dans ces deux dernières classes, Moïse distingue encore les animaux qui ruminent et ceux qui ne
ruminent pas. Les animaux qui vivent dans l'eau sont divisés en deux classes, ceux qui ont des nageoires
et des écailles, comme les poissons, et ceux qui n'en ont pas. Parmi les reptiles, ce législateur distingue
ceux qui ont à la fois des ailes et quatre pieds, de ceux qui n'ont point d'ailes et qui rampent ou marchent
sur quatre pieds ou davantage encore. C'est sur ces divisions que se fonde la distinction en animaux purs
et animaux impurs, c'est-à-dire en animaux que l'usage transmis par les patriarches, et la loi de Moïse,
permettaient ou interdisaient de manger. Lévitique 11.
Presque tous les animaux désignés comme purs, et quelques-uns de ceux qui sont déclarés impurs, nous
sont connus; mais jusqu'à nos jours les savants ne sont pas encore parvenus à déterminer exactement et
avec certitude quels sont les autres animaux impurs nommés dans la loi de Moïse. Il est évident, du reste,
que cette distinction n'est pas arbitraire; elle existait déjà du temps de Noé, Genèse 7:2; 8:20, et date peut-
être de la création même, ou plutôt de la chute. Cependant il ne faut pas croire que les animaux déclarés
impurs fussent, pour cette seule raison, détestés, craints ou bannis du pays: leur chair seule était
défendue, mais les Israélites s'en servaient pour d'autres usages. Ils possédaient des ânes, des chameaux,
ainsi que plusieurs autres animaux de cette classe, et les estimaient pour leur utilité de tous les jours.
Nous remarquons même que le lion et l'aigle, qui étaient des animaux impurs, entraient dans la
composition des chérubins, Ézéchiel 1:10; Apocalypse 4:7. Les Israélites éprouvaient cependant, à l'égard
du plus grand nombre de ces animaux, la même aversion naturelle à l'homme, que nous ressentons
également à leur vue, quoique ce ne soient plus des motifs religieux qui nous l'inspirent.
Le Lévitique, au chapitre cité, indique les marques auxquelles on pouvait reconnaître et distinguer les
animaux purs des animaux impurs, et ces caractères extérieurs sont si simples et si appropriés au but que
se proposait le législateur, que les hommes les moins instruits du peuple pouvaient les reconnaître et les
retenir; nos savants même ont été forcés d'admirer la simplicité, l'exactitude et la justesse de ce système
mosaïque. Mais le législateur se tait sur les raisons qui l'ont guidé dans la distinction qu'il a faite entre ces
animaux: le Seigneur l'avait prescrite, et cela devait suffire. Cependant, comme on doit admettre que Dieu
avait certainement de bonnes raisons fondées sur la nature des objets en question, et sur les circonstances
dans lesquelles les Juifs se trouvaient, les savants de tous les temps se sont donné beaucoup de peine
pour découvrir ces motifs, et nous les trouvons dans les considérations suivantes:
1.
Il est écrit, Lévitique 20:25-26: «Séparez la bête nette de la souillée, et ne rendez point
abominables vos personnes, en mangeant des bêtes et des oiseaux immondes... ni rien de ce que je vous ai
défendu comme une chose immonde; vous me serez donc saints, car je suis saint, moi l'Éternel, et je vous
ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi»; cf. Deutéronome 4:2-3,20. La pureté spirituelle et
morale à laquelle les Juifs étaient appelés, devait être exprimée et représentée par toutes leurs actions
jusque dans celles de la vie ordinaire: l'extérieur devenait ainsi comme l'emblème et le signe de la vie
intérieure, Lévitique 11:43-44. En habituant les Juifs à distinguer entre ce qui est pur et ce qui ne l'est pas,
et à ne servir leur Dieu qu'avec des objets purs, ils se pénétraient d'amour pour la pureté et d'horreur
pour l'impureté, aussi bien pour les choses spirituelles que pour les objets matériels. Aucun des dieux
innombrables des païens n'exigeait la pureté et la sainteté: bien souvent, au contraire, leur service
consistait dans des rites et des sacrifices moralement et physiquement impurs, qui ne répondaient que
trop bien aux attributs de ces divinités, tandis que chez les Juifs le service du Dieu saint était une
éducation continuelle qui devait élever l'âme et la remplir de sentiments nobles, saints et purs; cf. Ésaïe
65:3-4; 66:17.
2.
La distinction dont nous parlons était en outre le moyen le plus efficace de séparer le peuple de
Dieu des nations environnantes; elle empêchait toute communion religieuse, et par là tout rapport
familier avec les païens; car rien ne contribue tant à rendre les hommes intimes les uns avec les autres
qu'une même religion, les mêmes cérémonies, et des festins en commun; et la table des païens eût été un
filet continuel tendu sous les pas des Hébreux.
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