Page 296 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Les plus anciens livres des nations prennent aussi, comme la Bible, dans des sens plus ou moins étendus
les mots qui désignent les divisions du temps.
Plutarque dit que les Égyptiens, voulant prétendre à une plus haute antiquité que les autres peuples de la
terre, comptaient dans leur chronologie chaque mois pour une année. Les calculs des Indiens et des
Chinois ont des bases tout à fait semblables; (— Voir: Doct. Nares, Man considered theologically and
geologically, p. 192)
Zoroastre, en parlant de la création, dit qu'elle se fit en six époques ou temps inégaux, distribués de la
manière suivante: Le premier temps fut employé à créer le ciel, ce qui prit 45 jours; dans le deuxième
temps, qui dura 60 jours, Dieu créa les eaux; la terre fut créée dans le troisième, qui fut de 75 jours; le
quatrième, de 30 jours, vit éclore les plantes; le cinquième, de 80 jours, tous les animaux; et le sixième, de
75 jours, fut consacré à la création de l'homme. La somme de ces nombres est 365 jours ou une année,
(Hyde. De religione veterum Persarum, Cap. 9). On reconnaît dans cette narration le récit de la Genèse
défiguré, et combiné avec l'idée traditionnelle de la longueur considérable des jours de la création,
tradition qui existait déjà, à ce que l'on prétend, chez les Juifs, et aussi chez les Étrusques (F. de
Rougemont, Fragments, etc.)
Quelques auteurs ont cru en trouver une preuve implicite dans le langage même du texte, et de même
que la forme participiale du verbe qui exprime l'action de la force créatrice, l'esprit de Dieu, se mouvant
sur la surface de l'abîme, indique non un acte subit et momentané, mais une force s'exerçant d'une
manière continue (Doct. Wiseman, Lectures on Science and revealed Religion, vol. I, p. 295), ainsi l'on a
cru reconnaître dans ces six jours non seulement une suite de perfectionnements, mais aussi des
intervalles de révolutions et de bouleversements dont l'idée serait renfermée dans la signification la plus
étendue du mot Éreb, soir. Le premier chapitre de l'Ecclésiaste et le Psaumes 104 (en particulier les versets
29 et 30) avaient fait pressentir la possibilité d'une semblable progression dont diverses traditions fort
anciennes contiennent des traces remarquables.
— La cosmogonie indienne qui se rapproche beaucoup de la Bible, parle «d'un grand nombre de
créations et de destructions de mondes, provenant de la volonté d'un Être suprême qui ne le fait que dans
le but de rendre ses créatures heureuses.» (Institues of Hindu Law. London, 1825, chapitre 1) Nous ne
pouvons nous empêcher de transcrire ici deux passages très remarquables de ce livre, cités par Lyell,
Principles of Geology, vol. 1 chapitre 2, avec l'indication des textes bibliques correspondants: «L'Être dont
la puissance est incompréhensible, m'ayant créé, moi (Menou) et tout cet univers, fut de nouveau absorbé
dans l'Être suprême, faisant succéder au temps de l'énergie l'heure du repos.» Cf. Hébreux 1:3,10; 4:4; Jean
17:5.
— Et plus loin: «Quand cette puissance agit, alors ce monde reçoit son plein développement; quand il
sommeille, tout le système déchoit. Car pendant qu'il se repose, ou cesse d'agir, les esprits revêtus de
formes matérielles, et doués de principes d'action, se détournent peu à peu de leur tâche, et l'intelligence
elle-même devient inerte.» (Cf. Psaumes 104:27-30)
Telle est aussi la tradition des Birmans, et celle des anciens Égyptiens; on la retrouva même dans les
ouvrages de quelques Pères de l'Église, saint Augustin, Orat. II, saint Basile Hexaëmeron, hom. 2.
Les découvertes récentes de la géologie sont venues, bien des siècles après, éclaircir cette hypothèse, et la
confirmer à ce qu'il semble. Cuvier, dans son Discours sur les révolutions de la surface du globe, établit
par des preuves irrécusables, que ces révolutions ont été nombreuses, subites, antérieures à l'apparition
de l'homme sur la terre, et même qu'il y en a eu d'antérieures à l'existence d'êtres vivants quelconques.
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