Page 94 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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mort; enfin, selon lui, ce serait à Élie le Thisbite qu'il appartiendrait de faire cesser la colère de Dieu: à ce
dernier égard, cf. Malachie 4:5.
Baruch est un insigne roman qu'on dit avoir été écrit par Baruch à Babylone. Or, selon toute probabilité,
jamais Baruch ne fut à Babylone. Il fut lu à Jéchonias, près d'une rivière qui n'a point existé; et d'ailleurs,
comme on sait, Jéchonias vivait en prison pendant son séjour à Babylone, et n'avait pas le loisir d'aller se
promener le long des eaux courantes. On y parle d'une collecte qui aurait été faite parmi les Juifs de la
captivité, pour acheter des victimes, qu'on aurait envoyées au sacrificateur Joachim avec les vases sacrés
de Sédécias! Mais comment des esclaves, tout au commencement de leur captivité, peuvent-ils avoir de
l'argent à déposer dans une collecte? Comment envoya-t-on ces victimes à un souverain sacrificateur qui
n'existait pas? Comment put-on renvoyer de Babylone des vases sacrés faits par Sédécias, lorsqu'il est
probable que Sédécias n'en a jamais fait faire? Il faut remarquer, en outre, que l'auteur emprunte diverses
expressions de Daniel, qui cependant vécut après la mort de Baruch.
— Le chapitre 6 se donne pour une lettre de Jérémie aux exilés de Babylone, et renferme des déclamations
contre l'idolâtrie. Ce morceau est séparé de ce qui précède par une inscription, et il se distingue par un
meilleur style: ce n'est que par accident qu'il se trouve lié à Baruch, mais il ne porte pas davantage le
cachet de l'authenticité; les soixante et dix semaines de Daniel y sont ridiculement converties en sept
générations. Il est cité 2 Maccabées 2:2, et appartient sans doute aux Alexandrins, qui traduisaient en
général très librement les oracles de Jérémie, et parmi lesquels s'étaient conservées un bon nombre de
légendes sur ce prophète.
Le Cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise est une mauvaise imitation du Psaumes 148. Ces
flammes de 49 coudées de hauteur, et ce vent de rosée que faisait souffler l'ange du Seigneur au milieu du
feu, sont des détails qui portent tous les caractères de la fiction.
L'Histoire de Susanne, (formant quelquefois le 13e chapitre de Daniel), est probablement une fable d'un
bout à l'autre. Qu'elle ait été primitivement écrite en grec, c'est ce que prouve l'espèce de jeu de mots que
fait le prétendu Daniel versets 55 et 59, et qui n'a de sens que dans cette langue. Et puis, n'est-il pas
absurde d'imaginer que tout au commencement de la captivité, un Juif ait pu être aussi riche qu'on nous
représente le mari de Susanne? que le droit de vie et de mort ait été donné à des tribunaux juifs en
Caldée? que Daniel élevé à la cour ait pu assister à ce procès? et enfin, que si jeune, on l'ait admis au
nombre des juges, surtout après que la sentence avait été prononcée?
Le livre de Bel et celui du Dragon sont encore plus romanesques. En effet, quelle invraisemblance que
Cyrus, roi de Perse, ait adoré une idole babylonienne, et une idole qui fut mise en pièces lors de la prise
de la ville! Un homme de sa trempe pouvait-il croire qu'une statue d'airain pût réellement boire et
manger? Quel pitoyable moyen que celui qu'imagine Daniel pour découvrir la supercherie des prêtres de
l'idole! Comment ceux-ci ne virent-ils pas les cendres semées sur le parquet? ou comment Daniel put-il
empêcher qu'ils ne fussent avertis par les serviteurs du roi? Puis, quelle absurdité que de faire trembler
Cyrus devant les Babyloniens jusque-là qu'il leur sacrifie son cher Daniel de faire vivre Habacuc jusqu'à
cette époque, pour qu'il puisse porter de la nourriture au jeune prophète dans la fosse des lions
d'imaginer enfin que Cyrus ait pu rester six jours sans s'informer de ce qu'était devenu son ami!
— Ces deux livres forment ce que, sans leur donner de titre à part, les catholiques romains appellent le
14e chapitre du prophète Daniel.
La Prière de Mariasse, qui ne se trouve pas dans le texte hébreu, semble être l'ouvrage de quelque
Pharisien. Il y est parlé des justes, savoir d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, comme de gens sans péché, et
qui n'ont pas eu besoin de repentance. Elle n'a été admise comme canonique que par l'Église grecque.
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