— Voir: Psaumes 69:22.
Cette distinction servait même à créer une certaine aversion mutuelle entre les Juifs et les païens,
puisqu'elle faisait abhorrer aux uns ce qui, pour les autres, était un objet de vénération ou de jouissance,
et obligeait les premiers à s'unir plus étroitement entre eux. Lorsque, par exemple, les fils de Jacob furent
descendus en Égypte, Pharaon leur assigna une contrée à part, et comme en dehors de l'Égypte
proprement dite. Il arrivait aussi que les Israélites et les Égyptiens ne pouvaient manger ensemble, s'ils ne
voulaient se souiller les uns et les autres; car les uns s'occupaient et se nourrissaient de choses qui étaient
presque invariablement réputées impures chez les autres. Genèse 43:32; 46:34.
3.
De plus, nous voyons par la loi elle-même que Moïse avait aussi des motifs d'hygiène publique et
privée: il importait, en effet, beaucoup à un bon législateur de veiller à la santé du peuple, surtout dans
un pays aussi chaud que la Palestine, où le climat développe les germes de maladie avec une telle
rapidité, qu'il leur fait prendre facilement un caractère épidémique, ou les rend presque inguérissables.
En s'abstenant ainsi de tout aliment qui prédisposait au moins à certaines maladies s'il ne les produisait
pas lui-même, les Juifs non seulement n'engendraient pas ces maladies, mais ils se préservaient encore
des maux épidémiques contagieux qui auraient pu se développer chez les peuples voisins.
4.
Nous trouvons un dernier motif à ces distinctions dans l'influence incontestable que la nourriture
exerce sur le tempérament et les facultés intellectuelles de l'homme. On a observé de tout temps que
certains aliments développent ou émoussent telles ou telles facultés, morales ou spirituelles, qu'ils
rendent l'homme dur, sanguinaire, stupide, ou doux, léger, bienveillant, intelligent. Or, comme les Juifs
devaient être un peuple religieux et moral, pur, propre à être guidé par l'influence de l'Esprit de Dieu et à
recevoir ses révélations, il fallait bien leur interdire, entre autres choses, toute nourriture qui aurait
favorisé et fortifié en eux des dispositions contraires. Il est évident que la nourriture, et en général la
manière de vivre, rendent l'homme plus ou moins propre à servir d'organe à l'Esprit-Saint. Les
observances du nazaréat sont tout entières fondées sur ce principe. L'Église chrétienne même, pour
laquelle cette distinction détaillée entre aliments purs et impurs n'existe plus, Actes 10:10; sq., a
néanmoins toujours senti et reconnu la même vérité; c'est ce que les règles des anciens ordres
monastiques, des anachorètes, et bien d'autres témoignages, suffisent amplement à prouver.
— La chair de toute une série d'animaux, depuis les plus parfaits jusqu'aux plus imparfaits, contient une
matière toute particulière, très acre et peut-être vénéneuse, qui en rend l'usage, comme nourriture, très
désagréable, et qui répugne à la nature humaine: ce sont précisément ceux-là qui sont déclarés impurs
par la Bible. La constitution intérieure de ces animaux correspond à cette propriété de leur chair; leur
système ganglionnaire paraît plus développé que celui des autres; ceux en particulier que la loi mosaïque
déclarait impurs étaient regardés par les Égyptiens et par d'autres peuples païens comme divinatoires
(μαντυιά), tels que les chevaux et les chiens, par exemple. (Origène contre Celse, 4). Les Juifs croyaient
que l'organisme intérieur de ces animaux les rendait particulièrement propres à subir l'influence des
démons; cf. Matthieu 8:31-32, et ailleurs.
Ces lois sur les bêtes pures ou immondes n'étaient pas des préceptes de religion de l'observation desquels
dépendît le salut des âmes, et leur transgression ne constituait pas un péché proprement dit, mais une
souillure légale: les étrangers qui séjournaient parmi les Israélites n'étaient pas même tenus de les
observer. Le concile des apôtres, Actes 15:29, n'interdit aux fidèles que les choses sacrifiées aux idoles, le
sang et les bêtes étouffées: pour tout le reste, l'Église donne liberté plénière de manger ou de ne pas
manger, pourvu que l'on rende grâces à Dieu, avec reconnaissance, dans un cas et dans l'autre. La vision
de saint Pierre, Actes 10, dans laquelle des animaux impurs sont déclarés purs sous la nouvelle
dispensation de Christ, est expliquée par cet apôtre lui-même, verset 28: «Dieu, dit-il, m'a montré que je
ne devais plus estimer aucun homme être impur ou souillé»; les animaux immondes qu'il avait vus dans
la vision représentaient les païens de toutes les nations.
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ANNE.
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