théocratiques des anciens temps, n'emportait plus l'idée de grandeur, mais celle de paix; et l'entrée de
notre Seigneur dans cette métropole du vrai culte annonçait le triomphe de la paix. Christ allait
accomplir, à cet égard, les anciennes prophéties messianiques, cf. Ésaïe 62:11; Zacharie 9:9; et l'épithète de
débonnaire qui lui est donnée, doit être comprise dans ce sens.
Il paraîtrait, d'après 2 Rois 7:7, qu'à la guerre on ne chargeait ordinairement que le bagage sur les ânes;
toutefois, dans la description prophétique de l'armée de Cyrus, roi des Perses, Ésaïe 21:7, il est question
d'une cavalerie montée de ces animaux. Strabon, de même, assure que les Caramaniens, peuple soumis
aux Perses, se servaient d'ânes pour leur cavalerie, et Hérodote nous raconte que, dans une bataille contre
les Scythes, Darius, fils d'Hystaspe, n'avait pas d'autre monture pour ses cavaliers. Les historiens
rapportent encore que, huit siècles après Jésus-Christ, un calife possédait une cavalerie montée d'ânes, et
que ces animaux étaient si courageux, que depuis cette époque le mot a passé en proverbe chez les
Arabes: «Âne de guerre ne fuit pas».
— Voir: d'Herbelot.
On croit que la défense, Deutéronome 22:10, d'atteler un âne et un bœuf ensemble à la charrue, de même
que plusieurs lois du même genre, était une loi purement symbolique, soit qu'elle eût pour but de
rappeler aux Israélites de se garder toujours de toute alliance inconvenante, tant en religion qu'en
politique, cf. 2 Corinthiens 6:14, soit qu'elle dût leur apprendre l'humanité, même à l'égard des animaux,
soit enfin qu'elle fût destinée à les préserver de certaines pratiques superstitieuses en usage chez les
païens, et qui n'étaient pas sans rapport avec ces sortes d'alliances.
— Voir: Accouplements.
Quant à l'ânesse de Balaam, à laquelle le Seigneur ouvrit la bouche, Nombres 22:28.
— Voir: Balaam.
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