Page 92 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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— On les divise ordinairement en livres historiques et didactiques; mais cette division est peu tranchée,
parce qu'il y en a qui sont des contes moraux, ou prétendus tels, à la fois historiques et sentencieux.
Le Premier livre d'Esdras n'est guère qu'un extrait mal rédigé des deux derniers chapitres des
Chroniques, et du livre authentique d'Esdras. La traduction en est libre et abrégée, les hébraïsmes sont
évités; l'auteur ajoute quelques idées et quelques faits, mais dont l'inexactitude évidente montre un
homme peu au fait de l'histoire. Il fait par exemple de Zorobabel un jeune homme au temps de Darius
Hystaspes, et il lui donne pour fils Joachim, 5:2, tandis que celui-ci était fils du souverain sacrificateur
Jésuah, Néhémie 12:10. Il appelé Darius roi d'Assyrie, longtemps après que cet empire eut été
complètement détruit; et il rapporte comme ayant eu lieu sous ce règne, des événements qui se sont
passés sous Cyrus, cf. 4:43,57-58 avec Esdras 1; 3:1.
— Il est difficile de reconnaître un plan dans cet ouvrage, d'autant plus qu'il n'est pas achevé, et que nous
n'en possédons qu'un fragment. Cependant, un auteur allemand, Berchthold, a émis l'opinion, assez
probable, que l'auteur a voulu donner une histoire du temple de Jérusalem depuis la dernière époque du
culte légal, sous Josias, jusqu'au rétablissement de ce culte par la nouvelle colonie revenue de l'exil. Ce
plan est exécuté aussi bien qu'on pouvait l'attendre d'un Juif alexandrin, c'est-à-dire qu'il est extrêmement
peu important pour l'histoire elle-même.
Le Second livre d'Esdras qui n'a même jamais été vu en grec, mais seulement en latin, est une collection
de fables, de songes et de visions, si pitoyable que le concile de Trente lui-même rougit de lui concéder le
titre de livre divin. Plusieurs passages de cet écrit laissent supposer qu'il a été fabriqué depuis la
prédication de l'Évangile.
L'histoire de Tobie, sa piété, ses épreuves, et le secours qu'il trouve en Dieu, est une fiction poétique où
l'auteur a voulu montrer que la piété, les bonnes œuvres, les aumônes et la prière, sont abondamment
bénies, 12:13 sq. Un Juif de la Palestine paraît avoir pris son sujet dans la tradition, pour y rattacher ses
idées et celles qui se répandaient parmi le peuple depuis l'exil. Il dit souvent: Les aumônes sauvent de la
mort, 4:7-11; 12:8-14. La doctrine des anges a un caractère persan, et le Zend-Avesta nous parle comme
Tobie 3:16; 12:12, de ces anges qui exaucent les prières et qui les apportent devant Dieu. De même, le
voluptueux démon Asmodée, et le moyen de chasser ces êtres malfaisants par la fumée ou autres
cérémonies, se retrouvent dans les livres religieux du paganisme oriental.
— L'auteur doit avoir vécu assez tard, car il commet des fautes dont plusieurs trahissent un moderne: on
le place ordinairement un siècle avant Jésus-Christ. On ignore si Tobie fut d'abord écrit en hébreu. Saint
Jérôme l'a traduit du caldéen, langue dans laquelle il semble le plus probable qu'il a été composé. Les
héllénismes que l'on trouve dans l'exemplaire de Castellion, ou dans les exemplaires publiés par Munster
et Fagius, démontrent manifestement que ce ne sont là que des traductions du grec, et non des
productions originales. En tout cas, cette légende ou histoire, aussitôt qu'elle eut paru, reçut des
modifications de tous genres: aussi n'y a-t-il pas une seule de ces versions qui ressemble à l'autre.
L'imitation en vers, d'Andrieux, n'est ni la moins poétique, ni la moins édifiante de toutes ces éditions
retouchées et augmentées.
Le Livre de Judith est un roman dont l'intrigue est connue de tout le monde. Une femme s'introduit
auprès d'Holopherne comme courtisane, l'endort de vin et de propos caressants, lui coupe la tête, et vient
annoncer au peuple juif qu'il est délivré du général assyrien. Ce livre paraît avoir été écrit en caldéen
comme le précédent, et c'est de cette langue que saint Jérôme l'a traduit en latin. On ne saurait à quelle
époque de l'histoire des Juifs placer l'action qui fait le sujet de ce livre. Ce devait être après le retour de
Babylone et la reconstruction du temple; mais depuis la dix-huitième année de Nébucadnetsar, les Juifs
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