ne saurait être admis; la circoncision appartient à l'ensemble de ces règles, et les domine; elle signifie le
retranchement du mal, et rappelle aux Juifs la sainteté de leur vocation. Les solennités religieuses sont en
même temps des fêtes nationales, servant à fondre toujours plus en un seul peuple les douze familles.
Une caste de prêtres appartenant à la famille de Lévi sert d'intermédiaire entre le peuple et Dieu. Un seul
sanctuaire est établi au centre du pays, Deutéronome 12:5, pour proclamer l'unité divine et protester
contre le polythéisme païen; c'est là seulement qu'on pouvait adorer et sacrifier: les besoins religieux ne
pouvaient pas être facilement satisfaits; c'était une lacune, semble-t-il, et d'autant plus grande que le culte
intérieur était dépassé par le culte extérieur, et comme assujetti à des formes matérielles: mais cette unité,
cette centralisation, outre son importance pour le dogme, avait encore l'avantage d'exciter les besoins
religieux, et de rendre les impressions de l'âme plus profondes et plus durables, lorsque trois fois par
année les Israélites se rendaient régulièrement à la ville sainte pour y jouir de la présence invisible de leur
Dieu. D'ailleurs la spiritualité de ce culte, celle surtout de ce Dieu qui ne devait résider nulle part
corporellement, dont il était défendu de faire des représentations matérielles, peintes ou taillées, que
d'ailleurs il était impossible de faire, son invisibilité qui semblait consacrer sa toute-présence, étaient de
réelles compensations pour les âmes fidèles qui auraient pu regretter l'institution d'un seul autel, d'un
seul tabernacle, d'un seul temple. Ceux qui cherchaient Dieu sincèrement savaient qu'ils pouvaient le
trouver partout, et rien à cet égard ne pouvait plus leur manquer. Pour les autres, le centre religieux était
un appel, une prédication.
Les frais du culte, le grand nombre des victimes, et l'entretien d'une nombreuse catégorie de prêtres et de
lévites, n'étaient point aussi onéreux qu'on pourrait le croire au premier abord: il faut réfléchir en effet, et
se transporter dans ce pays agricole, à cette époque, chez ce peuple. Sauf une très légère contribution en
argent, Exode 30:13, tout l'ensemble des offrandes se composait des produits de la terre ou des troupeaux,
et l'on sait que ce genre d'impôt est celui qui se perçoit le plus facilement chez tous les peuples. On
pourrait presque dire des Lévites qu'ils ne recevaient point de traitement fixe, mais qu'ils étaient nourris
par les personnes qu'ils visitaient, et à la table desquelles ils s'asseyaient comme des amis de la maison: ce
n'était évidemment pas une charge publique, chacun s'estimait heureux et honoré de recevoir ces
messagers bénis, personne n'eût voulu spéculer sous ce rapport, ni refuser d'échanger une faible partie de
ses aliments journaliers contre les bienfaits religieux que ces hommes apportaient. On ne voit nulle part
de plaintes à cet égard. Quant aux offrandes du temple, on peut dire à peu près la même chose: quelques
victimes succombaient chaque jour, mais réparties sur un peuple riche en troupeaux, elles n'étaient guère
remarquées, guère senties: et si parfois, bien rarement, nous voyons ce nombre devenir considérable, p.
ex. 2 Chroniques 35:7-9, c'étaient des exceptions motivées, et qui par là même permettaient d'exiger du
peuple des sacrifices plus grands qu'à l'ordinaire.
On est indécis sur la question de savoir s'il y avait dans le culte juif une partie correspondante à ce que
nous appelons la prédication; aucun texte bien précis ne le dit positivement; d'un autre côté les visites
journalières de lévites, et les réunions des Israélites pour les solennités, semblent indiquer assez qu'il y
avait des exhortations et des instructions, soit particulières, soit générales: et les derniers chapitres du
Deutéronome ne sont pas autre chose qu'une puissante et magnifique prédication.
Mais une lacune que l'on remarque avec étonnement dans toute l'institution du culte mosaïque, c'est
l'absence de préceptes relatifs à la prière (— Voir: cet article). Nulle part elle n'est prescrite, lorsque tant
d'autres formes sont si minutieuse-détaillées; il n'en est pas dit un mot, pas une allusion n'y ramène. C'est
que précisément la prière n'est pas une forme; et sans doute que dans cette économie toute préparatoire,
matérielle, et l'on peut dire presque mécanique, Dieu ne voulait pas risquer de confondre dans l'esprit des
Israélites ce qu'il y a de plus intérieur et de plus sacré avec ce qui n'est qu'observances légales. Le
réformateur Mahomet a pu faire cela; au milieu de toutes les cérémonies et prescriptions de son culte, il a
pu dire aussi: vous prierez trois fois le jour en vous tournant du côté de la Mecque; ce n'était pour lui
qu'un anneau dans la chaîne qu'il imposait à ses sectateurs. Jéhova ne l'a pas fait; les prières eussent été
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