Page 93 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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ne furent en aucune manière inquiétés pendant plus de quatre-vingts ans. (2:1; 4:3; 5:18-19; 16:20-23).
Comment concilier ces faits avec la vérité? Quelle improbabilité d'ailleurs que Béthulie, petite ville, ait pu
tenir contre une si puissante armée, et que la mort d'un général ait suffi pour faire prendre la fuite à
toutes ses troupes! Quant à la géographie de l'ouvrage, elle dénote la plus incroyable ignorance, et l'on
croirait volontiers que l'auteur, après avoir fait sa petite histoire, l'a parsemée au hasard, de tous les noms
de villes ou de pays qui lui passaient par la tête. On peut en dire autant de la chronologie.
Les Additions au livre d'Esther n'ont jamais paru en hébreu. Contrairement à ce que rapporte l'histoire
inspirée, l'auteur de cet écrit prétend que ce fut dans la deuxième année de son règne qu'Assuérus faillit
être assassiné par un de ses eunuques; il dit que Mardochée fut récompensé sur-le-champ pour avoir
révélé le complot; qu'Haman avait été élevé en dignité déjà avant cette circonstance, et que sa haine
contre Mardochée provint de la révélation qu'il avait faite; que cet Ha-man était un Macédonien qui
voulait s'emparer du trône des Perses au profit de son royaume. Les Juifs s'y donnent le nom d'enfants du
Dieu très-haut, et prétendent que leur Dieu a ordonné aux païens mêmes d'observer la fête du Purim.
Cela étant dit, nous pouvons ajouter que ces additions renferment aussi quelques belles et bonnes choses,
dont Racine a su tirer parti dans sa belle tragédie de ce nom. Il n'est pas sûr que le concile de Trente ait
déclaré cet ouvrage canonique: quelques docteurs romains prétendent que non.
Le Livre de la Sapience, dit de Salomon, n'a point été écrit par Salomon, et jamais on ne l'a vu en hébreu.
Celui qui l'a composé avait lu Platon et les poètes grecs, ainsi qu'on le voit par plusieurs passages de son
livre. En quelques endroits, il copie presque les prophètes et quelques écrits de l'Ancien Testament. Cet
ouvrage se divise en trois parties générales:
1.
1-6:8;
2.
6:9-10;
3.
11-19.
Ces parties sont isolées et bien tranchées, mais non pas tellement qu'elles fassent penser à trois ouvrages
ou à trois auteurs différents. L'auteur s'adresse d'abord aux rois en leur proposant la sagesse comme but
de leurs études et de leurs efforts; puis il fait l'histoire de la sagesse, comment on peut l'obtenir et quels en
sont les fruits: il montre les peuples idolâtres éprouvant les rigueurs de l'Éternel, et les compare au
bonheur du peuple juif, qui reconnaît Jéhovah pour son roi. Il est possible que l'auteur ait eu un but
politique, mais son objet principal était bien religieux.
— L'idée de saint Augustin que Sirach est l'auteur de ce livre est assez heureuse; cependant on ne peut
rien décider à cet égard, et il faut se contenter de l'idée générale d'un auteur alexandrin et antérieur à
Philon, parce que la Sapience renferme une spéculation plus saine que celle de ce Juif.
L'Ecclésiastique, ouvrage préférable au précédent. Un certain Jésus, fils de Sirach, en lisant les Écritures et
d'autres bons livres, avait acquis de grandes connaissances morales. Il se mit à recueillir ça et là diverses
maximes, auxquelles il en ajouta de son propre fonds. C'est donc un recueil de sentences et de proverbes
dans le genre de ceux de Salomon; il renferme des excursions plus ou moins étendues sur l'ordre moral
du monde, dans lesquelles l'auteur passe en revue les classes et les âges de l'homme. On ne saurait y
chercher de plan ni d'ensemble, et le livre ne se laisse pas diviser. Primitivement écrit en hébreu ou en
caldéen, l'Ecclésiastique fut traduit en grec par un petit-fils de l'auteur, sous Ptolémée Évergète, roi
d'Égypte, probablement environ 240 ans avant J.-C. Du reste, la date se laisse difficilement déterminer,
car tout repose sur les indications de l'auteur lui-même, qui nous dit avoir écrit sous le pontificat d'un
Simon, pendant le règne d'un Évergète; or il y a eu deux pontifes Simon qui ont vécu tous les deux sous le
règne d'un Évergète. L'auteur se donne si peu pour inspiré, qu'il s'excuse lui-même des imperfections de
son travail; il fait du Fils de Dieu, de la Parole, une simple créature; il représente l'aumône et l'obéissance
à père et mère comme un moyen d'expier ses péchés; il prétend que Samuel prophétisa encore après sa
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