Page 342 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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changement d'axe n'a eu lieu que par rapport au soleil, et non par rapport aux pôles actuels du globe,
l'improbabilité diminue de beaucoup. En faveur d'un véritable changement d'axe, l'on a cité des faits dans
le genre de la découverte du mammouth de Pallas, et l'on a dit que de tels animaux, originaires des pays
chauds et trouvés près du pôle, indiquaient que ces contrées avaient joui autrefois d'une température bien
plus élevée que celle qui y règne de nos jours, et comme l'habitation actuelle des rhinocéros et des
mastodontes, ou plutôt de leurs représentants modernes, les éléphants, se trouve près des tropiques, l'on
en avait conclu que la zone torride avait autrefois passé par les pôles. En admettant la justesse de ces
observations, nous devons cependant nous opposer à la conclusion que l'on en tire; nous ferons
remarquer:
1.
que toutes les découvertes géologiques confirment pleinement le système qui attribue à la terre
antédiluvienne une température générale beaucoup plus élevée et beaucoup, plus égale que celle dont
elle jouit maintenant, circonstance qui explique suffisamment la présence des cadavres de mammouths
au nord de la Sibérie; et
2.
que la forme sphéroïdale de la terre et son aplatissement aux deux pôles, montre assez que son
axe de rotation n'a pas changé depuis que la figure de notre globe a été déterminée par la main toute
puissante qui lui a fixé sa route dans l'espace. Mais cet aplatissement ne prouve point que l'axe, restant
d'ailleurs le même, son inclinaison par rapport au plan de l'orbite, n'ait pu varier. On pourrait alors
admettre avec Burnet qu'avant le déluge, l'axe était perpendiculaire à l'écliptique, en sorte que cette ligne
n'en formait qu'une avec l'équateur, ce qui établissait dans chaque zone une grande égalité de
température. On comprend que le changement subit de la position de notre globe, malgré la continuation
de la révolution diurne et de la révolution annuelle, ait pu rompre l'équilibre des eaux et causer un
déluge (c'est peut-être alors que commença le mouvement de nutation de l'axe de la terre, qui serait ainsi
comme un reste ou une trace de l'ébranlement que subit alors notre globe; ce mouvement s'accomplit en
dix-neuf ans environ); mais cette secousse, cette position nouvelle ne pouvait provenir que de celui qui
avait anciennement créé la terre et les cieux. On ne doit point voir dans la théorie de Burnet l'intention
d'expliquer par des causes secondes et naturelles, ce qu'il y eut de miraculeux dans le cataclysme par
lequel l'Éternel jugea à propos de détruire l'ancien monde, mais seulement le désir de rechercher par
quels moyens il plut à Dieu d'amener le châtiment de ses créatures coupables.
Nous venons de remarquer que la position de l'axe perpendiculaire à l'écliptique, établissait pour chaque
zone un climat à peu près invariable (nous disons à peu près, car, même dans cette supposition, la forme
elliptique de l'orbite et la circonstance que le soleil en occupe, non le centre mais un des foyers, pourrait
avoir occasionné quelque légère différence de température aux diverses époques de l'année); il s'en suit
naturellement que le changement survenu dans la position de cet axe doit avoir introduit un changement
correspondant dans les climats, et avoir fait que les zones tempérées, par exemple, connussent des
élévations et des diminutions alternatives de températures qu'elles ne connaissaient pas auparavant. Or,
que nous dit à cet égard la Bible?
— Nous remarquerons que le mot moh'adim, Genèse 1:14, que nos traductions rendent dans ce verset par
saisons, ne se trouve nulle part employé pour signifier les variations de la température; il est toujours
traduit par lieu, signe, temps, ou temps marqué pour des solennités (tempus constitutum); dans d'autres
endroits il signifie année, comme Daniel 12:7, etc.
— Il ne signifie saisons que d'une manière métaphorique, comme lorsque nous disons qu'une chose ou
expression «n'est plus de saison»; ainsi, Exode 13:10. Les saisons proprement dites sont indiquées pour la
première fois, mais sans être nommées, Genèse 8:22, lorsque Dieu promet à Noé qu'il n'enverra plus de
déluge sur la terre pour la faire périr: «Tant que la terre durera, dit-il, les semailles et les moissons, le
froid et le chaud, l'été et l'hiver, le jour et la nuit, ne cesseront point.» Le jour et la nuit existaient depuis le
quatrième jour de la création, mais les six autres termes de cette promesse, expressions correspondantes
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