Page 305 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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créateur, après avoir fait le monde, forma l'homme avec de la terre rouge: un jour il plongea l'homme
dans un profond sommeil et en tira un os (Ivi, ioui) dont il fit la femme (Rougemont, p. 56).
Mais si les païens eux-mêmes ont conservé d'une manière si admirable, à travers cinquante-huit siècles,
l'histoire de ce sommeil mystérieux d'Adam, ce n'est qu'à l'Église chrétienne que le sens moral et
symbolique de cet événement a été révélé.
Dans ce premier Adam encore sans péché, nous voyons le type de ce deuxième Adam qui a été fait
semblable à nous en toutes choses, sans péché (grec), Hébreux 2:17; 4:15. Ce sommeil, ce côté entr'ouvert,
cette épouse qui en est Urée, nous sont des emblèmes de la mort de Christ et de son côté percé, de cette
mort qui donne naissance à son Église, de cette «Église qu'il s'est acquise par son sang» pour en faire son
épouse bien-aimée, Actes 20:28. Ce n'est qu'après la mort de Jésus, que les disciples commencèrent à se
rassembler en son nom sans lui, mais la nouvelle Église fut cachée et n'exista pour ainsi dire qu'en germe
et sans développement, jusqu'à la Pentecôte,
— Voir: encore 1 Corinthiens 11:8-9; Éphésiens 5:23-32. Si, confondus par la force de ces images, nous
avons peine à croire à une telle condescendance de notre Dieu; si, considérant nos faiblesses et nos
misères, il nous semble impossible que l'Église puisse être l'objet d'un tel amour, et que nous soyons
portés à demander, comme Nicodème: Comment cela peut-il se faire? Dieu nous répond par ces
glorieuses promesses: «Christ s'est livré pour son Église, afin qu'il la sanctifiât après l'avoir nettoyée en la
lavant d'eau et par sa parole, pour la faire paraître devant lui une église glorieuse, n'ayant ni tache, ni
ride, ni rien de semblable, mais étant sainte et irrépréhensible», Éphésiens 5:25-27; Colossiens 1:18,22; cf. 1
Corinthiens 1:30.
Après que l'homme eut été formé, la création fut terminée; le temps naturel commença, et les secousses,
ou nuits cosmogoniques, cessèrent; aussi ne voyons-nous pas que la Bible en fasse plus mention; il n'est
plus dit «ainsi fut le soir, ainsi fut le matin, ce fut le septième jour», parce qu'entre le sixième et le
septième il n'y eut qu'une nuit naturelle de douze heures, et c'est probablement pendant cette nuit et le
sommeil d'Adam, sur la dernière heure du sixième jour, qu'Ève fut formée, car il est dit, 2:2: que «Dieu
eut achevé au septième jour toute l'œuvre qu'il avait faite.»
Septième jour. Ce fut au septième jour que Dieu se reposa de toute l'œuvre qu'il avait créée pour être
faite; il semble donc que nous devrions terminer ici le récit de la création, mais comme ce premier sabbat
appartient encore à l'histoire de la première semaine du monde, nous croyons devoir ajouter encore
quelques réflexions, sans lesquelles l'histoire de cette semaine de création serait incomplète.
Nous avons vu que les six jours précédents étaient, non des espaces de temps de vingt-quatre heures,
mais de longues époques; le septième aurait donc dû leur être proportionné. Lorsqu'il commença, Dieu
n'avait point dit: «Tu travailleras six jours; tu mangeras ton pain à la sueur de ton visage, tu retourneras
en la terre d'où tu as été tiré.» L'homme avait été placé dans le jardin d'Éden pour le soigner et le garder:
non pour bêcher péniblement la terre et lui faire produire à force de sueurs les céréales et les autres
graines dont il fut condamné à faire sa nourriture après la chute, 3:18-19; cf. 1:29-30, mais pour se nourrir
sans peine des fruits de «tout arbre désirable à la vue et bon à manger» que l'Éternel avait fait germer
dans le jardin. C'était là le repos sans oisiveté des enfants de Dieu sur cette terre, et il est probable qu'il
aurait duré un temps plus ou moins long, mille ans peut-être, après lequel ils auraient été recueillis
auprès de Dieu, comme Hénoc, sans passer par la mort, sans que leur corps fut obligé de retourner dans
la poudre.
La durée de la vie humaine avant le déluge était de près de mille ans, et nous avons lieu de croire que
c'est à cause du péché qu'elle fut abrégée. Selon la tradition juive, égyptienne, persane, assyrienne et
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