passer naturellement dans les mains de saint Paul une influence qu'ils ne devaient l'un et l'autre qu'aux
dons qu'ils avaient reçus et à l'usage qu'ils eu avaient fait.
e.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter les questions controversées entre l'Église de Rome et l'Église
réformée; indiquons-les seulement, et posons quelques principes. Les théologiens romains estiment que
Pierre a été mis au-dessus des apôtres, ayant autorité sur eux, autorité sur l'Église, en vertu du passage
Matthieu 16:16-18: que le droit de pardonner ou de condamner lui a été également donné, et à lui seul;
que la surveillance et la direction de l'Église, des évêques et des troupeaux, du clergé et des laïques, lui a
été confiée en vertu des paroles de sa réintégration: «Pais mes agneaux, pais mes brebis», Jean 21:15; que
Pierre a été à Rome, qu'il y a été évêque, évêque pendant vingt-cinq ans; qu'il a enfin légué sa puissance
aux évêques qui sont montés après lui, quels qu'ils fussent, indépendamment même de leur foi et de la
réalité de leur christianisme.
Il est prouvé hors de tout doute que Pierre n’a jamais été à Rome, sa tombe fut découverte à Jérusalem en
1959. Toutefois l’histoire nous confirme qu’un Simon (Siméon) s’était rendu à Rome sous couverture de
chrétien pour influencer l’empereur et les gens de sa cour. Il s’agit de Simon le Magicien qui est devenu
connu sous le nom de Petra Roma ou Pierre de Rome, le grand interprète des mystères cachés qui sont à
la base du catholicisme et sur lesquels fut érigé la papauté. Par un tour de passe-passe, Simon le Magicien
fut donné l’identité de l’apôtre Pierre, ce qui nous indique que la base de la papauté est la duplicité et
l’hypocrisie.
À quoi il a été répondu: que chacun est le fils de ses œuvres; qu'il n'y a plus sous le christianisme
d'autorité de droit divin que celle qui prouve sa divinité par sa puissance et par sa sainteté; que,
relativement à saint Pierre, les paroles qui lui furent adressées en suite de sa confession du nom de Christ,
n'impliquent aucune supériorité de droits; que la pierre sur laquelle l'Église chrétienne devait être bâtie,
c'était la confession de foi elle-même, et non celui qui l'avait faite; que le droit de lier et de délier, celui de
pardonner et de retenir les péchés, a été donné à tous les chrétiens dans la même mesure qu'à saint Pierre,
Jean 20:23, c'est-à-dire qu'il ne constitue pas un pouvoir, mais qu'il n'emporte que le simple droit de
déclarer, de constater un fait; que les paroles: pasce oves meos, ou meas, ne sont que la simple
réintégration de l'apôtre dans des fonctions dont il s'était lui-même, en quelque sorte, démis, et que notre
Sauveur n'a pas été appelé à rendre aux autres apôtres des droits que ceux-ci avaient conservés; que la
différence de sexe, meos et meas, ne signifie rien, attendu que ces mots sont, dans le langage biblique, pris
fréquemment l'un pour l'autre comme signifiant tous les deux le troupeau, observation qui est renforcée
par cette autre, péremptoire, eue sous la nouvelle alliance il n'y a plus la vieille distinction des hommes
en ecclésiastiques et laïques, en clergé et troupeau, vu que tous les chrétiens sont à la fois hommes du
peuple et hommes de l'Église, laïques et ecclésiastiques; que le Nouveau Testament ne nous montre nulle
part saint Pierre revêtu d'une autorité absolue, que s'il est le premier souvent, il n'est jamais primat, il
cherche à convaincre par des arguments solides, mais il n'ordonne pas; qu'il ne part jamais de son
autorité comme d'un principe, et qu'au concile de Jérusalem il ne préside pas, il ne commence pas, il ne
clôt pas la discussion; que les frères ne le reconnaissent nulle part comme ayant une autorité de chef de
l'Église, qu'ils se reconnaissent le droit de l'interroger, de le contrôler, de le blâmer; que saint Paul en
particulier le censure pour sa conduite peu franche à l'égard des gentils, tellement il est éloigné, et Pierre
aussi, d'admettre on ne sait quelle infaillible autorité;
— relativement au voyage de Rome, qu'il est plus que contestable, que rien ne le prouve, que tout établit
que Pierre n'y a jamais été; que s'il y a été, ce n'a pas été pendant vingt-cinq ans, mais un moment
seulement; qu'il n'y a jamais été évêque, et que l'eût-il été, il n'eût jamais transmis à des successeurs des
promesses (quelconques) qui n'avaient été faites qu'à sa personne; que s'il a transmis des droits à l'Église
de Rome, cette Église n'en a rien su dans les commencements; que lorsqu'elle a essayé au troisième siècle
de les faire valoir, la chrétienté toute entière a protes-lé; qu'au sixième siècle l'évêque de Rome les ignorait
encore, ou les repoussait avec indignation, et que ce n'est qu'au onzième siècle qu'un pape ambitieux les a
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