— Si donc nous voulions établir cette grande famille sur une carte géographique, nous lui donnerions
toutes les contrées comprises entre l'Abyssinie, l'Arabie, la Perse méridionale, les monts Thibet,
l'Himalaya, et le Yantsé-Kiang pour frontière nord, et l'Océan pour frontière sud, en laissant ici et là
quelques districts plus ou moins grands, qui furent occupés par d'autres branches des descendants de
Noé. (— Voir: les articles spéciaux, et en particulier Éthiopie).
2.
On trouve encore dans l'épigraphe du Psaumes 7; le nom d'un homme appelé Cus, et qui a donné
beaucoup à faire aux interprètes. Qui est ce Cus, benjamite, ce violent persécuteur du roi David, ce fléau
dont il demande d'être délivré? Les uns ont pensé à Simhi, 2 Samuel 19:16, qui est appelé, 16:11, fils de
Jémini, en hébreu benyemini, et dont on a cru qu'il était Benjamite à cause de cela. D'autres ont pensé à
Saül, mais on ne sait pas pourquoi il serait appelé Cus; d'autres enfin, rapportant également ce psaume à
l'époque des persécutions de Saül, entendent par Cus un individu inconnu, peut-être un parent de Saül.
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CUSAÏ,
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2 Samuel 15:32, éphraïmite, de la ville d'Arki, dont l'histoire offre un épisode politique bien rafraîchissant
au milieu des guerres civiles qui ensanglantèrent une partie du règne de David. Fidèle sujet de son roi,
Cusaï vint pendant les troubles de la conjuration d'Absalon, se prosterner devant David, en lui exprimant
la vive douleur que lui causait la révolte de son fils, la désertion de ses braves, l'abandon du lâche et
ambitieux, mais habile Achithophel: en même temps, il fait à son roi ses offres de service, et se déclare
prêt à le suivre partout. Mais David qui redoute plus encore les perfides conseils d'Achithophel que ses
troupes désertées, renvoie Cusaï à Jérusalem, lui enjoint d'affecter un grand attachement à la cause
d'Absalon, d'offrir à ce rebelle ses services, de chercher à gagner sa confiance pour obtenir une part dans
ses conseils, et d'user ensuite de son influence, soit pour déjouer les plans d'Achithophel, soit pour faire
connaître à David, par le moyen des sacrificateurs Tsadok et Abiathar, les résolutions auxquelles on se
serait arrêté.
— Cusaï qui ne craint pas de se mesurer avec le vieux conseiller, obéit; il se rend à Jérusalem et crie vive
Absalon! Le jeune rebelle qui connaît l'affection de Cusaï pour son père, s'étonne d'abord; mais les succès
qu'il a déjà obtenus l'aveuglent, et le disposent à croire à de nouveaux succès, à de nouvelles conquêtes;
chaque jour, il voit grossir les rangs de son armée, et Cusaï n'a pas de peine à le persuader que lui aussi se
range à la bonne cause, acceptant pour maître celui que Dieu a désigné, que le peuple a choisi, et qui
d'ailleurs appartient à la famille royale, à la dynastie reconnue. Un premier conseil d'Achithophel
relativement aux femmes de David, passe sans contestation, soit que Cusaï n'ait pas été consulté, soit qu'il
ait cru devoir, dans l'intérêt même de son roi, se joindre à une mesure dont le résultat était de rendre
toute réconciliation impossible. Achithophel propose ensuite à Absalon, de fondre immédiatement avec
12,000 hommes sur la petite troupe de David, encore faible en nombre, fatiguée, et sans doute facile à
intimider. Mais un autre conseil intervient: c'est Cusaï qui parle: «Le conseil qu'Achithophel t'a donné
maintenant, dit-il, n'est pas bon. Tu connais ton père et ses gens, que ce sont des gens forts, et qui ont le
cœur outré, comme une ourse des champs à qui l'on a pris ses petits: et ton père est un homme de guerre,
qui ne passera point la nuit avec le peuple. Voici il est maintenant caché dans quelque fosse ou dans
quelque autre lieu; s'il arrive qu'au commencement on soit battu par eux, quiconque en entendra parler,
l'ayant su, dira: Le peuple qui suit Absalon a été défait. Alors le plus vaillant, celui-là même qui avait le
cœur comme un lion, se fondra;... mais je suis d'avis qu'en diligence on assemble vers toi tout Israël
depuis Dan jusqu'à Béer-Sébah, lequel sera en grand nombre comme le sable qui est sur le bord de la mer,
et que toi même en personne marches en bataille. Alors nous viendrons à lui en quelque lieu que nous le
trouvions, et nous nous jetterons sur lui, comme la rosée tombe sur la terre, et il ne lui restera aucun de
tous les hommes qui sont avec lui. Que s'il se retire en quelque ville, tout Israël portera des cordes vers
cette ville-là, et nous la traînerons jusque dans le torrent, en sorte qu'il ne s'en trouvera plus même une
petite pierre.»
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