Page 933 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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reste des apôtres, en Galilée, où il le verrait de nouveau: Pierre, qui s'était exclu lui-même de la société
apostolique, ne pouvait savoir si le maître le reconnaîtrait encore, ou s'il le renierait à son tour; il eût
hésité peut-être à suivre les apôtres, s'il n'avait été en quelque sorte personnellement convoqué. Du reste,
aucune parole, aucun détail de cet entretien n'est rapporté dans les Évangiles, et 1 on conçoit qu'il ne
concernât que le chef de l'Église et son disciple relaps; Pierre sans doute versa de nouvelles larmes, mais il
sentit qu'il était réintégré; il allait reprendre sa place, mais la remplir plus humblement.
Il se rend à Capernaüm on il possédait une maison (Matthieu 8:14; Marc 1:29; Luc 4:38), et après quelques
jours d'une attente inutile, il dit à ceux des apôtres qui étaient avec lui qu'il s'en allait pêcher, Jean 21:2. Ils
le Suivirent, mais la pêche de la nuit fut inutile. Au matin, Jésus, qu'ils ne reconnaissaient point, leur
demanda du rivage s'ils avaient du poisson, et sur leur réponse négative, il leur dit de jeter leurs filets du
côté droit de la celle; une pêche abondante vint miraculeusement récompenser leur obéissance et leur foi.
C'étaient les mêmes questions, les mêmes réponses, les mêmes merveilles que les mêmes hommes, les
mêmes rivages, les mêmes nacelles, avaient entendues et vues quelques années auparavant; il n'en fallait
pas davantage pour parler au cœur de Jean, qui reconnut aussitôt le Sauveur, et saint Pierre se jetant à la
nage vint bientôt aborder aux pieds de son maître; ils prirent tous ensemble un modeste et silencieux
repas, pendant lequel tous reconnaissaient Jésus sans oser l'interroger. Après le repas, Jésus s'adressant à
Pierre, mais sans lui donner ce nom qui était comme le signe de son apostolat, lui dit: Simon, fils de Jona,
m'aimes-tu plus que ne font ceux-ci? L'apôtre n'en était plus aux jours où il ne craignait pas de s'élever
au-dessus de ses frères; il répondit humblement: oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Pais mes agneaux, dit
le Seigneur. Une seconde fois, puis une troisième, mais sans insister sur la comparaison avec les autres
apôtres, le Seigneur lui demande: Simon, fils de Jona, m'aimes-tu? chaque fois la réponse est la même, et
le Seigneur en lui disant: Pais mes brebis, lui annonce le martyre, et se l'attache de nouveau, après que par
sa triple confession, l'apôtre eut expié aux yeux de son maître son triple reniement. Simon le pêcheur est
redevenu Pierre l'apôtre. Quelle solennité dans cette réintégration, et pourtant quelle douceur dans le
châtiment, si même on peut donner ce nom aux interpellations du Sauveur. Saint Pierre pardonné
reprend bientôt ses anciennes habitudes, et lorsqu'il eut appris de la bouche du Sauveur le sort qui lui
était réservé, il lui demanda quel serait celui de l'apôtre Jean qui les suivait; mais Jésus refusa de répondre
à cette question d'une vaine curiosité, et il ne permit pas que Pierre oubliât aussi promptement les
avertissements qu'il venait de recevoir.
Nous retrouvons Pierre dans le livre des Actes; il attend avec les apôtres l'effusion du Saint-Esprit, et il
propose de remplir la place que Judas a laissé vacante; Matthias est élu par le sort (1:23). La Pentecôte et
l'effusion du Saint-Esprit viennent étonner les habitants de Jérusalem, et remplir de joie les apôtres:
l'inimitié honteuse et jalouse qui poursuit tout réveil, toute œuvre de l'esprit, s'attache à ternir ce
mouvement, en attribuant à l'ivresse les merveilles dont tous sont témoins, mais Pierre prend la parole, la
puissance d'en haut agit en lui, Christ est glorifié, les âmes sont touchées, et 3,000 personnes se
convertissant à sa prédication viennent grossir les rangs de l'Église chrétienne, qui ne comptait encore
alors que les apôtres et quelques femmes. En voyant les doctrines du crucifié se propager avec tant de
succès, le sanhédrin résolut de prendre des mesures répressives; un miracle, un bienfait, lui fournit
l'occasion qu'il désirait: un homme âgé de plus de quarante ans, et boiteux dès sa naissance, avait été
guéri par le ministère des apôtres. Pierre lui avait dit comme le maître, et au nom de celui-ci: Lève-toi et
marche, et l'impotent avait recouvré l'usage de ses membres. Comme l'apôtre parlait à la foule pour
repousser les hommages qu'on lui adressait, et pour la persuader de rendre à Jésus l'honneur,
l'obéissance, et l'amour qui lui sont dus, des officiers chargés de maintenir l'ordre dans le temple,
survinrent et mirent en prison Pierre et Jean. Traduits devant le sanhédrin, les apôtres, au lieu de se
défendre, accusèrent ce pouvoir prétendu religieux, d'avoir mis à mort Jésus le Nazarien, s'appuyèrent de
l'autorité de celui que Dieu avait ressuscité des morts, et répondirent à la défense qui leur fut faite
d'annoncer le nom de Christ: Jugez s'il est juste de vous obéir plutôt qu'à Dieu. Le miracle était évident, le
témoin marchait, les apôtres furent renvoyés absous.
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