Page 90 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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de connaître les questions auxquelles on ne peut pas répondre. À force de chercher, d'ailleurs, on finit par
trouver, et, selon la remarque de Newton, il n'est pas un interprète qui n'ait fait faire un pas à cette
science de la prophétie.
Ajoutons que, s'il y a dans l'Apocalypse des profondeurs insondables, il s'y trouve aussi des passages
dont l'intelligence est facile: «Un lecteur ordinaire, dit le docteur Lowth, peut trouver une grande
édification dans les hymnes magnifiques chantées à Dieu et à Jésus-Christ; il peut découvrir dans ce livre
plusieurs vérités importantes, telles que l'adoration d'un Dieu suprême en opposition au culte des
créatures, la foi dans les mérites de Jésus-Christ pour obtenir uniquement de lui le pardon, la
sanctification et le salut; la patience et la vigilance avec laquelle nous devons attendre l'avènement de
Jésus-Christ et de son règne, en professant avec fermeté la vraie foi, et en pratiquant la sainteté, quels que
soient les obstacles qu'il faille surmonter, etc., etc.» Un autre théologien, qui ne saurait être accusé d'un
grand enthousiasme pour l'Apocalypse, le docteur Lücke, dans sa préface à cet ouvrage, s'exprime ainsi:
«Le théologien qui admet la canonicité de l'Apocalypse n'est plus libre de l'employer ou de ne pas
l'employer pour la construction systématique d'une dogmatique chrétienne, ou pour l'édification
populaire d'une paroisse. Si ce livre est reconnu canonique, il est tout aussi nécessaire de le méditer dans
le culte public que de l'exposer dans des leçons ou dans des commentaires.»
La grande difficulté que l'on rencontre dans l'étude de ce livre provient de ce que, depuis longtemps déjà,
l'on a pris l'habitude d'y chercher des prophéties relatives à l'histoire passée de l'Église, et par conséquent
d'en regarder une bonne partie du moins comme étant déjà accomplie; on y a vu toutes les persécutions
de l'Église: Néron, Julien, les mahométans, les guerres des Sarrasins, la papauté, les Albigeois, le
protestantisme, les missions, Napoléon, etc. Il n'est dès lors pas surprenant que chacun se contentant de
vagues allusions, y trouve, comme dans les nuages, des ressemblances avec l'objet qui le préoccupe. Si ces
oracles étaient accomplis, il n'y aurait sur leur signification ni doute, ni hésitation, ni divergence. Ce qui
importe donc, lorsqu'on lit ce livre, c'est d'y chercher les destinées futures, finales de;l'Église, l'histoire de
la grande lutte qui doit précéder immédiatement la seconde venue du Sauveur. Il importe également de
s'en tenir, autant que faire se peut, au sens littéral (les emblèmes et les symboles ne sauraient être
assujettis à cette règle). La méthode symbolique ne provient que du besoin de se donner plus d'aisance et
de liberté dans l'interprétation des prophètes afin de pouvoir les rapporter aux temps passés, au gré de
ses caprices et de son imagination; elle est fatale aux interprètes comme à la vérité elle-même.
Au milieu de la foule de livres et d'opuscules qui ont traité de l'Apocalypse, commentaires, brochures,
etc., nous ne mentionnerons en français que Basset, (3 vol.) diffus et peu sobre; Vivien, d'un usage facile,
mais un peu trop sûr de son fait; Barbey, faible exégète, plus scripturaire en apparence qu'en réalité,
consciencieux et quelquefois intéressant; les Pensées de W, B. Newton sur l'Apocalypse (traduit de
l'anglais), grave et sage, mais trop absolu, et quelquefois exagéré quant à la notion d'Église; puis une
quantité de brochures sur des points spéciaux, publiées à Genève, chez Kaufmann, et appartenant
presque toutes à l'école de Plymouth; Digby, Burgh, Hartley, Cumming, Elliott en anglais. En Allemagne,
on a sur ce sujet peu d'ouvrages de valeur; on annonce un commentaire de Hengstenberg.
Ce livre, dit Digby, se trouve en germe dans les prophéties de Daniel, lesquelles renferment une histoire
anticipée de l'Église de Dieu dans son assujettissement aux puissances de ce monde, qui y sont
représentées par quatre bêtes. Cette histoire comprend tous les temps qui devaient s'écouler depuis la fin
de la théocratie juive jusqu'au jour glorieux où le Fils de l'Homme viendra pour rétablir le royaume
d'Israël.
La période de la domination funeste de ces bêtes forme une grande semaine d'années prophétiques, dont
les sept années (temps) de la démence de Nébucadnetsar sont peut-être un symbole, laquelle commence
avec la chute de Samarie et la déportation des dix tribus par le roi d'Assyrie, et s'étend jusqu'au
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