Page 82 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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sorte qu'elle produirait pour trois années, Lévitique 25:21. Durant cette septième année, le livre de la loi
devait être lu publiquement devant tout Israël, d'après un commandement exprès de Dieu.
La loi sabbatique fut probablement observée au temps de Josué et des anciens qui lui survécurent; puis
Israël se révolta contre l'Éternel pour servir Bahal, et comme il n'en est plus fait mention postérieurement,
la fêle de la septième année ne fut probablement plus considérée que comme une division de temps, et
comme une institution civile. Cette négligence, et le mépris de cette loi, fut l'une des causes de la captivité
des soixante et dix années, 2 Chroniques 36:21.
Dans quel but Moïse a-t-il pu donner une loi si contraire en apparence au dessein qu'il s'était proposé
d'arracher les Hébreux à leur vie nomade, et d'en faire un peuple d'agriculteurs? Cette loi ne devait-elle
pas d'ailleurs, sous un point de vue tout à fait matériel, fausser les notions agricoles des Hébreux, et nuire
au sol plutôt que de lui profiter? Remarquons à cet égard que, si chez nous un an de paresse pour la terre
est comme un an de paresse pour l'homme et pour ses facultés intellectuelles, c'est-à-dire un temps de
détérioration, nous ne devons pas juger du climat et du sol oriental d'après ce que l'un et l'autre sont chez
nous. Plus vigoureuse et plus féconde, la vigne de la Palestine pouvait mieux supporter une année de
repos et de mauvaise taille; et les champs autrement travaillés que les nôtres, plus fertiles, plus chauds, et
peut-être mieux entretenus dans la sixième année, pouvaient conserver pour l'année sabbatique une force
naturelle qui les fit travailler même sans le concours de la charrue et des engrais. D'ailleurs l'Éternel avait
promis sa bénédiction pour cette année qui devenait la sienne, et ceux qui se confient en l'Éternel
connaissent la valeur d'une semblable promesse. On peut croire aussi que cette loi servait de transition
entre la vie précédente nomade, et la vie future des Hébreux; ce devait être pour eux comme un point de
répit au milieu des rudes travaux de l'agriculture, qui les eussent effrayés sans l'espérance de cet otium
dulce. Mais plus tard, accoutumés à ce nouveau genre de vie, ils voulurent l'utiliser tout entier, et
négligèrent l'année de l'Éternel et des pauvres. De plus, en annonçant aux riches une année sans revenu,
la loi les excitait au travail, à la prévoyance, à l'économie, tout comme elle y poussait les pauvres eux-
mêmes, en leur donnant cette richesse passagère qu'ils devaient être jaloux de faire durer pendant les
années qui devaient s'écouler jusqu'à la prochaine jachère septennale. Enfin, un dernier motif de cette loi,
et qui certes n'était pas le moindre en importance comme en actualité: elle tendait à conserver au milieu
des Hébreux le souvenir de la création et à augmenter leur respect pour l'institution d'un jour de repos au
milieu d'eux. Aucun doute ne peut s'élever à cet égard, et l'on ne saurait méconnaître l'intention du
législateur de rappeler encore au peuple, trop oublieux de ses devoirs, la nécessité d'observer le jour
solennel du Créateur pour le sanctifier. Frappés par une loi de repos qui revenait de diverses manières et
qui se présentait sous diverses formes, les Hébreux devaient y être rendus plus attentifs que si le sabbat
leur eût été ordonné seul, isolé, sans dispositions analogues dans les autres parties de la loi générale du
pays.
Cette dernière observation s'applique également à la loi de l'année du jubilé; elle venait tous les cinquante
ans, après sept années de sabbat, et indiquait ainsi comme la clôture d'une semaine sabbatique, Lévitique
25:8-10. Le mot de jubilé, auquel on a donné diverses étymologies, vient probablement de Jobel qui
signifie le son d'une trompette, parce que c'était au son de cet instrument que le soir du jour des
expiations on annonçait l'approche de l'année jubilaire; quelques rabbins prétendent même que chaque.
Israélite était obligé de sonner la trompette par neuf fois. Dès le moment où le bruit de l'airain sonore se
répandait sur la surface du pays, les dettes étaient remises, les esclaves hébreux recouvraient leur liberté,
les terres sorties des familles, par ventes ou par échanges, retournaient à leurs anciens possesseurs ou à
leurs héritiers. C'était l'année des privilèges et de la liberté, l'année du pauvre et de l'esclave; c'était aussi
par excellence l'année de la nation juive, celle dans laquelle toutes choses rentraient dans l'état normal
primitif, et où les propriétés reprenaient le nom de leur premier maître.
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