Page 903 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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comment Dieu châtie aussi d'une manière terrible les péchés de son peuple (25,). Un dénombrement de la
nouvelle génération qui allait entrer en possession du pays de Canaan, devait naturellement avoir lieu, et
se trouve ici à sa place (26,). Il fallait raconter encore comment, dans la prévision de la prochaine mort de
Moïse, Josué fut désigné et consacré comme son successeur (27,). Les trois chapitres qui suivent (28-30,),
sont consacrés à l'exposé général de tout ce qui concernait les sacrifices et les vœux, parce que le moment
approchait où, étant entrés en possession de la terre promise, les Israélites pourraient s'acquitter de ces
obligations, là beaucoup plus complètement qu'ils n'avaient pu le faire dans le désert. Le chapitre 31
rapporte comment le châtiment que les Madianites méritaient à cause de leurs tentatives de séduction, fut
exécuté; le chapitre 32, comment le pays déjà conquis en deçà du Jourdain, fut partagé entre les tribus de
Gad, Ruben, et la moitié de Manassé. Le livre des Nombres se termine par une énumération sommaire
des principales stations du voyage, et quelques ordres relatifs aux frontières et au partage du pays de
Canaan dans lequel on allait entrer (33-36,).
Section VII.
— L'ouvrage de Moïse aurait été évidemment incomplet, s'il ne nous avait pas conservé le souvenir des
derniers efforts qu'il fit pour le bien spirituel des Israélites, dans ce moment solennel où ils allaient, après
leur long pèlerinage, voir se réaliser enfin les promesses faites à leurs pères. C'est aussi là le but et l'objet
du Deutéronome.
Les quatre premiers chapitres sont une sorte d'introduction, et renferment un discours dans lequel Moïse
récapitule l'histoire des quarante dernières années, en déduisant des enseignements et des applications
pour la conduite future du peuple. Nous voyons ensuite, c'est là le noyau du livre, comment Moïse
rappelle les lois déjà données précédemment au pied du Sinaï, insistant sur leur observation, avec de
nouveaux motifs empruntés à l'histoire et aux circonstances, les appliquant toutes directement au séjour
en Canaan, quelquefois les développant, et ajoutant de nouvelles directions, ainsi celles des chapitres 13
et 18 sur la prophétie qui devait continuer l'œuvre de la révélation, et celles du chapitre 17 sur le
gouvernement monarchique dont il fallait prévoir la possibilité (5-27,). Les trois chapitres suivants
contiennent les dernières et touchantes exhortations du législateur, dans lesquelles, pénétré de l'esprit
prophétique, il découvre au peuple, d'un côté les bénédictions, de l'autre les terribles jugements qui lui
sont réservés dans l'avenir (28-30,). On sent que la fin de Moïse approche toujours plus; au chapitre 31, il
nous raconte comment il transmit solennellement son office à son successeur Josué, et remit le livre de la
loi entre les mains des prêtres. Le chapitre 32 nous conserve le magnifique cantique dans lequel il
prophétise la chute et le rétablissement final de son peuple, et dans le chapitre 33, nous lisons les
bénédictions qu'il prononça sur les douze tribus.
Section VIII.
— Le chapitre 34 est un appendice écrit par une main étrangère, probablement par Josué, et complète les
longs mémoires de la vie de Moïse, par le récit succinct de sa mort.
Les adversaires de la révélation, reconnaissant bien que le Pentateuque était la pierre angulaire de la
Bible, ont mis tout en œuvre pour l'ébranler. Hobbes et Spinosa avaient déjà dirigé contre lui quelques
attaques partielles; ces attaques devinrent toujours plus hardies vers la fin du siècle dernier. On trouva
que le moyen le plus simple était d'en contester l'authenticité; c'est ce que firent Bauer, Paulus, Berchtold,
encore avec une certaine modération, et en laissant subsister, comme authentiques, quelques fragments
assez considérables, jusqu'à ce qu'enfin De Wette et de Bohlen prirent le parti de tout contester à Moïse, et
d'attribuer la composition du Pentateuque à un auteur d'une époque beaucoup postérieure. L'authenticité
du Pentateuque a été, en revanche, défendue par Jahn, Rancke, et surtout d'une manière victorieuse par le
docteur Hengstenberg (Beytræge zur Einleitung in das. A. T.), et par Hævernick (Einleit, in das. A. T.). Vu
la grande importance de cette controverse, qui n'est, pour ainsi dire, pas connue en France, nous donnons
le résumé des principaux arguments pour et contre.
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