2:1; Psaumes 104:29-30; Jean 20:22; Genèse 2:7; cf. Job 33:4 La Bible de Genève, édition de 1805, ainsi que
celle qui a été publiée plus récemment par les pasteurs et professeurs de cette ville, traduit au verset 2:
«Et Dieu fit souffler un vent qui agita la surface de l'eau.» Mais si le mot rouach peut, en effet, signifier
esprit ou vent, selon la place où il est employé, comme le grec πνεύμα et le latin spiritus, est-il raisonnable
de le traduire par vent, lorsque Dieu n'avait pas encore créé l'air? Autant vaudrait, par exemple,
remplacer Esprit par courant d'air dans des passages tels que celui-ci: «Caches-tu ta face, elles (les
créatures) sont troublées; retires-tu leur souffle, elles défaillent et retournent en leur poudre. Mais si tu
renvoyés ton courant d'air (Esprit), elles sont créées de nouveau!» Psaumes 104:29-30; cf. enc. Job 26:13) Et
afin de montrer évidemment que ces trois personnes ne sont pas trois Dieux, mais un seul Dieu,
manifesté de trois manières, l'écrivain sacré qui se sert pour désigner le Créateur du mot Élohim,
Seigneurs, fait suivre cette désignation plurielle d'un temps de verbe au singulier, comme s'il y avait
Dieux dit que la lumière soit; Dieux vit que cela était bon. Puis, après nous avoir montré les personnes
divines conférant ensemble (— Voir: 26, faisons l'homme à notre image), il lui donne (2:4) le nom
incommunicable et singulier de Jéhovah, joint à celui d'Élohim, Seigneurs, qui est, qui était et qui sera, ou
Seigneurs Éternel.
Il ne faut pas regarder le vent de l’Esprit comme un courant d’air, mais comme le mouvement de la Présence de
Dieu dans son œuvre de création.
Durée des jours de la création. Pendant longtemps, personne dans les pays où le christianisme était
professé, ne mit en doute que les jours de la création ne dussent s'entendre à la lettre d'espaces de vingt-
quatre heures, mais à mesure que l'on étudia plus attentivement les sciences naturelles, on trouva des
preuves de l'existence d'un ordre de choses antérieur à la création de l'homme, ordre de choses qui avait
dû continuer pendant des temps fort longs; l'on se hâta de rejeter alors le récit de Moïse et ses six jours,
comme une chose absurde et contraire aux lois de la nature. Puis vinrent d'autres naturalistes plus
religieux, qui comprirent que l'homme ne pouvait ainsi limiter la puissance de Dieu, et Que celui qui
avait fait le temps pouvait créer un monde non seulement en six mille ans, mais en six ans, en six jours, en
six minutes, en un clin d'œil, s'il l'eût voulu; il leur parut que sans nier les découvertes des sciences
naturelles, l'on pouvait fort bien les concilier avec le récit mosaïque, en supposant que toutes les plantes
et animaux fossiles étaient les restes d'un monde antérieur au verset 3, de la Genèse, détruit nous ne
savons à quelle époque, ni pour quelle cause, et que Dieu établit réellement l'ordre de choses actuel en six
jours de vingt-quatre heures. Mais cette hypothèse, quelque plausible qu'elle paraisse au premier abord,
n'explique point suffisamment comment il se fait, par exemple, que l'ordre des animaux fossiles, selon
leurs couches, se rapporte si bien à ce que nous enseigne la Genèse sur l'ordre de leur formation; l'examen
de leurs yeux, même de ceux des plus anciens, comme, par exemple, des Trilobites, dans les terrains de
transition (Buckland's vol. I, p. 396), prouve que ces animaux ont vécu dans une lumière semblable à celle
qui nous sert à distinguer les objets, une lumière solaire en un mot, et qu'ils ont été créés après que Dieu
avait établi cet astre pour éclairer notre globe, ainsi qu'il est dit aux versets 14 à 18. On reconnut aussi que
la Bible elle-même donne aux mots qui désignent les divisions du temps, comme jour, semaine, des sens
divers et plus ou moins étendus, (— Voir: Ésaïe 34:8; Ézéchiel 4:6; Daniel 9:24; 1 Corinthiens 3:13; 5:5; 2
Pierre 3:10, etc.), et l'on en vint à traduire les six jours de la création par six époques. C'est à cette opinion
que se sont arrêtés presque tous les théologiens et les géologues les plus distingués de notre temps; pour
eux les jours de la création ne sont pas des jours solaires comme ceux d'à-présent, mais des époques
cosmogoniques d'une longue durée, des temps de progression et de formation alternant avec des temps
de trouble et de révolutions telluriques. Sans énoncer une opinion positive sur ce sujet, nous devons
convenir que les probabilités sont en faveur de l'opinion qu'il s'agit non d'espaces de vingt-quatre heures,
mais de périodes considérables, de mille ans peut-être; en effet, il est remarquable que dans les deux
passages de la Bible où il est dit qu'aux yeux de Dieu, mille ans sont comme un jour, et un jour comme
mille ans, cette déclaration de l'Esprit saint se trouve placée en relation directe avec les événements de la
Création, et avec ce jour du Seigneur qui, comme le dit saint Jean, doit durer mille ans, cf. Psaumes 90:2,4;
avec 2 Pierre 3:5-10; et Apocalypse 20.
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