la lumière sur notre terre. (Dans la Bible de Luther, imprimée à Wittenberg, en 1557, on trouve le chiffre 1,
marqué en tête du verset 3, comme étant le commencement de l'histoire de la création. Dans d'anciennes
éditions anglaises où la division en versets n'était pas encore adoptée, il y a un double interligne entre les
versets 2 et 3. Pusey.)
Le verset 2, décrit l'état du globe immédiatement avant le commencement du premier des six jours, c'est-
à-dire sur le soir du premier jour; car, suivant la computation mosaïque, chaque jour commence avec le
soir, et dure jusqu'au soir du jour suivant. Le premier jour serait donc la fin de la période indéfinie de la
première existence du monde. Dans ce verset 2, il est fait une mention spéciale de la terre et des eaux
comme existant déjà, mais enveloppées de ténèbres. Les mots thohou vabohou décrivent cet état de
confusion et de vacuité que les Grecs représentent par le mot Chaos. Ils sont encore employés dans le
même sens, Ésaïe 34:11; Psaumes 107:40.
Le mot vide, de nos traductions françaises, ne rend pas très bien la signification, car il donne l'idée d'un
corps creux, tandis qu'ici il faudrait exprimer un vide extérieur: la terre était vide d'habitants, vide de
parure, aride et dépouillée. D'où provenait cet état chaotique? Était-ce ainsi que la terre était sortie des
mains du Créateur? Étaient-ce les ruines d'un monde antérieur? Nous l'ignorons; peut-être Dieu avait-il
dit d'un ordre de choses plus ancien ce qu'il dit plus tard du monde moderne, par la bouche de son
prophète, Jérémie 4:23; sq.: «La terre sera dans le deuil, les cieux seront noirs au-dessus;... j'ai regardé la
terre, et voici, elle est sans forme et vide, etc.»
(Les mots thohou vabohou signifie plutôt «fluide et sans forme», indiquant l'état de la matière primordiale avec
laquelle Dieu (Élohim) forma les cieux et la terre. L'hypothèse d'un monde pré-adamique antérieur n'est pas
soutenable dans le contexte général des Saintes-Écritures. Comprenons aussi que le mot «terre» signifie «fixe,
stable», ce qui nous indique que la Terre n’est pas en motion, elle ne tourne pas sur elle-même ni tourne-t-elle
autour du soleil comme les astres errants ou planètes. Elle est le centre même de l’univers, le marche-pied de Dieu)
Ne semble-t-il pas que l'Esprit saint ait voulu nous représenter par ces paroles une effrayante révolution
de notre globe dont le chaos aurait été le résultat? S'il était permis de traduire en langage non inspiré les
paroles de l'écrivain sacré, nous croirions pouvoir paraphraser ainsi les premiers versets de la Genèse:
«Toutes les choses que nous voyons et dont nous pouvons connaître l'existence, soit sur la terre que nous
habitons, soit au-delà, doivent leur être à un Dieu souverainement bon, sage et puissant, qui a fait sortir la
matière du néant, dans des temps infiniment reculés et dont la date nous est inconnue. Ce Dieu tout bon
jugea à propos de créer une race d'êtres intelligents auxquels il donna le nom d'hommes, et voulant leur
préparer une demeure, il choisit pour cela un de ces globes qu'il avait faits pour se mouvoir dans l'espace,
et qui était alors inculte et désert, recouvert de liquide et d'obscurité. Le moment où l'Esprit de Dieu s'en
rapprocha et plana, pour ainsi dire, à sa surface, pour y faire pénétrer l'ordre et la vie, fut pour le globe le
commencement d'une création nouvelle qui devait avoir six degrés, ou se faire en six époques de progrès
successifs.
«Tout était prêt pour cette nouvelle création, la matière à laquelle une autre forme devait être donnée,
l'Esprit divin qui devait la vivifier; il ne fallait plus que la parole du commandement pour appeler à
l'existence ce monde nouveau; et Dieu dit... que la lumière soit, et l'ordre naquit au milieu de la
confusion.»
Ainsi, nous voyons apparaître dès la fondation du monde cette Trinité
spéculative
dans l'unité de Dieu:
«Le Père qui habite une lumière inaccessible et que nul œil n'a vu ni ne peut voir», 1 Timothée 6:16; cf.
Apocalypse 15:3; Psaumes 18:29; 36:10; «le Fils, qui est la véritable lumière qui a resplendi dans les
ténèbres et qui éclaire tout homme en venant au monde», Jean 1:9; cf. verset 2. Colossiens 1:16; Éphésiens
3:9; «enfin l'Esprit de Dieu planant sur la face des eaux, pénétrant le globe d'une force vitale, et qui nous
est représenté comme présidant à la création et y prenant la part la plus directe», Psaumes 33:6; cf. Genèse
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