Page 320 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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tous ces penchants, et c'était à Vénus qu'ils rendaient leurs hommages. Les voyageurs modernes parlent
encore avec enthousiasme de ce petit paradis terrestre, et c'est là, si nous ne nous trompons, que M.
Lamartine aurait voulu finir ses jours, si la patrie ne l'avait pas réclamé.
Jusqu'au règne d'Alexandre, l'île fut divisée en neuf petites principautés, d'abord sous la domination
perse, puis sous celle des Macédoniens. Sous les Maccabées elle devint l'apanage de Ptolémée; Caton
l'Ancien la soumit à Rome; Auguste en fit d'abord une province de son vaste empire, gouvernée par un
préteur, puis il finit par l'émanciper, et nous la voyons, Actes 13:7, gouvernée par un proconsul cyprien.
Paul, Marc et Barnabas y arrivèrent de Séleucie, prêchèrent à Salamis, dans les synagogues, et se
répandirent de là dans toute l'île pour annoncer l'Évangile aux païens. Ils trouvèrent à Paphos, résidence
du proconsul Serge Paul, un enchanteur ou faux prophète juif nommé Bar-Jésus, qui voulut s'opposer à la
doctrine chrétienne, et tâchait de détourner Serge de la foi; mais saint Paul frappa ce malheureux d'un
aveuglement momentané, ce que le proconsul ayant vu, il crut et fut rempli d'admiration pour la doctrine
du Seigneur.
Plus tard, Barnahas retourna en Cypre avec Marc, Actes 15:39; la tradition porte même qu'après avoir été
évêque de cette île, il y trouva le martyre, qu'il fut lapidé par les Juifs de Salamis, et que son corps fut
retrouvé sous le règne de l'empereur Zénon, ayant sur la poitrine un Évangile de saint Matthieu, qu'il
avait copié lui-même de sa propre main.
Conquise par les Arabes, reprise par Richard-Cœur-de-Lion, Cypre fut, pendant plusieurs siècles,
gouvernée par des rois de la famille des Lusignan, jusqu'en 1489; elle fut ensuite vendue aux Vénitiens, et
appartient aux Turcs depuis 1571; ils l'ont réduite à l'état le plus déplorable.
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CYPRE,
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— Voir: Troëne.
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CYPRÈS,
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arbre toujours vert, massif, élancé, aux feuilles foncées, étroites, pointues, et dont le bois, sans être lourd,
n'est jamais pourri ni vermoulu, résiste aux vers et à l'action de l'eau. On distingue le cyprès mâle aux
branches horizontales, et le cyprès femelle dont les branches s'élèvent obliques ou droites; c'est de ce
dernier que l'on se sert le plus ordinairement pour les travaux de charpente et de menuiserie. Il ne vient
que difficilement, dit Pline; son fruit est inutile, ses feuilles sont amères, son odeur est trop forte, son
ombre même est dangereuse; superbe et triste à la fois, il était regardé par les Romains comme un arbre
de deuil, qu'on ne pouvait employer qu'aux funérailles, ou dans d'autres solennités lugubres. C'est du
cyprès qu'il s'agit, selon quelques-uns, dans les passages, Genèse 6:14; Exode 2:3, où il est parlé de la
construction de l'arche, et du berceau de Moïse. Le nom hébreu est Gopher, et l'analogie de ce nom avec
le nom latin cupressus, appuierait cette traduction; le cyprès était d'ailleurs tout à fait bien choisi pour la
construction de ces objets, destinés à subsister dans l'eau pendant un temps plus ou moins long; il vaut
cependant mieux, dans ces deux passages, s'en tenir à l'idée générale d'arbre résineux, car gopher
s'applique à d'autres objets qui ne sont pas le cyprès; il signifie poix; gopherith signifie soufre, et le mot
allemand Kiefer signifie un pin sauvage.
— La Vulgate traduit encore par cyprès le mot Beroth, Cantique 1:16, que Luther et Martin ont rendu mal
à propos par sapin (Tanne). Il est bien probable, en effet, que ce mot Beroth ou sa forme plus ordinaire
Berosch, Ésaïe 37:24; 55:13; 60:13, désigne le cyprès; le cyprès seul pouvait être mis en parallèle avec le
cèdre, Ésaïe 14:8; Zacharie 11:2; le sapin ne le pouvait guère; cf. surtout l'emploi qui est fait de ce bois, soit
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