Page 924 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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qu'aux adultes. La profession exigée est brève; elle se résume en ces mots: «Croire que le Christ est le fils
de Dieu.» Enfin cette profession n'est éprouvée que d'une manière générale, et le premier simoniaque est
au nombre des professants, exception peut-être, mais cependant baptisé.
À notre point de vue, il peut sembler étonnant que Philippe soit appelé à quitter une œuvre pleine
d'intérêt, un immense champ de travail, une mission bénie, pour se rendre auprès d'une seule âme
travaillée, lui adresser quelques paroles, l'éclairer, et abandonner de nouveau cette contrée, témoin d'une
conversion isolée. Mais ce récit doit nous être précieux à plus d'un titre: il nous montre d'abord que Dieu
dirige les pas de ses serviteurs (s'ils l'écoutent) là où leur ministère peut être utile. Ce n'est donc qu'après
de sérieuses prières que chaque pasteur doit chercher une direction nouvelle à ses travaux, ou plutôt il
doit être vigilant à consulter sans cesse, non la chair, mais l'esprit de Dieu; à épier les signes qu'il lui
donne de sa volonté, de manière à pouvoir dire: l'Esprit m'a enlevé. Les sociétés religieuses ont des
devoirs semblables, et il ne suffit pas toujours qu'une œuvre soit plus bénie qu'une autre pour qu'on
doive y faire affluer les ouvriers; Philippe devra souvent quitter la Samarie en fleurs pour la route déserte
de Gaza. La communion avec Dieu peut seule nous faire connaître la volonté de Dieu. D'ailleurs, si la
conversion de l'officier éthiopien nous apparaît comme un fait isolé, elle ne le fut peut-être pas, et nous ne
saurons que dans la vie éternelle les conséquences qu'elle a eues sur la conversion de cette Éthiopie si
anciennement chrétienne, et qui, sur les confins de l'empire du mahométisme et du paganisme, est
encore, à l'heure qu'il est, comme une oasis de lumière au milieu des ténèbres, lumière bien pâle sans
doute, lumignon fumant, mais non éteint.
5.
Philippes, la première ville d'Europe où saint Paul prêcha l'Évangile, Actes 16:12. Venant de
Troas, il aborda à Néapolis, dans le golfe formé par le Strymon, lequel servait de port à Philippes.
L'ancien nom de cette ville était Crénidès (κρόναι sources), à cause des nombreuses sources d'eau vive
qui jaillissaient de la colline sur laquelle elle était située. Elle avait été fondée en Thrace par des habitants
de l'île de Thasos. Philippe de Macédoine ayant réuni à son territoire une partie de la Thrace, fortifia
Crénidès, l'agrandit en l'étendant sur toute la hauteur de la colline, et lui donna son nom, 358 avant J.-C.
Son territoire renfermait des mines d'or qui contribuaient à la rendre importante et riche en toutes choses.
Réduite en province romaine, 148 avant J.-C., illustrée par la triste défaite des chefs du parti républicain,
42 avant J.-C., elle déchut peu à peu de son ancienne grandeur. Auguste, maître de Rome et du monde, 34
avant J.-C., transporta dans cette ville un certain nombre de colons d'entre ses ennemis, les punissant par
l'exil de leur attachement à la liberté, et donna à Philippes le droit de bourgeoisie italique, et le nom de
colonie romaine, Actes 16:12. La même chose est attestée par des monuments historiques et par diverses
monnaies qui portent: Colonia Julia Philippensis. Luc l'appelle la première ville du quartier de
Macédoine, non qu'elle fût la capitale de la Macédoine ou de l'un de ses quatre districts, mais comme un
nom d'honneur qui lui avait été accordé par Auguste (Hug), ou peut-être parce que ce fut la première
ville que Paul toucha dans son voyage, Néapolis n'étant, en quelque sorte, que le faubourg maritime de
Philippes (Rilliet). L'arrivée des colons italiens fut, pour cette ville, le commencement d'une ère nouvelle:
les circonstances lui étant redevenues favorables, elle se releva de la décadence que la domination
romaine lui avait originairement fait subir, et certains indices de commerce et de prospérité semblent
annoncer qu'elle avait déjà repris un rang honorable quand saint Paul la visita pour la première fois.
Quoique Félibah ne soit plus maintenant qu'un pauvre village, on y retrouve encore en ruines les
monuments de sa grandeur. Au seizième siècle, elle était encore la métropole de cent cinquante églises
grecques.
Paul vint à Philippes, mû par une apparition: il y trouva un champ qui promettait beaucoup. Quelques
Juifs peu nombreux, et privés d'une synagogue, s'y réunissaient en dehors de la ville, près d'une rivière
dans un lieu entouré d'un mur mais découvert, et destiné au culte. Lydie, marchande de pourpre, fut
convertie et baptisée avec toute sa famille; il en fut de même d'une servante pythonisse. Les apôtres, mis
en prison, furent délivrés par l'intervention de la Providence. Paul et Silas quittèrent la ville après avoir
reçu dans l'Église leur geôlier et sa famille, Actes 16, cf. 1 Thessaloniciens 2:2. Il y eut donc simultanément
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