même premièrement l'herbe, ensuite l'épi, puis le grain tout formé dans l'épi, Marc 4:28. Nous ne savons
si ce serait par un souvenir traditionnel de la plus grande activité créatrice déployée au troisième jour,
que les livres zends lui donnent une durée beaucoup plus longue qu'aux deux premiers.
Jusqu'à une époque très récente, la géologie n'avait pas découvert de traces des plantes qui furent créées
au troisième jour; tous les végétaux fossiles connus se trouvaient dans des couches placées au-dessus des
terrains de transition où sont incrustés d'innombrables animaux aquatiques, les premiers êtres vivants
qui habitèrent notre terre. (Le système carbonifère qui comprend les bancs de houille, et dans lequel on
trouve des fougères, des palmiers, des conifères, est placé par-dessus la grauwacke ou système silurien,
qui contient un nombre immense de zoophytes, et de mollusques, des articulés et des poissons.) M. de
Rougemont, surpris de ce manque apparent de coïncidence entre le livre de la révélation et le livre de la
nature, supposa que la nuit cosmogonique qui avait séparé le troisième du quatrième jour, ou le
quatrième du cinquième, pourrait avoir été accompagnée d'une conflagration de notre globe qui aurait
détruit la végétation primitive dans le temps où la terre devenait planète. Cette hypothèse, qui coïncide
assez bien avec celle qui fait des soirs cosmogoniques des époques de bouleversement, semblait
confirmée par les découvertes géologiques sur la nature des roches primitives; les granits et les gneiss qui
forment la couche inférieure de la croûte de notre globe, ne sont pas, comme les schistes et les calcaires, le
résultat d'un sédiment boueux déposé par les eaux, puis durci peu à peu par la pression, la chaleur et
l'évaporation: ils paraissent, au contraire, avoir été formés par le feu dont ils portent les traces, ou en
avoir subi l'action. «Une telle conflagration de la terre photosphérique pendant que le système solaire
était organisé, a naturellement dû faire disparaître toutes les plantes du troisième jour. Mais la Genèse ne
fait pas mention de cette révolution par le feu, parce que le point capital de l'œuvre du quatrième jour
était la formation du système solaire. «Toutefois, ajoute notre auteur, je suis le premier a reconnaître
combien sont hypothétiques tous les rapprochements de détail entre la Bible et la géologie, relatifs aux
époques antérieures à l'homme.» (Fragments, p. 111).
Malgré le profond respect que nous éprouvons pour les lumières et la piété de cet écrivain, nous nous
permettons de différer un peu de ses vues sur ce point; son hypothèse d'une conflagration ne nous paraît
pas nécessaire pour expliquer la disparition de la flore primitive. Nous avons, en effet, remarqué que
dans la création et dans l'histoire de la terre, depuis le commencement jusqu'au moment où Jésus
remettra le royaume à Dieu le Père, 1 Corinthiens 15:24, il y a progrès et développement successif; depuis
la terre entièrement couverte d'eau pendant le chaos, jusqu'à l'entière destruction de la mer, Apocalypse
21:1, le globe passe par un état intermédiaire, sa surface étant composée en partie d'eau, en partie de
terres sèches. Si donc nous admettons une marche progressive, interrompue par une succession de
bouleversements (les soirs cosmogoniques), il n'y a rien de contraire à l'analogie des lois de la création, à
supposer que les premiers continents auront été beaucoup moins étendus que ceux qui existent
actuellement: par conséquent la flore primitive qui a végété sur ces premiers continents, n'aurait occupé
qu'un espace proportionnellement très petit de la surface du globe, et pourrait se retrouver dans des
terrains actuellement submergés. Mais il y a plus: les géologues n'ont examiné jusqu'à ce jour qu'une bien
faible portion de la superficie de la croûte solide du globe, et de ce qu'on n'a pas trouvé jusqu'à présent en
Europe (la seule partie du monde où l'on ait pu faire sur les fossiles des recherches un peu générales) des
restes des premiers végétaux, il ne s'ensuit pas qu'on ne puisse le découvrir un jour ailleurs. Il paraît
même qu'on commence à en retrouver les traces, et que les immenses végétaux fossiles récemment
découverts dans le Canada et la baie de Baffin, doivent avoir crû sous des conditions de chaleur,
d'humidité et de lumière, qui n'étaient point celles où vivent actuellement nos plantes. L'état de la terre,
sortant à peine de l'eau et environnée de sa lumière propre, tel qu'il est décrit Genèse 1:9-12, explique la
croissance de ces plantes d'une manière bien plus satisfaisante que toutes les autres hypothèses.
Il n'est pas nécessaire non plus de recourir à une conflagration pour expliquer la formation des roches
primitives. Presque tous les chimistes, les physiciens, les géologues et les géographes modernes,
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