Page 910 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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dans la Perse et jusqu'au centre de cette province. La contrée maritime a des plaines marécageuses et
stériles où il règne des vents impétueux, une chaleur excessive et des exhalaisons malsaines. Entre le nord
et le milieu du pays, de hautes et rocheuses montagnes portent des neiges éternelles; le climat est dur, la
terre stérile; on n'y trouve que des bergers, des nomades, des voyageurs, et des brigands. Des lacs et des
rivières arrosent et fertilisent les plaines et les vallées de la Perse centrale, qui nourrissent beaucoup de
bétail, principalement des chameaux.
C'étaient les habitants de cette province qui portaient plus spécialement le nom de Perses; ils étaient
parents des Mèdes et se divisaient en plusieurs hordes ou tribus dont trois passaient pour nobles, les
Pasargades, les Maraphiens et les Maspiens; seules elles recevaient une certaine culture, les autres
labouraient les terres, gardaient les troupeaux, ou étaient confinées dans les montagnes, sauvages et sans
instruction. La famille royale, et Cyrus en particulier, appartenait aux Achéménides, la famille la plus
noble des Pasargades.
La langue perse était proche parente de la langue zend parlée dans la Médie supérieure, laquelle, à son
tour, tirait ses racines du sanscrit; elle différait complètement des langues sémitiques. Nous ne pouvons
entrer ici dans l'examen des rapports qui ont été remarqués entre le persan, le sanscrit et l'allemand, soit
quant aux mots, soit quant aux constructions et à la syntaxe; on trouvera sur ce sujet les indications qu'on
pourra désirer, dans l'ouvrage allemand de Wahl, Histoire des langues et de la littérature orientale, p.
129, et suivant.
La constitution politique de la monarchie perse, comme état indépendant, ressemblait à celle de la Médie,
et en général de tous les anciens royaumes de l'Asie. La Perse a eu des rois dès les anciens temps; ils
s'intitulaient eux-mêmes rois des rois, et vivaient inabordables pour leurs sujets dans des palais
magnifiques et solidement construits, le printemps à Ecbatane, l'été à Susan, Néhémie 1:1; Daniel 8:2;
Esther 1:2,5, etc., l'hiver à Babylone, q.v. Ils avaient un harem nombreux et bien choisi, placé sous la
surveillance d'eunuques, Esther 2:11, une femme principale ou sultane, qui pouvait quelquefois exercer
une certaine influence sur les affaires publiques, Esther 7, Néhémie 2:6, une riche et brillante collection de
courtisans, et un échanson, Néhémie 2:1. Leur table était naturellement abondante et recherchée, Esther
1:5, et les provinces du royaume, devaient tour à tour pourvoir à son entretien, Hérodote 1, 192; cf. 1 Rois
4:27. Le mode de gouvernement était éminemment despotique; la volonté du monarque était la loi
suprême, sa parole était un jugement en dernière instance. S'il y avait quelquefois conseil tenu entre le roi
et ses ministres ou ses courtisans, ce n'était;que dans des circonstances extrêmement graves, et pendant
ou après un repas, Esther 1:10-19; 5:5; 7:2. Une mesure qui avait été érigée en édit avec le sceau du roi, sa
signature et son nom, était réputée irrévocable, Esther 1:19; Daniel 6:8,15. Les provinces, qui sous Darius
Hystaspe s'élevèrent au nombre de vingt (120 sous Darius le Mède, Daniel 6:1). étaient gouvernées par
des satrapes, qui souvent appartenaient à la famille royale; ils tenaient une cour de princes, avaient sous
leurs ordres, pour les districts de leurs provinces, des employés spéciaux et s'occupaient du
gouvernement général et de la perception des impôts en argent et en nature, Esther 3:12-13; 8:9; Néhémie
2:8,16. Ils n'avaient qu'un pouvoir administratif et civil, mais des commandants de troupes étaient mis à
leur disposition et répartis entre leurs divers districts. Des courriers (q.v.) faisaient le service de poste
entre le roi et les satrapes. Autour du trône royal se tenait un conseil de sept princes ou ministres, Esther
1:14; Esdras 7:14, qui étaient probablement les sept juges inamovibles dont parle Hérodote, 3, 31, mais
qu'il ne faut pas confondre avec les sept eunuques de Esther 1:10,12; 6:14. L'armée perse, non compris les
garnisons, consistait «n infanterie (notamment en archers), et surtout en cavalerie; elle était équipée avec
ce luxe qui, principalement depuis la conquête des Lydiens, était un des caractères saillants des mœurs
du pays, Hérodote 1, 71; 9, 79.
On n'a pas beaucoup de détails sur la religion des Perses; on sait seulement d'une manière générale qu'ils
adoraient le soleil, qu'ils ne lui dressaient ni statues, ni autels, et qu'ils lui offraient sur des lieux élevés,
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