Page 932 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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Judas; mais dans la même soirée il reçut par deux fois des avertissements tout ensemble sinistres et
consolants. «Là où je vais, tu ne peux maintenant me suivre, mais tu me suivras ci-après.»
— «Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous cribler tous comme le blé (Amos 9:9), et j'ai prié pour
toi, afin que ta foi ne faiblisse point; toi donc, quand tu seras un jour converti (relevé de ta chute), fortifie
tes frères», Luc 22:31. Et comme le fidèle, mais présomptueux apôtre, protestait de sa confiance en lui-
même, son triple reniement lui fut prédit, Jean 13. Un peu plus tard, dans la même soirée, comme les
apôtres se rendaient en Gethsémané, Jésus les enveloppant tous dans une même sentence prophétique,
leur dit: Vous serez tous cette nuit scandalisés en moi, selon qu'il est écrit; je frapperai le berger, et les
brebis seront dispersées; cf. Zacharie 13:7; et Pierre, que la sentence isolée prononcée contre lui, avait sans
doute humilié et affligé, satisfait de se voir de nouveau réuni à ses frères, quoique dans la faiblesse,
voulut protester encore de sa fidélité, mais en vain; il ne reçut pour réponse que la confirmation de son
triple reniement, Matthieu 26:31; Marc 14:27, etc.
— Témoin de l'agonie de son maître, il ne peut, non plus que Jacques et Jean, veiller avec lui; malgré les
recommandations de Jésus, ils s'endorment, et Luc, le médecin, nous dit que c'était de tristesse qu'ils
dormaient, Luc 22:45. La faiblesse de la chair succombait aux émotions, et l'esprit n'était pas assez fort
pour en triompher. Il était plus facile de se battre que de prier, et Pierre se réveilla quand les soldats
vinrent pour prendre Jésus, Matthieu 26:51; Marc 14:47; Luc 22:49; Jean 18:10. D'un coup d'épée il blessa
Malchus à l'oreille, ayant pris à la lettre quelques expressions dont le Sauveur s'était servi quelques
instants auparavant dans un sens figuré, Luc 22:36,38. Mais ce n'était pas là le courage que réclamait de
ses disciples celui qui donnait librement sa vie; les soldats entraînèrent le maître; les disciples s'enfuirent.
Pierre, engagé par ses paroles à faire mieux que les autres, revint cependant en arrière; il voulait tenir sa
parole, il allait réaliser celles de son maître. Arrivé devant la porte de Caïphe, il la voit s'ouvrir devant lui
sur la recommandation de Jean, mais la cour est pleine de soldats, d'huissiers, de domestiques et de
curieux. Pendant le premier interrogatoire du Seigneur, la portière qui avait ouvert à Pierre, croit
reconnaître en lui un des disciples de l'accusé et l'interpelle. Saisi, surpris, étonné d'être reconnu,
préoccupé d'autres pensées qui lui font à la fois oublier l'oracle du Christ et désirer de couper court à une
conversation qu'il n'a pas envie de poursuivre, il ment et renie son maître sans trop songer peut-être a ce
qu'il fait. Une question semblable lui est adressée un moment après, et déjà il a eu le loisir d'examiner sa
position; la frayeur l'environne, et les témoins qui l'entourent de toutes parts, lui semblent autant
d'ennemis; il ment encore et dit: Je ne le connais point. Mais il est inquiet; il voudrait sortir, il change de
place, il entre au vestibule, Marc 14:68, et là, une heure environ après le second reniement, un parent de
Malchus le reconnaît et lui dit: Ne t'ai-je pas vu au jardin avec lui? Nier n'eût plus suffi devant une
accusation aussi directe, et Pierre, accablé de frayeur, était en outre retenu par la honte d'avouer enfin son
maître, en avouant qu'il l'avait renié deux fois; il ne lui suffisait plus de reconnaître Jésus, il devait encore
reconnaître sa lâcheté; l'épreuve était trop forte pour l'homme appuyé sur ses propres forces; il renie
encore, en jurant et en prononçant des imprécations. Mais la mesure était comblée, la tentation était
terminée; le disciple pouvait savoir à quoi s'en tenir sur son courage, sa force, sa fidélité; c'était le point
du jour, le coq chanta; un regard de Jésus tomba sur son disciple, l'accusant sans le trahir ni le
compromettre, et Pierre revint à lui-même; bouleversé de son crime, touché de l'amour de son maître, il
sortit et pleura amèrement; ces larmes étaient sans doute, quoique amères, les plus douces et les plus
pures qu'il eût encore versées; sa douleur était selon Dieu, elle ne pouvait qu'être heureuse; pour la
première fois peut-être, il avait un pressentiment de la vie nouvelle, du christianisme.
Trois jours après, averti par Marie Madeleine, il court au sépulcre avec Jean, n'arrive qu'après lui, mais
entre le premier dans la grotte, examine, admire, sans comprendre encore que son maître est ressuscité, et
retourne à Jérusalem, Luc 24:12; Jean 20:2. On conclut presque avec certitude, de 1 Corinthiens 15:5; cf.
Luc 24:34, que le même jour encore, avant son entretien sur la route d'Emmaüs, le Christ ressuscité s'est
montré à Pierre, et l'on conjecture qu'il lui a donné, ou réitéré spécialement, l'ordre de se rendre, avec le
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