Page 922 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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PHILIPPE.
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Les livres apocryphes connaissent trois hommes de ce nom, que nous ne rappelons ici que pour mémoire,
le père d'Alexandre-le-Grand, 1 Maccabées 1:1; 6:2, le roi de Macédoine fils de Démétrius II, vaincu par le
proconsul Quinctius Flaminius; il y est fait allusion 1 Maccabées 8:5; enfin un favori d'Antiochus
Épiphanes qui fut nommé gouverneur de la Judée, 2 Maccabées 5:22.
On trouve dans le Nouveau Testament quatre hommes et une ville de ce nom.
1.
Philippe, fils d'Hérode le Grand et de Cléopâtre, qui devint à la mort de son père tétrarque dans
la Batanée, la Gaulonite, la Trachonite, la Panéade, l'Auranite et l'Iturée, Luc 3:1. D'un caractère doux et
facile, de beaucoup le meilleur des fils d'Hérode, il s'occupa avec zèle des affaires publiques, agrandit la
ville de Bethsaïda qu'il nomma Juliade en l'honneur de la fille d'Auguste, embellit et fortifia la ville de
Panéade au pied du Panium, non loin des sources du Jourdain, la nomma Césarée en l'honneur de Tibère,
et vit son nom réuni à celui de son maître dans la désignation de cette ville qu'il était nécessaire de
distinguer de l'autre Césarée, Matthieu 16:13; Marc 8:27. Il mourut à Juliade, la vingtième année de
Tibère, l'an 33 ou 34 de l'ère chrétienne, après un règne d'environ trente-cinq ans. Comme il n'avait point
d'enfants, ses possessions passèrent à la province romaine de Syrie.
2.
Philippe, Luc 3:19, connu dans l'histoire sous le nom d'Hérode, paraît avoir, en effet, porté ces
deux noms. Il était frère de père du précédent, fils de Hérode le Grand et de la seconde Mariamne, fille du
grand-prêtre Simon. Déshérité par son père, il eut une vie obscure, et n'est guère connu que par sa femme
et sa fille. Hérodiade, aigrie peut-être de l'obscurité de son mari, se laissa séduire par Hérode Antipas,
frère de celui-ci, Matthieu 14:3; Marc 6:17. Salomé sa fille épousa, dit-on, son oncle, Philippe, celui dont il
est parlé ci-dessus,
— Voir: Hérode.
3.
Philippe, apôtre, de Bethsaïda, disciple d'abord de Jean-Baptiste, puis de Jésus, Matthieu 10:3;
Marc 3:18; Luc 6:14; Actes 1:13. Il fut l'un des premiers à qui le maître dit: Suis-moi. C'est l'Évangile de
saint Jean qui nous donne le plus de détails sur sa vie, sans qu'il y en ait assez cependant pour qu'on
puisse déterminer bien exactement son caractère. Ainsi sa vocation est racontée 1:43; sq., et d'après les
détails qui en accompagnent le récit, d'après la conversation de Philippe avec Nathanaël, on voit que
Jésus avait eu déjà un entretien particulier avec son nouveau disciple, et qu'il s'était fait connaître à lui.
Les paroles de Philippe à Nathanaël: «Viens et vois» montrent déjà que l'esprit du christianisme est le
prosélytisme, et en outre que c'est un prosélytisme chrétien qui repose sur la preuve et la persuasion.
— 6:5. Le Seigneur veut éprouver la foi de Philippe, c'est pour cela qu'il lui dit lors du miracle de la
multiplication des pains: «Où achèterons-nous des pains afin que cette multitude ait à manger?» Il est
inutile de rechercher si Philippe était chargé de quelques fonctions spéciales dans le collège des apôtres;
c'est peu probable, et d'ailleurs ce n'est pas là qu'on doit chercher pourquoi notre Seigneur s'adresse à
Philippe plutôt qu'aux autres; l'évangéliste nous explique la demande du Seigneur. L'apôtre ne
comprenant pas même que Jésus voulût l'éprouver, lui répond comme ayant oublié les miracles
précédents de son maître: Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas, quand chacun n'en prendrait
qu'un petit morceau. Sa foi, comme celle de ses collègues, avait encore besoin d'être raffermie.
— 12:21. Quelques Grecs prosélytes, ou des Juifs demeurant parmi les gentils, désirant voir Jésus,
s'adressent à Philippe qui n'ose les présenter seul, consulte André, et se rend avec lui auprès du Seigneur:
la réponse qu'il leur donna permet de croire que ces Grecs nourrissaient à son sujet quelques-unes des
idées alors assez répandues d'une royauté terrestre, cf. Matthieu 20:20; Marc 10:35; ils avaient peut-être
été témoins de son entrée triomphale à Jérusalem, ils avaient entendu les cris et les vœux de la multitude,
ils désiraient voir pour se le concilier le futur roi du pays. L'historien sacré ne dit pas si la réponse du
Seigneur les attira ou si elle les repoussa, s'ils se joignirent à lui ou s'ils s'en éloignèrent. Enfin, 14:8,
comme Jésus enseignait ses disciples et qu'il les préparait à une prochaine séparation en leur disant que
quiconque le connaissait connaissait aussi son père, Philippe, dont la foi n'était pas encore assez simple
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