foi et dans sa piété, sous la puissante main du Dieu qui le châtiait dans son amour. Le succès presque
complet de la tentative d'Absalon semblerait indiquer que, depuis son crime, David, soit influence de
l'âge, soit surtout conscience de son humiliation, et souvenir de ses fautes, avait perdu cette force de
volonté, cette présence d'esprit et cette fermeté de décision qui l'avaient porté, de vicissitudes en
vicissitudes, jusque sur le trône de Juda et d'Israël. Toutefois la fidélité et le dévouement de ceux qui
entourèrent et sauvèrent David dans cette circonstance, montrent que, s'il avait perdu sous quelques
rapports, il était cependant toujours le vrai roi de ce peuple un moment égaré, mais qui n'avait pas cessé
d'avoir pour lui confiance et affection: c'est ce que prouvent encore l'insuccès de la révolte de Scéba, fils
de Bicri, qui succéda à celle d'Absalon, et la fin sanglante de ce rebelle.
À peine le fléau de la guerre civile eut-il fini de troubler le pays, qu'une autre calamité, la famine, se fit
sentir en Israël. C'était un châtiment du massacre des Gabaonites, que Saül avait fait mourir, au mépris de
la foi jurée. Ce crime avait été inspiré à Saül par un faux semblant de zèle, et par le besoin de conserver ou
d'augmenter sa popularité. Si le châtiment tomba sur le peuple, c'est que celui qui sonde les cœurs avait
découvert dans l'esprit du peuple le germe et la vraie source de cette iniquité. De même la vengeance qui,
à la demande des Gabaonites, tomba sur la famille de Saül, se justifie aux yeux de quiconque connaît
l'unité d'esprit qui, à ce degré de civilisation, caractérise les grandes familles, ou, pour employer un mot
de nos langues modernes, les clans: chacun de leurs membres adopte comme siennes les intentions du
chef; il s'y associe de cœur, et les exécute de point en point avec l'apparence, au moins, de la plus entière
spontanéité. On peut donc dire que le crime de Saül était celui de sa famille, et que le châtiment qui
frappa ses enfants atteignit certainement des coupables. La famine fut pour les Israélites une leçon haute
et importante. Ils apprirent par là que le Dieu d'Israël, bien que leur protecteur suprême, ne faisait aucune
acception des personnes; Dieu recherchait sur son peuple, même en faveur de profanes Cananéens, les
iniquités commises contre ceux-ci; le châtiment leur rappelait que le seul titre personnel à la faveur divine
se trouve dans la justice et dans l'obéissance.
Les dernières années de David furent consacrées aux immenses préparatifs de la construction du temple,
réservée à Salomon, mais que David eut toujours devant les yeux. Moins agitées que les précédentes, elles
furent cependant troublées par le péché du dénombrement, et par la conspiration d'Adonija. L'orgueil
présida au dénombrement du peuple. Il fallait que ce péché fut bien évident, puisque Joab même, le
sanguinaire et mondain Joab, reprit David à ce sujet. Toutefois le cœur du roi se montre encore dans sa
piété généreuse, dans sa confiance pleine et entière en son Dieu, lorsque, appelé à faire le choix
douloureux d'un châtiment, il préfère tomber dans les mains de celui dont les compassions sont en grand
nombre. La mortalité qui punit l'orgueil de David et décima son peuple, est une preuve de plus que le
droit de Dieu sur les hommes pécheurs est de les faire périr quand et comme il le veut, et en même temps,
que le dernier mot de sa justice distributive est réservé pour une autre dispensation. À cet événement se
rattache le choix de l'emplacement du temple; ce choix, marqué par un sacrifice en dehors du rite
lévitique, et par une expiation efficace, puisque c'est là que l'ange apparut et que la plaie s'arrêta, avait
ainsi une valeur typique, et recevait d'en haut une consécration indispensable sous l'économie mosaïque.
Comme un flambeau consumé jette un dernier éclat avant de s'éteindre, nous retrouvons la fermeté, la
décision, l'humilité, la piété, tous les beaux traits du caractère de David, dans sa conduite au sujet de la
tentative d'Adonija. Et comme le soleil couchant, avant de disparaître, se dégage des nuages pour
embraser la terre et les cieux de l'éclat de ses derniers rayons, ainsi les derniers actes publics de David,
relatifs à la construction du temple, ont une grandeur et une beauté de foi toute particulière, et
couronnent dignement la vie de ce grand serviteur de Dieu. Il mourut âgé de 71 ans, en laissant, suivant
une dispensation divine, le trône à un fils de Bath-Séba.
Le testament de David, les ordres qu'il donna à Salomon, concernant Joab et Simhi, se justifient
clairement aux yeux de quiconque les examine avec foi et avec impartialité. David, par diverses causes,
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