Mauritanie, et la Libye, il finit par se rendre en Angleterre où il fut crucifié; d'autres enfin le font voyager
en Perse et en Babylonie, et mourir à Suanyr (Sunir).
4.
Simon le pharisien, Luc 7:40, de Naïn. Il invite Jésus à prendre un repas chez lui, soit pour lui
donner un témoignage de respect, soit pour satisfaire sa curiosité. On ne peut soupçonner ses intentions
d'être mauvaises, mais la réception qu'il fait à son hôte est digne de l'orgueil pharisaïque; croyant avoir
assez fait en l'invitant à sa table, il se dispense non seulement de toute bienveillance, mais encore de toute
politesse à son égard. Une femme, une ancienne pécheresse, entre dans la salle, et fait avec amour et
dévouement ce que Simon n'a pas voulu faire; Simon comprend cette leçon plus qu'indirecte, mais elle est
pour lui une offense, et comme les orgueilleux, il élude la leçon et ne cherche à s'excuser qu'en accusant
intérieurement, et la femme, et Jésus dont ce contact doit, selon lui, compromettre la dignité prophétique.
Jésus alors prend la parole, et par une comparaison claire, mais embarrassante, oblige Simon à
reconnaître que cette femme, beaucoup pardonnée, aime plus que lui dont les vertus n'ont pas demandé
de pardon. La femme se retire avec l'assurance de son salut, et Simon reste avec le désagrément d'une
scène qui l'a pris à l'improviste et dont l'issue n'a pas tourné à l'avantage de son amour-propre. On ne sait
pas si Jésus avait eu des rapports antérieurs avec Simon; on ne sait pas davantage si la leçon que Jésus lui
donne était d'une manière générale une leçon d'humilité, ou si elle se rapportait à quelque circonstance
secrète de la vie de Simon; on ignore enfin si cette leçon a produit de l'effet, ou si au contraire le pharisien,
enfoui dans son orgueil, n'aura pas profité de l'évidente supériorité que la parabole lui accordait sur la
pécheresse, pour s'endurcir dans son impénitence, (— Voir: Sermon de Saurin.)
— C'est à tort qu'on a voulu le confondre avec le suivant.
5.
Simon de Béthanie, Matthieu 26:6; Marc 14:3; cf. Jean 12:1. Il était surnommé le lépreux, à ce qu'on
croit, parce que Jésus l'avait guéri de cette maladie. C'est dans sa maison qu'eut lieu, peu après la
résurrection de Lazare, et quelques jours avant Pâque, le repas qui devait célébrer le retour de Lazare à la
vie. Marthe servait, ce qui semble indiquer des rapports de parenté ou d'intimité entre sa famille et celle
de Simon; la liberté d'action de Marie, la présence de Lazare, confirmeraient cette idée. Quelques
traditions font en effet de Simon le père de Lazare, d'autres le font le mari de Marthe; c'est possible, mais
ce n'est pas prouvé. Ce n'était peut-être qu'un ami de la famille. La présence de Lazare au festin devait
témoigner de sa complète guérison. (Sermons de Bonnet.)
6.
Simon le Cyrénéen, Matthieu 27:32; Marc 15:21; Luc 23:26, était originaire de Cyrène où se
trouvaient un grand nombre de Juifs. On pense qu'il était déjà disciple de Christ, quant des soldats
brutaux, prophétisant sans le savoir, le contraignirent, par un acte arbitraire que rien ne justifiait, à porter
la croix de Jésus, cf. Matthieu 10:38, etc. Simon devait éprouver autant de joie à soulager son maître, que
de douleur à porter l'instrument de son supplice, et sa famille tout entière fut bénie avec lui; ses fils, et sa
femme, que Paul chérissait comme sa mère, Romains 16:13, durent conserver longtemps le souvenir de
cet épisode déplorable, et ils comprirent dans toute son étendue la portée de cette parole de Jésus que les
bourreaux avaient matérialisée avec tant d'ironie: Celui qui veut me suivre doit porter ma croix.
7.
Simon le magicien, Actes 8:9; etc. Il était suivant la tradition natif de Gitta ou Gittim en Samarie,
selon d'autres de l'île de Chypre. Il étudia de bonne heure la philosophie platonicienne, et les sciences qui
d'après les Orientaux conduisaient à la philosophie; un peu d'astronomie, de médecine, de physique, et
beaucoup d'adresse, en firent un célèbre charlatan prestidigitateur. Il se faisait passer pour un grand
personnage, et le peuple disait de lui qu'il était la grande vertu de Dieu. Mais une vertu plus grande et
plus vraie vint le confondre. Il entendit Philippe, il vit ses miracles, et mieux que personne il fut à même
de reconnaître dans les apôtres la puissance de Dieu; il fut baptisé, et demanda pour de l'argent les dons
du Saint-Esprit; Pierre lui répondit par une foudroyante apostrophe, et flétrit en Simon la simonie que
celui-ci a léguée à une secte célèbre, qui prétend compter au nombre des siens celui qui l'a le plus
vigoureusement condamnée. Sous l'empire d'une émotion pleine de honte, Simon se recommande aux
prières des apôtres, mais il ne paraît pas qu'il comprît lui-même la portée de ses paroles et de ses vœux; il
a peur, et la peur n'a jamais été de la piété. Dès ce moment, la tradition ne nous le montre plus qu'au
nombre des ennemis du christianisme. Il se rend de la Samarie à Antioche, où il épouse une femme
nommée Hélène; il passe avec elle à Rome, où une inscription mal comprise par Justin martyr a fait croire
1127