Page 292 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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est restreint au développement d'un type déjà existant: ainsi, dit-il, Dieu crée l'animal, l'homme, 1:20-27;
mais une fois les animaux aquatiques existants, il ne crée pas les animaux terrestres, il les fait.»
Nous ne prétendons pas décider quelle peut être la valeur de cette observation, mais nous croyons devoir
ajouter en développement de l'idée de cet auteur, que les eaux et les airs contenant parmi leurs habitants
des créatures qui appartiennent aux quatre grands embranchements du règne animal, les types existaient
tous avant la formation des animaux terrestres, qui n'étaient pour ainsi dire qu'un développement de
ceux qui avaient été créés le cinquième jour; tandis que l'homme étant non seulement un animal plus
parfait que les autres par les organes dont il était doué, mais encore le seul habitant de la terre auquel
Dieu eût donné une âme de la même nature que l'Essence divine, pouvait bien être considéré, quant à son
corps, comme un développement d'un type antérieur, mais quant à cette âme vivante, faite à l'image de
Dieu, c'était bien réellement comme une création nouvelle; ce qui expliquerait pourquoi la Genèse se sert
des deux expressions faire et créer, quand il s'agit de l'homme.
«Ce qui est bien plus important pour l'interprétation du premier chapitre de la Genèse, c'est de savoir si
les deux premiers versets contiennent une espèce d'introduction, un simple résumé de ce qui va être dit
plus en détail dans le reste du chapitre, ou s'ils sont l'expression d'un acte de création distinct de ceux
dont il est parlé dans les versets suivants.
«Cette dernière interprétation paraît être la véritable comme la plus naturelle. En effet, nous n'avons dans
la Bible aucun autre récit d'une création primitive, et de plus il semble que le deuxième verset soit une
description de la matière créée, avant l'arrangement qui en allait être fait en six jours; ainsi la création du
commencement doit être distinguée de la création des six jours; d'autant plus que le récit de ce qui s'est
passé dans chacun de ces jours est précédé de la déclaration que «Dieu dit», ou voulut l'événement qui
suit immédiatement; par conséquent il semble que la création du premier jour doit avoir commencé
lorsque ces mots: «Et Dieu dit», sont employés pour la première fois, c'est-à-dire pour la création de la
lumière. De même, si c'est bien là le commencement de l'œuvre des six jours, il est clair que cette création
ne fait que donner une nouvelle forme, un nouvel arrangement, et pour ainsi dire, meubler d'une manière
nouvelle un monde qui existait déjà, car nulle part dans le récit des six jours il ne nous est dit que Dieu fit,
ou créa l'eau, ni la terre, ni les ténèbres, choses déjà existantes (résultat d'une création précédente), les
quelles il ne fait, dans les premiers jours, que séparer les unes des autres et les mettre dans un ordre
nouveau.» (Buckland's I, 22).
Nous croyons donc que le verset 1 nous parle d'une création primitive des choses matérielles, sans en
indiquer l'époque qu'il ne nous importe probablement pas de savoir. Ceci n'est point une opinion
nouvelle; c'est celle de plusieurs pères de l'Église (— Voir: Pétavius, Dogm. Theol., tom. III. De opificio
sex Dierum, Lib. 1. Cap. 1, § 8, et cap. 11, § 1-8). Les uns voyaient dans les deux premiers versets de la
Genèse le récit de la création d'un monde primitif; d'autres, comme saint Augustin, Théodoret, y voyaient
la première formation de la matière; d'autres, celle des éléments; d'autres croient que les cieux dont il est
question au verset 1 sont, non le ciel atmosphérique de notre terre qui ne fut créé que le deuxième jour,
mais ce qui est appelé ailleurs les cieux des cieux.
Nous voyons, en effet, que quoique la Genèse emploie le même mot Shamayim pour désigner ces deux
choses, la Bible les distingue ailleurs, comme Néhémie 9:6.
La racine du mot hébreu qui signifie ciel, étant le prétérit inusité shamah, être élevé, le mot shamayim
signifierait les hauteurs, ou les espaces élevés, et shemé hasshamayim (les cieux des cieux), seraient les
espaces infiniment élevés, ou l'immensité avec tout ce qu'elle contient, et par conséquent cette multitude
innombrable d'étoiles ou de mondes, qui feraient ainsi partie de la première création, indiquée Genèse
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