Page 299 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Les philosophes incrédules du siècle dernier, voulant attaquer l'inspiration du récit sacré, ont tourné
Moïse en ridicule pour avoir parlé de la lumière comme existant avant le soleil: les découvertes modernes
de l'optique dont Moïse n'a pu avoir aucune connaissance, sont venues justifier l'inspiration de l'écrivain
sacré, en prouvant que la lumière est un fluide qui pénètre d'autres corps, et qui existe indépendamment
des corps lumineux. Ceux-ci ne la rayonnent ou ne l'émettent pas par une sorte d'émanation, comme on
l'a cru longtemps: ils ne font que la mettre en mouvement par ondulations, en telle sorte qu'elle frappe les
organes de la vue de la même manière que les vibrations de l'air communiquent le son à ceux de l'ouïe.
Par conséquent, il n'y a rien de contraire aux lois physiques de la nature dans l'assertion de Moïse, qui
nous représente la lumière comme créée avant tel ou tel corps lumineux.
L'œuvre du premier jour fut, comme nous l'avons remarqué, une œuvre de séparation. Dieu sépara la
lumière d'avec les ténèbres, et Dieu vit que la lumière était bonne; elle fut donnée non seulement pour
éclairer les hommes d'une manière physique, mais aussi pour leur être un type de la sagesse, de la
connaissance et des perfections invisibles de Dieu. Nous voyons en effet qu'elle fut ainsi considérée par
les Juifs, et que même chez tous les peuples, et surtout en Orient, elle a toujours été l'emblème de la
divinité, de la vertu et de toutes les bénédictions temporelles.
Second jour. Au second jour Dieu fit l'étendue (rakiah), non point une voûte ferme et solide,
firmamentum, comme le traduit saint Jérôme. (Il dit aussi dans sa traduction de Job 37:18: Tu forsitan
cum eo fabricatus es cœlos qui solidissimi quasi aère fusi sunt?); mais l'air, le ciel des oiseaux, des
tempêtes, des puissances de l'air et des malices spirituelles, Psaumes 148:4; Matthieu 6:26; Éphésiens 2:2;
6:12; l'atmosphère dans laquelle et au haut de laquelle devaient planer les nuages; l'élément enfin qui
devait soutenir un nombre immense de créatures que Dieu allait placer sur la terre, et dans lesquelles il
mettrait une respiration de vie. «Quand l'Écriture sainte parle de l'air, dont la pesanteur était méconnue
avant Galilée, elle nous dit qu'à la création Dieu donna à l'air son poids et aux eaux leur juste mesure, Job
28:25. Quand elle parle de notre atmosphère et des eaux supérieures, elle leur donne une importance que
la science des modernes a seule pu constater, puisque d'après leurs calculs la force employée
annuellement par la nature pour la formation des nuages, est égal à un travail que l'espèce humaine tout
entière ne pourrait faire qu'en deux cent mille années. Quand elle sépare les eaux supérieures des
inférieures, c'est par une étendue et non par une sphère solide, comme voulaient le faire ses traducteurs.»
(Gaussen, Théopneustie, 176, 183)
Troisième jour. Au troisième jour la création se développe, pour ainsi dire; dans les deux premiers, il y
avait eu principalement création de séparation ou de distinction: dans celui-ci il y a deux actes créatifs,
l'un de séparation, l'autre de formation. Dans la première partie de cette période, Dieu tire de l'eau la
terre qui subsistait parmi l'eau. Il fait surgir les continents et les îles; il forme la terre habitable et tout ce
qu'elle contient, Néhémie 9:6. Le Dieu qui a formé la terre et qui l'a faite, ne l'a point créée pour être une
chose vaine (le même mot thohou rendu par sans forme dans nos versions, Genèse 1:2), mais il l'a créée
afin qu'elle fût habitée, Ésaïe 45:18.
Le neuvième verset de la Genèse indique l'existence antérieure de cette ancienne mer et de cette ancienne
terre, en disant simplement, non qu'elles furent créées alors, mais que le sec parut, et cette terre qui, avant
de paraître, subsistait déjà parmi l'eau, est la même dont la création avait été racontée au verset 1. La mer
aussi ne fit que changer de place par le rassemblement en un même bassin des eaux déjà existantes.
La terre au troisième jour n'est point encore éclairée par le soleil; elle a sa lumière propre dont nous ne
connaissons pas bien la nature, mais qui établit une distinction essentielle entre la terre photosphérique
des trois premiers jours et la terre planétaire des trois derniers. C'est sous l'action de cette lumière propre
que parurent les végétaux pendant la deuxième partie du troisième jour: alors la terre produisit d'elle-
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