Page 303 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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l'œil, mais qui se révèlent dans leur anatomie, et jusque dans la forme microscopique dos globules de leur
sang. Il y a peu d'années encore que les plus anciens oiseaux ne remontaient qu'aux terrains tertiaires, et
les géologues faisaient observer combien il était rationnel que les oiseaux à sang chaud apparussent en
même temps que les mammifères à sang chaud. La géologie contredisait alors la Bible, qui place les
oiseaux, non au sixième jour avec les quadrupèdes, mais au cinquième avec les poissons.
La contradiction était palpable, insoluble; mais depuis lors, on a retrouvé des races d'oiseaux, des
empreintes de pattes d'échassiers, dans le grès bigarré, près de ces terrains de transition où la vie
commence par des êtres aquatiques. Ainsi les oiseaux à sang chaud ont été créés à une époque ou les
géologues a priori ne les auraient jamais fait remonter; à une époque où il n'y avait pas trace de
mammifères terrestres, et où les animaux aquatiques prédominaient encore en plein. Or, comment Moïse
a-t-il encore ici deviné si juste? — (Rougemont, Fragments, p. 114).
Sixième jour. Ce jour contient aussi deux parties comme le troisième et le cinquième; les quadrupèdes et
les animaux terrestres apparurent sur les continents et les îles qui étaient sortis de dessous l'eau au
troisième; «et de même que la seconde création du troisième jour (les végétaux) avait été la plus parfaite
de la terre photosphérique, ainsi la seconde création du sixième jour (l'homme) fut la plus parfaite de la
terre planétaire.»
Il est probable que Dieu ne créa alors comme pour le cinquième jour que les types ou genres (nommés
espèces dans la Bible), et que ce que nous appelons maintenant sous-genres, espèces, variétés dans les
animaux, se sont manifestés plus tard par l'action de causes naturelles subséquentes, ou de dispositions
chez des individus qui se sont développées ensuite et propagées dans la postérité de ces mêmes
individus. (On trouvera des exemples remarquables de l'action de ces causes dans l'ouvrage de M.
Laurence, Lectures on Physiology, Zoology and the natural History of Man, en particulier, p. 448 à 451,
sur la propagation d'une race d'hommes porcs-épics. — Voir: aussi Lectures on the connexion between
science and revealed Religion, by Dr Wiseman. Lect. III et IV). Il n'est pas dit si Dieu fit simultanément
plusieurs animaux ou paires d'animaux de chaque espèce, mais comme une seule famille humaine devait
suffire pour peupler toute la terre, ainsi une seule paire de chaque espèce d'animaux peut bien avoir aussi
suffi pour remplir les bois, les campagnes, et tous les espaces habitables, dans les eaux et sous les cieux. Il
n'y a donc rien de difficile à comprendre dans la revue que fit Adam de tous les animaux, lorsqu'il leur
donna leurs noms; et lors même qu'il y aurait eu un grand nombre de paires de chaque espèce, il n'est
point dit que Dieu les fit toutes comparaître devant le premier homme; tel ne paraît pas du moins devoir
être le sens du mot tout animal, Genèse 2:19.
Un caractère remarquable de cette époque, c'est l'absence de férocité; les animaux étaient herbivores, au
moins ceux qui vivaient sur la terre et dans les airs, car il n'est point parlé des aquatiques, 1:30, et cela a
fait supposer que les eaux seules, et peut-être leurs rivages étaient habités en partie par des carnivores.
L'expérience a prouvé qu'il est possible, même de nos jours, de nourrir de végétaux les animaux les plus
carnassiers de leur nature, comme par exemple le lion; par conséquent ce fait peut avoir eu lieu d'une
manière beaucoup plus générale lors de la création. C'est en vain qu'on objecterait le peu de probabilité
que des animaux carnassiers se soient contentés avant la chute de l'homme de manger de l'herbe et des
fruits; c'est en vain qu'on prouverait par la conformation des mâchoires, des dents, des griffes, de tous les
muscles et de toute la charpente osseuse, qu'ils étaient faits pour saisir une proie et pour la déchirer de
leurs dents ou de leurs becs crochus: si tels étaient leurs appétits naturels, il n'était cependant pas plus
difficile au Créateur de les restreindre en Éden, que d'empêcher à Babylone les lions affamés de
Nébucadnetsar de suivre leurs féroces penchants, de mettre en pièces Daniel et de le dévorer. La géologie
d'ailleurs nous montre dans les terrains de l'époque myo-cène, un nombre proportionnellement très
grand des pachydermes et des ruminants; c'est probablement pendant cette époque géologique que fut
créé le premier homme (Rougemont, Fragments, etc.).
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