Page 315 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

Version HTML de base

un piège pour ceux qui n'en auraient pas compris la nature; pour les autres il était superflu de les
ordonner; de l'abondance du cœur la bouche parle, et nous voyons par un grand nombre d'exemples que
les fidèles savaient à qui s'adresser, et comment ils devaient le faire dans le besoin, dans la détresse, dans
la reconnaissance.
Du reste, il faut le dire, le culte tel qu'il fut institué par Moise, ne fut presque jamais observé dans son
intégrité: l'histoire juive nous montre dans chaque période de nombreuses déviations, plus ou moins
grandes, mais provenant toutes de l'immoralité, de la sensualité, qui semble avoir distingué
particulièrement le peuple juif, et qui trouvait encore à s'alimenter dans le voisinage de certaines
peuplades environnantes, ou par le contact avec le reste de ces nations que les Hébreux avaient
épargnées, malgré l'ordre positif de leur Dieu. Cette immoralité même était peut-être, chez plusieurs,
entretenue par le culte mosaïque, où le cérémonial semblait l'emporter sur le fond de la religion, et les
observances remplacer la moralité, expier les désordres de la vie. Les prophètes combattirent toujours ce
penchant à la fois incrédule et pervers. Après l'exil, différentes sectes se formèrent. Pendant que la grande
masse du peuple s'attachait de plus en plus à la lettre, inventant chaque jour de nouvelles minuties, et
qu'une certaine classe d'hommes, soi-disant éclairés ou esprits forts, cherchaient à allier la philosophie à
la religion, en retranchant de la religion tout ce qui ne pouvait être compris de leur pauvre intelligence,
un petit nombre d'hommes vraiment pieux cherchaient à maintenir l'esprit du véritable culte divin,
s'adonnant à la pratique des bonnes œuvres, de la pureté et de l'humilité; on les nommait Esséens.
Quelques siècles après que ces sectes eurent pris naissance dans le sein du peuple qui devait être un dans
son culte, on vit naître dans un petit village de Juda, celui qui devait ramener l'unité sur la terre, mais une
unité de cœur et d'esprit, reposant non plus sur le même culte ou sur les mêmes cérémonies, mais sur la
même, foi, sur des espérances communes.
C'est aussi pour le culte une ère entièrement nouvelle, parce que le culte est le reflet de la doctrine et des
dispositions intérieures; mais on ne peut plus le décrire comme on a décrit le culte ancien; c'est quelque
chose de moins tranché dans les formes, de plus vague, de plus libre. Le jeûne est maintenu comme bon,
la confession mutuelle des péchés est introduite, le dévouement au règne de Dieu, les visites des malades,
des pauvres, des prisonniers, sont recommandées; le chant, la conférence des Écritures, la prière sont
appelés à jouer un rôle plus capital et plus régulier dans le service divin; mais l'observation des jours et
des nouvelles lunes, les pratiques extérieures sont abolies: à la circoncision le baptême est substitué, mais
avec une idée plus large et plus spirituelle; à la Pâque succède un repas fraternel également
commémoratif, mais rappelant un salut plus cher, plus grand, éternel. Il n'y a plus de castes sacerdotales;
tout fidèle est prêtre, chacun appartient à la sacrificature royale: plus de centralisation dans le lieu du
culte; les pères ont adoré à Jérusalem, le moment est venu où les vrais adorateurs adoreront le Père en
esprit et en vérité, partout où ils se rencontreront: il n'y a plus d'Église visible, mais une Église invisible, et
des réunions visibles dans lesquelles le bon et le mauvais grain seront plus ou moins mélangés: à cette
Église aucune forme n'est imposée, aux Églises de détail aucune forme non plus. Partout éclate la vie, et la
vie seule a droit de régner désormais sur les hommes: on ne leur imposera plus de lourds fardeaux, et si
des séducteurs sont venus ordonner le célibat et l'abstinence des viandes, l'Esprit les appelle
expressément des révoltés de la foi, adonnés aux doctrines des démons, 1 Timothée 4:1.
________________________________________
CUMIN,
________________________________________
sorte de plante ombellifère, qui a quelque analogie avec le fenouil, mais un peu plus petite; sa graine a
une saveur et une odeur très forte et passablement amère; les anciens s'en servaient en guise d'épices
pour assaisonner leurs mets. On trouve le cumin en Syrie, dans l'Asie mineure et en Égypte. Ésaïe
28:25,27, dit qu'on le sème dans un terrain bien nivelé, et que lorsqu'il est mûr on ne se sert pas de la herse
ou de la roue du chariot pour en recueillir la graine, mais qu'on emploie des moyens plus doux et qu'on
313