qu'il ne le fait que par respect pour la parole du maître dont il vient d'entendre les enseignements, et
qu'on lui a déjà fait connaître comme le Messie. Les filets rompent sous le poids des poissons qu'ils
ramènent, et tous les doutes du pêcheur sont dissipés; il s'écrie à genoux: «Seigneur, retire-toi de moi, car
je suis un homme pécheur.» Et Jésus se l'attache pour toujours, en lui annonçant que la pêche qu'il vient
de faire n'est que l'emblème de ses succès futurs; il sera pêcheur d'hommes vivants.
Son nom se trouve dès lors mêlé, avec celui de quelques autres apôtres, à l'histoire presque entière de
notre Sauveur: il est un de ses compagnons, un de ses disciples les plus assidus et les plus intelligents; il
est témoin de ses miracles, et intervient fréquemment dans ses conversations avec plus ou moins de
bonheur. Sa belle-mère est guérie par Jésus, qui était devenu son hôte, Matthieu 8:14; Marc 1:29; sq. Luc
4:38. Le lendemain, il va comme les troupes à la recherche de Jésus qui s'était retiré pour prier; il a le
bonheur d'être le premier à le rejoindre, Marc 1:35; Luc 4:42. Après le premier miracle de la multiplication
des pains, la nuit, il voit le Seigneur marcher sur les eaux, et veut marcher à sa rencontre, mais sa foi n'est
pis à la hauteur d'une épreuve aussi forte, il doute, et les eaux s'entr'ouvrent sous ses pieds, Matthieu
14:22; Marc 6:45; Jean 6:17.
— À Bethsaïda, il fait une profession éclatante de sa foi en celui qui a les promesses de la vie éternelle,
Jean 6:68: il la réitère dans une autre circonstance aux environs de Césarée de Philippe, et reçoit en
récompense de sa foi de mémorables oracles; mais pour qu'il ne s'élève point au-dessus de ses frères, le
Seigneur lui fait voir qu'il ne comprend pas encore les choses qui sont de Dieu, et le repousse en termes
sévères comme un tentateur, Matthieu 16:13; sq. Marc 8:27; Luc 9:18. Témoin de la transfiguration, il ne la
comprend pas et confond le repos des saints avec la douceur du repos et de la paix terrestres, Matthieu
17:1; Marc 9:2; Luc 9:28; 2 Pierre 1:16.
— À Capernaüm, il consent à payer pour son maître l'impôt des didrachmes, Exode 30:13; Jésus, en lui
faisant comprendre, que maître de toutes choses, il eût pu s'en dispenser, répond par un miracle, et le
statère se trouve dans la bouche du poisson, Matthieu 17:24. Judas possédait sans doute cette somme
dans la bourse apostolique, mais le Fils de l'homme devait montrer à tous que l'or et l'argent lui
appartiennent, Aggée 2:8, et que, s'il conteste, c'est sans intérêt; s'il cède, c'est pour accomplir toute justice
et ne point scandaliser les faibles.
— Dans les questions relatives au pardon des offenses, Matthieu 18:21, et à la récompense que les apôtres
pouvaient espérer de leur fidélité, Matthieu 19:27; Marc 10:28; Luc 18:28, Pierre montre que ses idées sont
encore confuses sur l'a sainteté de la vie nouvelle et sur la spiritualité du royaume de Christ.
— Il voit et remarque le miracle du figuier séché, Matthieu 21:20; Marc 11:21; il prend part aux entretiens
qui suivent les oracles de Jésus sur la destruction de Jérusalem, Marc 13:3; il est chargé de faire avec Jean
les préparatifs de la dernière pâque, Matthieu 26:18; Marc 14:13; Luc 22:8. Et pendant que le maître veut
donner à tous une leçon d'humilité, peut-être pour répondre à leurs contestations sur la place qu'ils
occuperaient dans la vie à venir (Matthieu 18:1; Marc 9:33; Luc 9:46; 22:24), Pierre, toujours vif, refuse par
deux fois de se laisser laver les pieds et ne cède à une affectueuse injonction, que pour se jeter alors dans
un autre extrême, Jean 13:6, etc.
— Il est moins prompt à juger et à interroger quand Jésus annonce que l'un des douze le trahira: soit que
Judas eût réussi à conserver jusqu'alors la confiance de ses frères, soit que Pierre repoussât des soupçons
qu'il craignait de voir justifiés, soit qu'il désirât voir le traître démasqué, soit enfin que l'incertitude leur
fût plus pénible que la réalité, et que devant un oracle aussi étrange, aussi solennel et inattendu, ils en
fussent tous venus à se redouter eux-mêmes, à se défier d'eux-mêmes, Pierre, voulant connaître le nom
du traître, mais n'osant le demander à haute voix, fit signe à Jean, voisin du Seigneur, de l'interroger. Il ne
se doutait guère que la peur lui ferait commettre un crime semblable à celui que la cupidité avait inspiré à
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