L'authenticité s'établit par les raisons suivantes:
1.
Moïse se donne lui-même clairement comme l'auteur de ces livres. Cela est évident d'abord quant
à certaines parties de l'ouvrage, Exode 34:27; Nombres 33:2; Deutéronome 31:22; mais il y a, comme nous
l'avons montré, une liaison si étroite, si intime, entre toutes ses parties, que de ces passages on peut
conclure plus loin. Le passage, Exode 17:14, où il est question du livre, est, aussi à remarquer.
2.
Le contenu du Pentateuque ne peut s'expliquer qu'en admettant que Moïse en est l'auteur. En
effet, l'auteur montre une si exacte connaissance de l'Égypte, de son sol, de ses mœurs, qu'il faut supposer
qu'il y a fait un séjour plus ou moins long, comme c'était le cas pour Moïse. La vérité du Pentateuque,
sous ce rapport, a été mise dans tout son jour par les découvertes de Champollion.
— On voit que l'auteur connaissait à fond l'histoire des douze tribus Israélites, et qui était mieux placé
pour cela que Moïse?
— Il y a tellement d'allusions au voyage dans le désert, tout est tellement basé sur les circonstances de ce
temps-là, qu'il est impossible d'attribuer la composition de ce livre à une époque postérieure.
3.
Le Pentateuque est attribué à Moïse par tous les autres livres de l'Ancien Testament. Ici, nous
pouvons alléguer d'abord un grand nombre de passages directs, ainsi Josué 1:7; 8:31; 23:6; 2 Rois 14:6; 2
Chroniques 23:18, etc. Quant aux citations d'Esdras et Néhémie, nous pouvons nous dispenser de les
énumérer, parce que les adversaires nous accordent que le Pentateuque existait de leur temps. Mais il
sera facile de remarquer que tout, dans les livres postérieurs, lois, usages, jugements moraux, etc., est
basé sur le Pentateuque; sans le Pentateuque, toute l'histoire d'Israël est inexplicable.
4.
Notre Seigneur et les Apôtres attribuent le Pentateuque à Moïse d'une manière si claire, que l'on
ne peut plus attaquer l'authenticité de ce livre, sans porter atteinte à leur autorité et à leur infaillibilité.
Voyez, par exemple, Matthieu 19:8; Jean 3:45-46, etc. Contre l'authenticité, l'on allègue:
1.
Que du temps de Moïse les Hébreux ne connaissaient pas l'écriture. Mais ne pouvaient-ils pas
l'avoir empruntée, comme d'autres connaissances, aux Égyptiens ou à quelque peuplade sémitique? Des
passages prouvent que cet art (— Voir: Écriture) était non seulement connu du temps de Moïse, mais qu'il
avait passé dans la vie ordinaire, Deutéronome 6:9; 11:20; le passage Deutéronome 24:1, où il est question
des lettres de divorce, l'existence d'une classe d'employés appelés sopherim, espèce de scribes, etc.
2.
Un trouve que la langue du Pentateuque a trop de rapports avec celle des livres postérieurs. Mais
observons que cette immutabilité de la langue s'explique d'abord par la structure des langues sémitiques,
si différente de celles de l'Occident; puis, par cette circonstance que les Hébreux restèrent, beaucoup plus
que d'autres peuples, à l'abri des influences étrangères. D'ailleurs, l'assertion même n'a pas toute la force
qu'on lui suppose, témoin le nombre assez grand d'archaïsmes que l'on peut observer; ainsi le mot kèseb
(pour agneau), ainsi l'expression: «être recueilli vers ses pères», et beaucoup d'autres encore, de même
que certaines formes de langage, ne se trouvent que dans le Pentateuque (— Voir: la Grammaire
d'Ewald).
3.
On a prétendu trouver, dans beaucoup de passages, des traces d'une époque postérieure; mais
quand on y regarde de près, cet argument s'écroule aussi. Nous en citerons quelques exemples: on a dit
qu'en nommant la ville de Dan, Genèse 14:14, l'auteur postérieur se trahit, puisque cet endroit ne reçut le
nom de Dan que lors de la circonstance mentionnée Juges 18:29; maison n'a pas fait attention qu'il existait
une seconde ville de Dan à peu près dans la même contrée, comme on peut le conclure de 2 Samuel 24:6,
où l'une des deux villes est appelée Dan-Jahan, pour la distinguer de l'autre.
— On s'est étonné de trouver, Exode 23:19, l'expression: «maison de l'Éternel», qui semble faire allusion
au temple de Jérusalem; mais ne peut-elle pas s'appliquer tout aussi bien au tabernacle qui allait se
construire?
— On a encore allégué que le chapitre 17 du Deutéronome ne peut pas avoir existé du temps du prophète
Samuel, puisqu'il déclare la royauté inconciliable avec la théocratie; mais il faut remarquer que la
polémique de Samuel ne se dirige point contre le gouvernement monarchique en général, mais contre son
introduction dans les circonstances d'alors, et les dispositions qui le faisaient désirer, etc.
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